Intervention lors de commission de rénovation du PS

par · 19 février 2008

Intervention de Jean-Christophe Cambadélis
Lors de la commission de la rénovation du Parti socialiste
Le 19 février 2008

Avant d’aborder mon propos je souhaite poser une question au 1er secrétaire… Dans ton propos liminaire, tu as, François indiqué que le calendrier, long, était subordonné à un accord sur trois sujets, sinon c’était un congrès en juin :

Un accord sur la déclaration de principe, sur la réforme des statuts et la réponse des socialistes aux questions posées sur les retraites, la fonction publique et la présidence européenne.

Il y a ici comme une contradiction car nous n’aurons à élaborer les réponses que le jour où les questions nous serons posées par Sarkozy. Et pourtant nous devons décider notre calendrier auparavant.

Donc la réponse aux questions posées par le pouvoir, dont il est souhaitable qu’elle soit collective, ne peut être un préalable.

Reste « le reste » si je puis dire :

Mes amis, je crois que nous allons vers des tensions majeures. Quelque soit le résultat des élections municipales.

Il y a d’un côté une tension sociale qui n’est pas encore un mouvement social mais qui en accumule les conditions. Ce mouvement est visible non seulement dans les grèves ou les « porte-à-porte » mais aussi dans les sondages. Nous sommes plus haut que nous le pensions. Tout simplement parce que le pays cherche une réorientation, j’allais dire une rupture ! Cette demande du pays qui va s’exprimer en partie au travers des municipales, va rencontrer le radicalisme du pouvoir vers l’austérité. Les débats sur les fonctionnaires où le pouvoir n’a pas les moyens d’une augmentation à la hauteur de l’inflation sont une indication. Il n’y a plus de marge de manœuvre budgétaire où il faut revenir sur le paquet fiscal. La présidence française de l’Europe milite aussi dans l’apurement des comptes.

Donc nous allons vivre une confrontation majeure post municipale.
Si nos victoires municipales ne sont pas encore là, la tendance à la sanction l’est.

Ces deux radicalisations, le résultat des municipales, la radicalisation sociale et le tournant de la rigueur milite pour une gestion intelligente de notre calendrier.

Laissons à la droite le mistigri de la division. La question du débat sur les institutions sera de ce point de vue très important :
Gérons notre temps et notre victoire si elle a lieu.

Voilà pourquoi je suis favorable à une respiration unitaire ou d’union autour de la déclaration de principe.

Car enfin si nous ne sommes pas capable d’une avancée collective sur ce qui nous fonde, cela veut dire qu’il y a plusieurs partis.

Je lis tous les textes et je ne vois pas ce qui pourrait être l’objet d’un désaccord majeur. Cela va nécessiter de la part d’Alain Bergounioux et de Henri Weber un effort synthétique sur nos valeurs pour une déclaration courte marquant aux yeux du pays notre tournant vers un socialisme moderne qui n’oublie rien de ses principes de transformation. Alain vient d’évoquer la déclaration  rédigée par Léon Blum au sortir de la guerre. Il faut qu’elle soit moins contestée mais il a raison c’est 4 ou 5 feuillets.

Une grande convention marquant l’évènement, un parti rassemblé sur l’essentiel serait utile à tous… à toutes les ambitions.

Toute autre chose est le débat sur les statuts. Il nous faut de nouvelles règles collectives, mais plus vous mettrez de questions à l’ordre du jour de la convention et plus vous allez accroître les risques de divisions. A moins que la question statutaire ne soit qu’un toilettage. Je souhaite que nous renvoyions ce débat au congrès de novembre.

Prenons l’exemple de la modification des dates de congrès prévu dans le texte… on nous propose deux congrès pour le quinquennat, c’est bien de dire qu’il y aura deux rendez-vous prenant en compte le quinquennat. Un rendez-vous après l’élection présidentielle très bien, indispensable ! Mais le deuxième sera-t-il une désignation du présidentiable par le PS ou procédera t-il d’une primaire ? Nous sommes nous pour la deuxième formule. Evidemment si nous mettons cette question à l’ordre du jour, alors nos débats rentrent par la fenêtre et la convention en pâtira.

Je pense donc qu’il faut d’abord un état d’esprit… exfiltrons du débat les questions qui relève de notre quotidien et travaillons à l’union. Ensuite le calendrier qui nous permette de gérer le temps de la confrontation, une convention sur la déclaration de principe en juin, un congrès en novembre. Enfin, il faut resserrer la convention sur la déclaration de principe.

Pour le reste, contributions fin juin, Conseil National de synthèse fin septembre, motions en octobre, congrès début novembre ne me pose aucun problème.

catégorie Discours, Expressions