Une démarche partagée pour réussir le changement

par · 29 juillet 2008

PRPS.jpgNous nous sommes réunis le mardi 22 juillet entre les contributions « Une vision pour espérer, une volonté pour transformer», « Besoin de gauche » et « Brèves de Campagnes » Nous avons fait plusieurs constats et envisagé une démarche partagée.

Nous aspirons à bâtir une alternative crédible pour les français et battre ainsi Nicolas Sarkozy et la droite libérale. Nous souhaitons renouer avec la victoire. Nous voulons entraîner la France sur le chemin de l’espoir.  Nous partageons le dessein d’un socialisme moderne, d’une Europe politique, du retour des valeurs de la gauche. Nous convergeons sur une idée simple. Le temps est venu de faire autre chose autrement. Car notre époque a changé et nous n’avons pas changé.
D’abord, nous ne pouvons aborder la nouvelle phase de la mondialisation avec sa nouvelle question sociale, ses crises alimentaires, énergétiques et financières avec les outils politiques d’hier. Ensuite, force est de constater que la droite a réussi sa refondation politique dans une alliance idéologique de la droite et de l’extrême droite, et que ne l’avons pas faite. Enfin, si Nicolas Sarkozy touche à tout, abîme tout, il ne règle rien.

Notre congrès doit répondre à ces défis. Pendant dix ans, la promesse du rassemblement a été l’excuse de bien des renoncements. Il faut changer, nous devons être à la hauteur des défis du socialisme moderne dans la mondialisation. Pour cela, il faut créer les conditions d’un pacte de confiance pour une mutation politique maîtrisée.

Nous refusons l’immobilisme qui pave les défaites. Nous combattons la fragmentation, qui est souvent le prélude au renoncement,  chacun préférant un petit arrangement plutôt que des clarifications. Nous ne voulons plus d’une synthèse informe. Nous avons convergé sur la définition du but du congrès: une nouvelle majorité de travail pour conduire à une alternative crédible.

Mais nous refusons aussi le présidentialisation du parti. Nous ne voulons pas d’un congrès de désignation. Il y a deux moyens pour nous en assurer. D’abord par un engagement clair, inscrit dans la motion, que ce n’est pas là l’objet des années à venir. Ensuite par la préparation des primaires ouvertes autant que le débat avec nos partenaires le permettra, pour régler, maitriser, ordonner, le débat présidentiel au P.S puis rassembler autour du candidat désigné.

Nous avons évoqué avec franchise la question du Premier Secrétaire. Nous sommes convenu qu’il était temps de se débarrasser des querelles de personne et remettre la politique au cœur des préoccupations socialistes. Le moment venu, nous devons voir celui ou celle qui sera le mieux à même de porter les couleurs de la nouvelle majorité. Nous ne préjugeons de rien, même si chacune de nos contributions a, à l’évidence, ses préférences sur le candidat au poste de premier secrétaire. Notre choix devrait être celui de l’efficacité au sein de ceux qui auront initié le changement.

Nous convergeons sur la grande tâche du PS. Elle sera avant tout de rétablir la confiance et de bâtir un nouvel espoir. Celui-ci passe par un Parti Socialiste au travail à travers des conventions thématiques. Cela nécessite une expression maîtrisée, où la direction du parti évite la cacophonie. Cela impose le respect des militants, par l’animation du PS sur le terrain. Cela implique une nouvelle gouvernance du Parti Socialiste totalement renouvelée, collective et solidaire dans son esprit.  Ensuite remettre l’imagination, l’élaboration, la cohérence au centre des préoccupations socialistes. Enfin construire une alternative crédible dans un rassemblement praticable et durable de l’ensemble des gauches et des écologistes.

Nous avons évoqué les conditions du rassemblement. Elle doit procéder de principes clairs et d’un engagement commun. Au-delà, nous voulons prolonger notre rassemblement avec la volonté de la cohérence à partir d’un cœur qui serait celui que nous formerions.

Nous voulons réussir le changement au Parti Socialiste dans la clarté, la confiance, la cohérence. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes rencontrés.
A la fin de nos échanges, il nous a semblé souhaitable de se rapprocher. Le plus tôt sera le mieux. Fin août, chaque contribution a sa propre réunion. Nous soumettrons cette démarche à l’appréciation de nos signataires.

Martine AUBRY         Marylise LEBRANCHU      Arnaud MONTEBOURG       Pierre MOSCOVICI

catégorie Parti Socialiste

Les commentaires9 Commentaires

  1. Paul dit :

    Est-ce que c’est fichu alors ? Moscovici envoie une « lettre aux amis de besoin de gauche » ce soir où il est prêt à discuter avec Ségolène Royal… Ce n’est plus possible qu’il nous prenne à ce point là pour des c… ! Il cherche à rassembler des élus autour de lui Menucci, Valls… et méprise les militants

  2. JL Parise dit :

    @Drime
    Ce que j’ai du mal à admettre, ce sont les mises en cause d’autres camarades sur des points qui ne me paraissent pas pertinents : la « présidentialité » ou pas de tel ou tel comme critère me semble injuste, erronée et peu fiable. On a beaucoup entendu en provenance des « recontructeurs » qu’il y avait trop de contributions, ce qui n’a empêché personne d’écrire la sienne, sans qu’à l’arrivée on distingue nettement ce qu’elle apportent par rapport à d’autres. Les reconstructeurs se sont mis dans une posture moralisatrice un peu pesante à mon goût. Pardonner aux uns les erreurs qu’ils ont pu commettre ? On se retrouve sur ce point, mais tout le monde en fait autant. Je suis loin de me sentir attiré dans un soutien actuel à notre premier secrétaire sortant, mais je souhaite néanmoins que chacun se souvienne, le cas échéant, d’avoir signé un jour les synthèses qu’on lui reproche aujourd’hui, et je le vois mal tenir un revolver armé sur la tempe des signataires d’alors. Indulgence oui, mais de la part de tout le monde.
    Je vous rejoins tout à fait sur votre approbation des écrits, discours et interventions de Martine Aubry (j’ai réadhéré au PS en 2005, après une très longue interruption, et en me retrouvant dans les propos de M. A.,)j’ai du mal à comprendre ce qui motive ou détermine ses positionnements (2006, et actuellement). Ne pas regarder en arrière : j’applaudirais, à la réserve près que tout de même, un petit regard dans le rétro ne fait pas de mal à ceux qui prétendent conduire les affaires de la nation), mais il ne faut pas alors dénoncer « l’ancien PS ».
    Vive le débat.

  3. Drime dit :

    @JL Parise

    Et en même temps vous ne croyez pas M. Parise que votre jugement de valeur sur les rapprochements estivaux ne sont pas liés à justement l’ancien PS. Vous ne pensez pas qu’après avoir perdu 3 élections présidentielles de suite il n’est pas tant de rebattre les cartes, de donner sa chance a ceux qui ont commis des erreurs (ils en ont tous fait d’où qu’il viennent, courants, etc…) ? Moi je pense que oui.

    Je suis adhérente au PS depuis peu, en fait après la défaite de royal, j’ai adhéré et aujourd’hui quand je regarde le PS et bien je trouve une réponse chez Aubry, l’envie d’un rassemblement pour travailler, pour la France, l’Europe avec toutes et tous en ne regardant pas en arrière. ça me plait !

  4. JL Parise dit :

    Après les synthèses que tout le monde s’accorde à dénoncer aujourd’hui comme « molles », les rapprochements improbables… « Dénoncer l’immobilisme », voici un slogan novateur et fédérateur ; « Mais nous refusons aussi le présidentialisation du parti » : ça passera bien au niveau de l’opinion, ça, combien de ceux qui la dénoncent ne font qu’en rêver pour 2012, 17, … ? Ce n’est pas un argument : quel 1er secrétaire renoncerait à être candidat, s’il se retrouvait en situation de présenter sa candidature ? Je me pose la question pour une bonne partie des signataires ci-dessus.
    « Nous avons évoqué avec franchise la question du Premier Secrétaire » : si on est méchant, on a envie de dire : « tout arrive ». Cette question peut être abordée avec le même état d’esprit mis en avant avec tous les candidats à la direction du PS, mais il s’agit plutôt de posture plus que de démarche politique.
    Votre façon d’aborder « la grande tâche du PS » m’inquiète, car vos rapprochements estivaux me semblent répondre à tout, sauf à une clarification politique, après vous avoir lu.

  5. Baillergeau Maurice-Alain dit :

    @ fred

    « perspective d’une intégration politique renforcée,volonté d’une harmonisation fiscale par le haut,mise en place d’un gouvernement économique européen contre-balançant l’indépendance de la BCE,volonté de négocier un traité social de l’UE »
    C’est une incantation ou un objectif réalisable ?
    * Pour l’incantation, les pratiques chamaiques du PS sont au point
    * Pour la réalisation, c’est plus coton
    Le clivage sur le TCE va ressortir et seule une majorité du PS trouvera les alliés nécessaires au sein du PSE, du Centre, voir parmi certains éléments de Droite.
    Ce n’est pas contournable, d’autant plus qu’il faudra faire sans certains memebres de l’UE (ex: harmonisation fiscale par le haut avec les Anglais?)

  6. Fred dit :

    je suis sidéré de constater constamment que de l’extrême gauche du PS jusqu’à son extrême droite, on ne cesse de considérer que le débat sur feu le projet de TCE serait un clivage fondateur et opérant au sein du socialisme démocratique français.
    Car, enfin, si – oui – nous nous sommes divisés profondément sur le sujet :
    1- n’oublions pas que la grande majorité des camarades qui avaient voté « non » au référendum interne n’ont pas fait campagne contre le parti ;
    2- la divergence portait avant tout sur l’appréciation que nous faisions des mécanismes proposés par le projet de TCE : validation de la partie III avec ou non portée « constitutionnelle » de la mise en oeuvre des politiques communes ; incertitude quant à la portée réelle de la partie II ; insatisfaction sur quelques points institutionnels de la partie I (mais c’était dépassable) ; refus de voir l’OTAN considéré comme l’alliance militaire naturelle de l’UE ; appréciation différente sur les possibilités de mise en oeuvre de coopérations renforcées ; appréciation différente des conséquences des protocoles de révision du traité dans la partie IV.

    Mais au bout du compte – à part quelques olibrii qui sont allés faire tribune commune avec le « Parti des travailleurs » – qui en interne et en externe a remis en cause les objectifs communs du Parti socialiste quant à la construction européenne ?
    La perspective fédérale, la perspective d’une intégration politique renforcée, la volonté d’une harmonisation fiscale par le haut, la mise en place d’un gouvernement économique européen contre-balançant l’indépendance de la BCE, la volonté de négocier un traité social de l’union européenne : tout cela a-t-il été remis en cause par les « nonistes » de l’époque ? Pour beaucoup, ils ont rejeté le traité car fédéralistes ils considéraient que les possibilités de créer de nouvelles coopérations renforcées étaient amoindries par le projet de TCE, que la faisabilité d’une nouvelle révision des traités était annulée par les protocoles de révision de la partie IV, figeant donc la construction européen dans son étape confédérale et intergouvernementale, fermant la porte à toute véritable perspective fédérale même à long terme.
    Soyons francs, ce n’est pas de la gauche que sont venues les attaques sur le « plombier polonais » ou sur le refus de l’adhésion de la Turquie (Fabius est contre l’adhésion turque mais il n’en a pas fait argument durant la campagne sur le TCE ; NPS était globalement pour l’adhésion turque), tout cela est venu de De Villiers…
    Par contre, il a pu sembler à quelques uns d’entre nous que nos camarades « ouistes », dont je respecte parfaitement les arguments et les convictions profondes, avaient abandonné l’espoir d’obtenir quelque résultat que ce soit sur la perspective fédérale ; et qu’au prétexte de ne jamais freiner quelque étape de la construction européenne, il fallait sacrifier au réalisme politique et aux désaccords avec la majorité des partis d’Europe toute perspective de construire un jour une véritable fédération européenne. Michel Rocard ne nous avait-il pas appelé à en faire le deuil, nous disant que désormais il faudrait nous contenter d’une grande zone de libre-échange avec quelques politiques communes et quelques réglementations ?
    Le PSE vient d’adopter son Manifeste en perspective des prochaines élections européennes ; comme à chaque rendez-vous du PSE, le PS français s’y est encore rendu en intériorisant par avance sa minorisation : jamais le PS français ne défend réellement dans les instances du PSE ce qui fait chez nous consensus – La perspective fédérale, la perspective d’une intégration politique renforcée, la volonté d’une harmonisation fiscale par le haut, la mise en place d’un gouvernement économique européen contre-balançant l’indépendance de la BCE, la volonté de négocier un traité social de l’union européenne -, sous prétexte que sur l’ensemble de ces sujets nous sommes vraisemblablement minoritaires… Mais enfin, nous le resterons toujours si nous ne cherchons jamais à défendre notre point de vue et nos arguments vis-à-vis de nos camarades ! La sociale-démocratie européenne est au moins autant en désarroi que le PS français : n’hésitons pas à ouvrir le débat sur ces sujets, nous pourrions in fine avoir quelques surprises – sans gagner sur toute la ligne -, car je suis convaincu que nos camarades sont conscients de la nécessité de proposer aux peuples une nouvelle ambition pour la construction européenne, sans laquelle l’euroscepticisme ne fera que croître et sans laquelle les partis du PSE ne pourront faire la différence et la preuve de la valeur ajoutée face aux conservateurs et aux libéraux.

    Donc sur la question européenne concrètement, chers camarades, dites moi s’il est impossible que « besoin de gauche », Martine Aubry, Marylise Lebranchu, « reconstruire à gauche » et « reconquêtes » puissent s’entendre sur ce propos commun : La perspective fédérale, la perspective d’une intégration politique renforcée, la volonté d’une harmonisation fiscale par le haut, la mise en place d’un gouvernement économique européen contre-balançant l’indépendance de la BCE, la volonté de négocier un traité social de l’union européenne ?
    amitiés socialistes,
    Frédéric Faravel

  7. Baillergeau Maurice-alain dit :

    Ce que décrit Fred me semble trop angélique.
    Rassembler des camarades qui divergent autant sur leurs orientations essentielles peut sans doute conduire à l’élection d’un premier secrétaire, mais pas à lui permettre de relancer le parti pour en faire un parti vainqueur en 2012.
    Un exemple ? On fait quoi avec l’UE ?

  8. Fred dit :

    que « besoin de gauche », Martine Aubry et Marylise Lebranchu contractualisent leur accord c’est très bien… mais j’ai quelques inquiétudes à une prolongations des préliminaires avec la « Ligne Claire » : ce rassemblement de notables locaux représente ce qu’il existe de pire dans le PS – alliage de notabilités provinciales, d’accompagnement du libéralisme économique et de suivisme sur la sécurité -, d’autre part, ils prétendent critiquer vertement une direction du PS à laquelle ils prennent toujours part, et sans eux cette majorité n’aurait jamais tenue.
    Faire motion commune avec la « Ligne Claire », c’est l’assurance de l’immobilisme pour le Parti…
    De même, vouloir s’élargir vers Delanoë s’est conforté une ligne politique qui introduit des discours confus au PS sur le libéralisme.
    L’ambition des reconstructeurs m’apparaissait toute autre ; rassemblant Martine Aubry, Arnaud Montebourg, Jean-Christophe Cambadélis et Claude Bartolone, elle évitait la présidentialisation du Parti, ouvrait une séquence de travail pour du gauche de réforme mais convaincu de trouver de nouvelles marges de manoeuvres politiques et économiques face à la la crise mondiale et à l’échec de la troisième voie… Elle devait naturellement s’ouvrir à Benoît Hamon et Marie-Noëlle Lienneman ! Leur fermez-vous la porte aujourd’hui ????

  9. loulou dit :

    feu vert pour moi, faites le !

    amitiées, bonnes vacances