Bloc-notes N°44

par · 14 avril 2008

blocnotesLa crise de la droite

La réponse de François Fillon à François Hollande fut aveuglante. Le Premier ministre utilisa la motion de censure pour se poser symboliquement comme chef de la majorité. C’était sa réponse à la tentative de tenaille Elyséennes-UMP à son encontre, lui le Premier ministre « passe muraille » devenu coqueluche des sondages.

Comme toujours lorsque l’exécutif se divise, les couacs se multiplient. La carte famille nombreuse, les OGM, la RGPP(la Revue Générale des Politiques Publiques), le gaz, la modernisation de l’économie, le financement du RSA ou la carte militaire. Alors hé hé Copé est arrivé. « Sans s’présser » et tente de surfer sur le mécontentement des parlementaires. En un mot. c’est la crise ! La majorité part par tous les bouts !

Et cela ne va pas s’arranger. Car la croissance n’est pas là. La conjoncture mondiale n’est pas radieuse. L’austérité rampante s’installe dans chaque ministère. La réprobation sociale s’accélère. Comme toujours, les lycées en première ligne montrent la tendance.

Sarkozy refuse de dire la réalité de sa politique au pays. Il produit ainsi incompréhension et mobilisations. Le Président de la République est totalement coincé. Il refuse de changer de politique, de dire que celle-ci a échoué. Il laisse croire que rien n’a changé et provoque un effet portillon social : « C’est maintenant ou jamais ». Bref soit il nourrit la crise, soit il abandonne le paquet fiscal et ruine son faible soutien dans les catégories sociales pour qui l’impôt est le baromètre.

Le tout sous le regard de Droopy/Fillon qui le toise de plus dix points dans les sondages. Il est tout autant coincé par la Présidence française de l’Europe. Il ne peut aborder celle-ci sans avoir commencé à remettre un peu d’ordre dans les comptes de la France. Mais le faire c’est déchaîner les français qui ne comprennent pas pourquoi la réforme c’est toujours moins. Il doit faire « comme si », sans les moyens de le faire vraiment et mécontente tout le monde.

Il est encore coincé dans le débat sur la réforme constitutionnelle car les socialistes posent des conditions telles qu’il ne peut passer la barre des trois cinquièmes nécessaires à l’adoption de la dite réforme. Encore et
toujours coincé sur le boycott des Jeux Olympiques, le faire au final c’est être suiviste, ne pas le faire c’est être isolé.

La crise est partout, Sarkozy c’est tout à coup Chirac en petit.

Alors il va s’adresser au pays pour reprendre la main. Il tente de trouver une cohésion, une dynamique là où il n’y a que contradictions et immobilisme.

Le mot est lâché. Sarkozy avait fait de l’énergie sa raison d’être. La panne présidentielle est aujourd’hui éclatante. Comme toujours le discours se heurte à la réalité des faits, on est dans le mur.

Mine de rien, DSK est en train de réussir son pari !

Changement de doctrine du FMI, par la relance budgétaire plutôt que par la rigueur. Rééquilibrage du pouvoir dans le FMI au profit des pays émergents sans provoquer la crise avec Washington. Réforme interne réussie du FMI, propositions pour stabiliser puis réduire la crise financière mondiale. Transparence imposée sur l’ampleur de la crise, saluée par le Prix Nobel Joseph Stieglitz. Appel au monde sur la famine. Etc.

Tout ceci démontre qu’une politique de régulation est possible dans la mondialisation. C’est un bon signe pour la France et une excellente nouvelle pour les socialistes français. Mine de rien, DSK est en train de réussir son pari.

PS : Imposons l’agenda des militants

Ça suffit ! Le débat dans le PS est réduit à une compétition entre personnalités devant un François Hollande goguenard. Commencée autour d’une confrontation de présidentiables, la succession de François Hollande vire à la farce.

Si la solution au PS ne se trouve pas dans la désignation d’un présidentiable à sa tête, elle n’est pas non plus dans la mascarade des prétendants.

Aucune candidature n’est illégitime, certaines me sont sympathiques. Mais c’est tout simplement pas l’agenda de la reconstruction du PS.

Celui-ci s’articule sur trois questions : D’abord quel modèle dans la mondialisation pour les socialistes ? Ensuite qu’est ce que le socialisme quotidien ? La croissance : saine – durable – dédiée aux emplois. Le paquet social : Santé- jeunes – assedics. La puissance publique : périmètre – efficacité – effectifs. La société juste – nouvelles inégalités – Education – salaires. La France : – son Universalisme – son destin européen – sa spécificité dans le monde. Il y a de quoi faire ! Non ?

Enfin quelle stratégie pour la gauche, pour revenir au pouvoir ? Parti – Alliances – Primaires.

De cela personne ne veut en parler. A part les reconstructeurs qui ont produit une dizaine de textes.

C’est un crève-cour que de constater que la droite échoue et les français pensent que nous ne ferions pas mieux.

Et on se prépare a un vrai/faux débat de contributions parallèles dont le but sera les signataires, sûrement pas l’inventaire et encore moins les propositions.

Pourtant l’agenda des adhérents c’est la reconstruction, pas le bal des prétendants.

Nous l’avons dit avec force, ce n’est pas d’un congrès de désignation dont nous avons besoin car le risque est grand de faire un congrès pour rien. Un rassemblement qui tranchera plus ou moins durement un leadership remis en cause dès le lendemain matin. Alors imposons l’agenda des militants. La reconstruction des idées.

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