Les socialistes se remettent au travail

par · 31 août 2007

Voici l’intégralité du discours de Jean-Christophe Cambadélis, président de l’université d’été, prononcé lors de l’ouverture de l’évènement, vendredi 31 août 2007

Bonjour à toutes et à tous ! Et bienvenue à l’Université de La Rochelle après ces quelques semaines de repos !

Franchement nous en avions besoin. Depuis près de cinq ans nous n’avons pas arrêté. Congrès de Dijon, débat interne sur le traité constitutionnel, débat dans le pays, campagne interne pour la présidentielle… la présidentielle, le tout avec les européennes, les régionales et les législatives. Nous avons eu de grandes satisfactions mais aussi quelques déceptions majeures. Alors pendant les vacances nous avons réfléchi, d’ailleurs c’est fou ce que l’on réfléchi au PS quand on perd les élections.

Nous avons pris de la distance vis-à-vis de l’évènement, et nous revenons avec beaucoup d’envies. Et c’est toujours pour moi une joie de vous retrouver, de préparer cette université, de pouvoir échanger et dialoguer avec des Socialistes reposés, disponibles et ouverts.

C’est donc dans un état d’esprit d’ouverture et de renouveau que nous allons donc aborder l’université d’été du Parti socialiste. Nous allons nous opposer à la droite, travailler à une réorientation socialiste, évoquer la nécessité de bâtir une nouvelle maison commune de la gauche : ce seront entre autres les leitmotiv de notre université.

J’ai bien dit université… et la première rénovation doit être là… apprendre, comprendre pour agir et pas, parler à défaut d’agir. Faisons mentir François Mauriac qui disait « le militant est un animal qui se nourrit de mots ou du moins dont le mot trompe sa faim ».

1/ L’éthique de conviction
Nous avons construit cette université autour de cette simple idée « comprendre pour nous comprendre », « comprendre pour mieux agir ». Nous avons voulu de grands témoins extérieurs pour être sûrs d’être interpellés, pour être certains que le constat ne sera pas confisqué par nos querelles d’hier, des intentions d’avant-hier, des préjugés pour demain.

Je vous demande de leur faire le meilleur accueil… de le faire avec humilité. Ah ! L’humilité !!! Voilà une vertu que nous devons retrouver, je vous assure que face à Monsieur Sarkozy « je sais tout » ou Monsieur « je fais tout » c’est la bonne attitude. Ecoutons les, écoutons nous les uns les autres. L’écoute de ce qui est dit plutôt que surfer sur les préjugés, voilà une autre vertu pour cette université d’été. Jugeons les idées et pas les engagements d’hier. Une idée n’est pas disqualifiée parce qu’elle est portée ou apportée par quelqu’un qui ne soutenait pas le même candidat.

Agissons ainsi et nous ne serons plus le parti des portes qui claquent mais celui des portes qui s’ouvrent…

C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité inviter des universitaires, au regard précis et neuf, des syndicalistes, plongés dans la réalité de nos concitoyens. Parce que le Parti socialiste ne peut avancer s’il est coupé des intellectuels comme des forces vives de notre société. C’est une manière comme une autre de rompre avec un Parti socialiste dont l’esprit partisan est parfois érigé en volonté de clans.

Nous le savons, le Parti radical en est mort dans les années 30. Et la SFIO a pu prendre son envol. Cette dernière s’est aussi sclérosée de la même manière laissant la place à un PC dominant. Alors soyons prudents, renouvelons-nous car même les grands partis peuvent dépérir…

Nous voulons retrouver l’esprit du débat, l’éthique de conviction, l’efficacité dans la justice, le collectif dans le pouvoir, en deux mots l’intérêt général.

François Hollande nous a demandé de ne pas venir à l’université d’été les mains dans les poches, humer l’air des médias mais en réfléchissant par écrit si possible à la rentrée. Voilà pourquoi je définirai brièvement quelques repères pour nos travaux.

2/ La rentrée ce n’est pas Sarkozy à la hausse mais le pouvoir d’achat à la baisse
La rentrée, c’est d’abord et avant tout, un problème inattendu pour Sarkozy, le retournement de la conjoncture économique que son pouvoir n’a pas su anticiper. Inévitablement ce manque, cette absence, cette faute va peser sur la vie quotidienne des Français, le moral des ménages comme sur celui des chefs d’entreprise. Un problème inattendu pour Sarkozy mais des difficultés accrues pour les Français.

Sarkozy n’est pas aussi fort qu’on le dit et la France ne va pas aussi bien qu’ils le disent.

Sarkozy est seul, et même terriblement seul. Le « nouvel empereur global » comme le surnomme avec humour Philippe Sollers, est en plus confronté à une rentrée qu’il n’avait pas prévue.

Non seulement sa révolution fiscale a fait « flop », mais le retournement de la conjoncture internationale dû à la crise américaine réduit sa marge de manœuvre. Ce paquet fiscal est en soi critiquable, avec ses 13 milliards d’euros qui profitent essentiellement aux entreprises et aux contribuables les plus aisés. Entre le bouclier fiscal, la baisse de l’ISF et celle des droits de succession, ce sont 6 milliards d’euros qui s’envolent. 6 milliards d’euros d’un côté et seulement 25 millions accordés à Martin Hirsch pour aider le million de bénéficiaires du RMI et des autres minima sociaux, et je n‘évoque pas devant vous les franchises médicales et le reste. Cette politique n’a non seulement pas produit d’effet, elle est non seulement injuste mais Nicolas Sarkozy n’a pas anticipé et cela va nous coûter cher. Les faits s’imposent à lui : la croissance est faible, les créations d’emplois modestes, l’investissement des entreprises atone et le déficit commercial jamais aussi élevé. Faut-il ajouter un endettement qui galope ?

Après l’échec du big bang fiscal, il ne reste plus pour doper la croissance que le pouvoir d’achat. Et celui-ci est en train de devenir le dossier noir de Fillon.
Nicolas Sarkozy et François Fillon s’imaginaient en « dealers » du CAC 40, alors que la France les veut pompiers de la vie chère.

Rappelez-vous ce que disait Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle : « ma priorité c’est l’augmentation du pouvoir d’achat ». Jamais les prix à la consommation n’ont autant augmenté qu’en cette rentrée 2007. La baguette à 1 euro, le prix du lait qui double, le prix du beurre qui augmente de 40%, le prix du cartable de rentrée scolaire qui progresse fortement.

Quand vous faites vos courses, vous voyez les prix qui s’envolent, ceux des fruits et légumes, des volailles, sans même parler de l’essence qui a progressé en 5 mois de 7%. Et on nous annonce une hausse de la TVA dite sociale qui, inévitablement, va rogner sur le pouvoir d’achat. Au bout, la politique du rentier de Sarkozy, c’est un pouvoir d’achat entamé.

Disons le tout net. Il existe une autre politique. Nous n’aurions pas fait le paquet fiscal. Nous nous serions d’emblée occupés de la productivité. Nous aurions utilisé les moyens ainsi gardés pour un investissement massif dans la recherche, le soutien aux nouveaux secteurs industriels, la santé, les nouvelles technologies, la biologie, le développement durable.

Nous aurions eu aussi les moyens pour une augmentation d’une allocation de rentrée digne de ce nom.
Le gouvernement n’a pas de politique industrielle, il s’est privé d’une politique de soutien à la consommation et il nie la dette. Les Français courent après leur pouvoir d’achat et Sarkozy court après l’endettement.

Les faits sont têtus. Plus le pouvoir diffère son plan d’austérité plus celui-ci sera dur et brutal. Sarkozy ne veut pas réagir avant les municipales, on comprend pourquoi. Et pour nous Socialistes, la rentrée ce n’est pas Sarkozy à la hausse, c’est le pouvoir d’achat à la baisse.

3/ L’opposition est de retour
Vous le voyez la concentration du pouvoir n’est pas une preuve d’efficacité même si ce simple fait doit être critiqué mais c’est aussi un signe de faiblesse.
Le gouvernement Fillon n’est aujourd’hui rien par lui-même. Il vit dans l’attente des décisions de son chef et quand ce dernier a parlé, le gouvernement n’est que son écho.

Quant à la majorité, elle est inerte et encombrée des grognards pestant devant les places occupées par quelques transfuges de la gauche.
Aucun des grands problèmes qui agitaient la France avant la présidentielle n’a été abordé et le pouvoir est déjà pris économiquement à la gorge et sans marge de manoeuvre.

Voilà pourquoi nous commençons cet après midi par un atelier sur la politique et l’idéologie de Nicolas Sarkozy.
Nous voulons défendre les Français, les aider à manifester leurs aspirations face aux difficultés de la rentrée… Il nous revient donc de déconstruire le discours du pouvoir.

Nicolas Sarkozy et François Fillon tentent d’une part de nier la réalité de la situation économique et d’autre part de faire diversion avec une « gouvernance des faits divers ». Le Premier ministre a fait sa rentrée sur deux faits divers, refusant de reconnaître qu’il y avait un problème économique. Et même sur les faits divers, ils sont critiquables. Ils entretiennent la confusion entre les problèmes de justice, jugés populaires, et les solutions de santé publique qui seraient efficaces. Alourdir la répression en empilant les textes, sans les voir appliqués, en laissant en jachère la prévention et la réinsertion, c’est assurer pour l’avenir un nombre encore plus élevé de victimes. L’imposture est absolue. On prétend protéger les victimes tout en refusant les moyens à la justice, on risque l’aggravation du taux de récidive, ce qui permet au pouvoir de surfer sur l’émotion.

Après 100 jours on peut résumer la méthode Sarkozy car l’ego promotion de Sarkozy c’est la communication comme idéologie et l’émotion comme énergie. Le pouvoir ne résout pas les problèmes, il entretient l’émotion.

Le pouvoir n’agit pas, il communique. Et lorsque vous retirez cela, il ne reste qu’une « morale close » que les « meilleurs s’enrichissent ».
Vous l’aurez compris l’opposition est de retour mais de l’opposition à l’alternative crédible, il y a un chemin.

4/ Une réorientation radicale
Voilà pourquoi il faut partir d’un diagnostic partagé.

Cela ne vous a pas échappé, nous avons perdu l’élection présidentielle et nous sommes dans l’opposition pour cinq ans malgré notre progression non négligeable aux élections législatives.

Notre campagne a été dynamique. Le rejet de Sarkozy fort, les meetings pleins. Ségolène Royal a été déterminée et le Ps plus solidaire que l’on le dit. Et pourtant au premier tour avec 35%, jamais la gauche n’aura été aussi faible depuis les années 1960. Malgré notre score de premier tour qui est loin d’être anecdotique. Et pourtant la participation a été forte. Et pourtant il n’y a pas eu de dispersion des voix comme en 2002.

Oui mais voilà le travail que nous allons avoir à effectuer n’est pas dû essentiellement à cette défaite mais parce que c’est la troisième consécutive. Tout simplement parce que le projet actuel de la gauche n’est plus majoritaire. Si nous ne nous attaquons pas à cette question, la gauche s’émiettera en chapelles enfermées dans des citadelles locales.

Par là même, la question à laquelle nous nous attaquons n’est pas celle du seul Ps mais de toute la gauche. Il ne s’agit pas de nous excuser en trouvant des causes extérieures, mais de partir d’une constatation. Aujourd’hui c’est la concomitance des crises de toutes les gauches et des écologistes qui est la nouvelle donne. Et donc il nous faut reconstruire toute la gauche en la recomposant sur un nouvel axe.

L’enjeu est de retrouver dans le monde actuel le vrai sens du mot « gauche ».
C’est-à-dire retrouver l’efficacité dans la justice. Il faut trouver et prouver l’efficacité de notre modèle pour que notre critique du capitalisme ne soit pas celle des mots mais des faits. Il faut que notre utopie devienne concrète en s’appliquant dans la réalité concrète, celle du marché et de la mondialisation.

Nous aurons gagné le jour où la majorité du pays dira la gauche c’est mieux, c’est plus sûr et surtout plus durable.

Vous comprendrez que cela demande de l’humilité, de la détermination et surtout de l’imagination.

Ne nous laissons pas bousculer par la thématique de la droitisation de la France. Nous traiterons de ce problème dans un atelier. A l’évidence, cette caractérisation peut devenir un prétexte à notre propre immobilisme. Les Français ne sont pas plus à droite, ils sont plus exigeants et ne se satisferont pas de certains à peu près, ils veulent l’efficacité !

Le paradoxe est que cette efficacité, par exemple, nous l’avons dans les collectivités locales, mais au fur et à mesure que l’on veut définir le sens, que l’on cherche à poser cette question au pouvoir central, tout semble se dissoudre sous la pression des contraintes contradictoires. Si nous ne changeons pas en profondeur, alors à gauche la question du pouvoir ne sera plus une question collective mais une ambition individuelle avec plus ou moins de talent selon les saisons.

Alors voilà pourquoi il ne s’agit pas de croire que l’on s’en sortira par la « rénovette ». Vous savez « on en parle », « on s’en parle », « on en parlera » et puis on passe à autre chose. Tiens les élections par exemple ! Il nous faut prendre le destin de la gauche à bras le corps.

Le débat n’est pas – il a eu sa pertinence – plus ou moins à gauche, c’est aujourd’hui dépassé, mais celui de l’efficacité dans la justice.

Le débat n’est pas entre rénovateurs et conservateurs, entre tenants d’un âge d’or et les détenteurs d’un avenir doré.

Mais de construire à gauche « un tous ensemble dans le renouveau ».

Cette université ne se tient pas pour le seul Ps mais pour toute la gauche. Il ne s’agit pas pour nous de cibler des personnes parce que leur discours détonnant agace ou d’autres parce que leur prudence avant les municipales irrite, mais de bâtir le chemin collectif de la réforme pour redonner à la France une gauche majoritaire.
La responsabilité du Ps est donc immense. Il faut faire preuve d’audace mais aussi de responsabilité.

Car il ne s’agit pas d’une refondation, nous ne partons pas de rien. Notre parti existe. Nous dirigeons la quasi-totalité des régions, de très nombreuses villes et l’opposition parlementaire repose sur nous. Nous sommes présents dans le mouvement associatif, même plus qu’on le dit, dans de nombreuses luttes sociales. Et malgré cela, le Ps et la gauche sont mal en point. Il ne s’agit pas de les achever mais de les relever. S’agit-il pour autant d’une simple rénovation, c’est-à-dire garder les références tout en renouvelant et rajeunissant les organes de direction. C’est à la fois juste, nécessaire mais pas suffisant.

Et puis les mots sont connotés et peut être même usés. Il s’agit d’autre chose, il s’agit d’une réorientation radicale. Tout simplement parce que le monde a changé et que nous n’avons pas assez changé. La réorientation socialiste pour un socialisme nouveau est une nécessité.

Mais il faut la réorientation dans la stabilité.
Il ne faut pas seulement avoir des agitateurs d’idées. Mais il en faut aussi.
Il ne faut pas non plus avoir des « éteigneurs » d’idées, encore que parfois ils sont utiles…
Il ne s’agit ni de verrouiller, ni de s’agiter mais de réussir. Le trimestre va être déterminant pour cela.
Et pour cela il faut une feuille de route à notre réorientation. Il faut savoir où aller… c’est à dire vers une nouvelle gauche majoritaire dans l’opinion.
Que l’on nous comprenne bien. L’objectif de cette université n’est pas de se préserver de la volonté novatrice, de la confisquer, la capter voir stériliser notre réorientation, ou de ne la croire réalisable que dans nos murs.
Il s’agit de lui donner un débouché qui soit le retour à l’efficacité de son projet fondateur, la justice.

5/ Evoluer : l’émancipation… solidarité et individu complémentaire
Nous voulons, nous devons évoluer. Cela ne fait pas de notre socialisme nouveau un social libéralisme mais un socialisme libéré des habitudes, des facilités qui nous empêchent de retrouver l’efficacité et la majorité…

Cela ne sera pas simple et l’université va travailler au travers d’ateliers sur l’état électoral du Ps, où va la gauche, ou encore sur l’individualisme contemporain.
Permettez là aussi quelques repères simples.

Je ne crois pas que, à l’époque de la mondialisation et lorsque l’on intègre la réalité du marché, notre slogan puisse être la rupture.
Parce que précisément soit celle-ci ne dit pas sur quoi elle débouche, soit comment on y arrive.
Et puis le slogan se dessèche et les électeurs le voient. Certes nous sommes toujours des négateurs de l’ordre spontané du capitalisme, l’injustice inhérente de ce système est la révolte primale de tout socialiste.

Mais aujourd’hui cela doit déboucher sur une autre perspective qui se résume par un mot : l’émancipation. L’émancipation quel beau mot !
L’émancipation vis-à-vis du tout marché, l’émancipation vis-à-vis du tout consommation, l’émancipation par rapport aux inégalités d’origines. La relégation sociale, l’obscurantisme, l’émancipation vis-à-vis de l’individualisme consumériste contemporain.

Dans l’atelier qui travaillera sur cette question, nous ne vous proposons pas de trancher la controverse entre Lipoweski valorisant le consommateur narcissique et Galbraith ou Baudrillard stigmatisant la fausse égalité dans les promesses de la consommation. Mais simplement de réfléchir à c e que pour les Français, il semble qu’il n’y ait pas de contradiction entre les droits créances qui demandent moyens et règles collectives et les droits liberté qui permettent l’autonomie.

Cela veut dire que solidarité forcément collective et autonomie évidemment individuelle ne sont pas ou plus opposées mais complémentaires. Encore une fois il s’agit d’une université et pas d’un congrès. Faisons bouillonner les idées mais donnons nous quelques repères.

6/ La maison commune de l’alternative et le compromis pratique
Rassurez vous, à côté de la dénonciation de la droite, de la réflexion sur notre réorientation ou l’analyse sur l’état de la France, il y aura aussi les élections.
Car en France c’est bien connu tout se termine par des élections.

Nous travaillerons sur le vote écologiste, le Front National, ou la radicalité politique. Nous aborderons même dans un atelier la question du centre ou du MoDem. Vous avouerez que nous avons décidé de ne rien éviter. Il n’y aura dans cette université aucun sujet tabou. Mais là encore il faut tout à la fois se réorienter et éviter de s’abîmer. Car enfin, il s’agit bien d’être majoritaire ! On ne peut tourner le dos aux uns qui nous tendent la main et tendre la main aux autres qui nous tournent le dos. Il ne s’agit pas d’éliminer mais de rassembler à partir de notre nouvelle donne.

La gauche, les gauches, c’est notre famille, notre histoire, notre réalité. Nous regarderons celle-ci les yeux ouverts. Nous mesurons ses faiblesses actuelles, ses impasses idéologiques, ses limites électorales, ses blessures et fatigues militantes. Mais si nous voulons mobiliser la société sur notre modèle et nos solutions, il faut nous dépasser et peut être bâtir la maison commune de l’alternative qui ne saurait se réduire à un comité de liaison au sommet. Nous devons renouer les contacts, retisser les réseaux, réinvestir les espoirs, revitaliser l’engagement militant, bref cette maison commune doit être un foisonnement de l’enthousiasme civique.
Pour le reste notre méthode est toujours la même, non au compromis historique avec ceux qui refusent une alternative gouvernementale à la droite, oui au « compromis pratique » contre Sarkozy. Ce que nous avons fait dans les luttes contre la droite avec Besancenot, nous pouvons le faire avec le MoDem dans les élections. En plus j’imagine mal que nous allions à l’élection municipale avec comme mot d’ordre « la fermeture » alors que la droite claironnera « ouverture ».
Mais par contre il y a quelque chose, je crois, que nous ne pourrions accepter, c’est l’accord à la carte en fonction des intérêts locaux. Cet opportunisme mou dans lequel s’est abimée la SFIO.

Il faudrait donc prendre les problèmes par le bon bout, bâtir la maison commune et envisager les dépendances de deuxième tour.
Mais auparavant il sera nécessaire que nationalement, publiquement et collectivement nous ayons vérifié où se situaient les uns et les autres vis-à-vis du pouvoir en place. Nous cherchons l’élargissement de l’opposition au pouvoir et pas la multiplication des confusions.

7/ Les socialistes au travail
Si j’ai pris soin de traiter devant vous quelques questions, c’est délibérément pour tourner notre université vers les Français et la tâche qui est la nôtre, réussir l’alternative.

Si je devais formuler un souhait, si je devais espérer une seule chose, à la fin de nos travaux, bien sûr je pourrais envisager une opposition de retour, bien sûr je pourrais imaginer un renouveau socialiste en marche, bien sûr je pourrais supposer qu’un nouveau rassemblement de la gauche se dessine, bien sûr enfin je pourrais rêver à un rassemblement dans un Ps réorienté. Mais plus sagement, je voudrais que vous puissiez retourner dans vos fédération en prononçant cette phrase « ça y est les Socialistes se sont remis au travail !». Bonne université !

catégorie Discours, Expressions