Mai 68 oblige, la France s’interroge : un an ça suffit ?

par · 5 mai 2008

Avec le recul on comprend mieux les Français. Ils ont élu Nicolas Sarkozy pour démêler l’affaire européenne et le trouver là où ils avaient des problèmes. Fâchés avec leur vieux monarque Chirac. Les français ont envoyé promener la constitution européenne. Ils en furent un peu contrits. Ce qui explique que rien ne s’est construit sur le « non ». Mais la France fut aussi secrètement traumatisée qu’on ne trouva personne alors qu’elle en avait besoin. La canicule avait fait sens. L’immobilisme de gouvernement avait ses limites. Alors, ce candidat, sorte de Djinn toujours « sur le pont » à l’énergie médiatique inépuisable. Il les réconcilierait bien avec l’Europe et serait de toute façon toujours prêt. D’abord il fit merveille. Ce fut le Traité « très » simplifié Européen. Il oublia un peu ses partenaires mais on lui pardonna. Puis cela se gâta. Les prix s’envolèrent. Imaginez la tête des français lorsqu’ils virent surgir de la carafe présidentielle, un Djinn à rayban, chemise hawaïenne et top model au bras. Les Français le voulaient aux caisses des supermarchés ou des pompes à essence. Ce fut le yacht de Bolloré, puis Disneyland, les palaces égyptiens, le soleil de Pétra en décembre. « Moi la vérité je parle » disait Lacan. Cette « vérité si je mens » fit sens, le rêve se brisa. Il avait fait le job européen et maintenant ne servait à rien, pire il se servait. Et tout ceci se termina par un « casses-toi pauv’con » ; qui résonna clair aux oreilles des français : ils étaient éconduits.

Alors, l’opinion se déroba. Rien n’y fit. Ni la présidentialisation de la fonction, ni les yeux de biche de Carla Bruni. Les français boudèrent un pouvoir qui n’avait rien compris. Les municipales et les cantonales furent sa fessée. Alors penaud Sarkozy chercha à se faire excuser. Ne comprenant décidément rien, il répéta à l’envie vouloir administrer une purge ou une chirurgie de guerre à des français qui ne voulaient que des soins palliatifs.

La gouvernance médiatique fut pulvérisée par sa propre donne médiatique : il n’était pas au rendez-vous des français.

Le voilà donc « chiraquisé », ne sachant que faire. Le retour à l’occupation de l’espace médiatique conduirait à refaire vivre le « Sarko sauteur ». L’évanouissement médiatique le renverrait à Mitterrand/Chirac. On a l’étrange impression que Nicolas Sarkozy a déjà fait son temps. Il claironnait « donnez moi cent jours pour rétablir le politique ». En cinq cent il fit la démonstration qu’il ne savait que faire, comment faire, pour quoi faire ! L’austérité rampante s’impose. Les déficits publics s’aggravent. Sarkozy n’a les moyens d’aucune politique. Sa majorité se divise, le social se tend. Sarkozy, « l’homme qui surfait sur les évènements », est devenu en un an un homme seul dépendant des évènements.

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