Intervention au Bureau National du 8 Mars 2005

par · 8 mars 2005

Ce qui est la marque de la situation politique, ce n’est ni la contestation des socialistes ni la contestation entre socialistes. Il s’agit de l’offensive sociale et totale contre le pouvoir de la droite. La séquence politique ce sont les manifestations du monde enseignant, des chercheurs, et jeudi de l’ensemble du mouvement social.

L’incident de Guéret n’est pas l’image de la situation, il en est sa contre marque. (…)

L’incident de Guéret est inacceptable mais pas théorisable. La violence, comme vient de la dire Julien Dray, n’est pas neutre. Elle a un signifié politique mais aussi un signifiant. Lorsqu’elle émaille les manifestations c’est qu’il y a un profond mécontentement, une immense frustration. Lorsqu’elle est le propos de l’extrême gauche, elle sert une logique politique. Elle doit être fermement condamnée mais elle n’est pas le signe de la situation entre le Ps et le pays.

Les socialistes ont gagné les élections, et il est faux de dire que les réformistes sont minoritaires dans le mouvement lui même. Il y a certes une temporalité, une radicalité, qui est propre au mouvement social. Mais même dans ce moment, les réformistes sont loin d’être minoritaires.

Ce sont les socialistes qui ont organisé ce combat à Guéret, pas l’extrême gauche et ce sont les syndicats réformistes qui ont gagné les élections prud’homales et pas SUD.

Tout le problème est là. Dans ce moment d’offensive contre la droite, il s’agit pour l’extrême gauche d’expulser les socialistes du mouvement social et de le disqualifier du mouvement électoral. Avec comme but garder une bonne droite plutôt que porter une gauche prétendument molle. Pour la gauche, pour le pays, il n’y a aucune raison, aucune justification de laisser le terrain à cet état d’esprit minoritaire.

Les tenants du oui et du non sont contre le pouvoir et les socialistes sont visés ensemble par la tentative gauchiste de l’expulsion de son combat. Ces derniers, médiatisés dans leur hostilité, sont utilisés par la droite pour tenter de desserrer l’étau du mouvement social.

Ce que ne peut supporter une partie de l’extrême gauche, c’est que le Ps soit le point d’appui et le débouché électoral et social dans la confrontation avec la droite. Voilà l’enjeu ! (…)

Nous ne devons pas faire l’hypothèque du rassemblement et nous jeter les uns contre les autres. Je souscris totalement à l’intervention de François Hollande rejetant la violence et indiquant que c’est tout le Ps qui est mis en cause. Mais je me félicite aussi de la déclaration ce soir de Laurent Fabius et d’autres. Voilà ce soir le Ps est rassemblé autour de son Premier secrétaire qui a été agressé, dans un moment où nous luttons tous contre la droite. C’est cela qui doit sortir du Bureau National. Le reste est condamnable (…)

Le rassemblement est nécessaire pour préparer l’après référendum, ne disons, ne faisons rien qui rende celui-ci impossible ou artificiel. (…)

Le débouché aux mouvements sociaux est un enjeu politique. Soit le Parti socialiste combattant la droite, travaillant à son projet, sera l’espoir du mouvement social. Soit celui-ci sombrera dans une forme de désespoir et demain quelque soient les ambitions, personne ne gagnera. Car le chemin réformiste de l’alternative sera abandonné au profit de la protestation parcellaire.

Au passage, si je plaide pour le oui, ce n’est pas exclusivement pour des questions européennes, c’est parce que le non complique l’alternative en affaiblissant le Ps et en donnant la main politique à Chirac. Mais revenons au sujet. La période est marquée par l’offensive contre la droite. Tout ce qui obscurcit cela doit être balayé, violences ou polémiques.

Rendons lisible notre alternative, travaillons à notre projet, bref, soyons utiles au Parti socialiste, à la gauche.

catégorie Discours, Expressions