Travaillons à l'unité !

par · 1 septembre 2008

PRPS.jpgMes amis, de grâce, n’ajoutons pas à l’image déplorable de La Rochelle, à cet entrechoc de personnalités et d’ego, le spectacle désolant de notre implosion.

Que s’est il passé ?
Vendredi soir, les militants de Socialisme et Démocratie, de « Rénover maintenant » réunis dans la contribution « Besoin de gauche » ont démontré leur dynamisme, leur enthousiasme, leur fraternité, leur préférence pour le Premier Secrétaire, leur envie de ne pas en faire un préalable et leur démarche pour reconstruire le Parti Socialiste.
Je suis persuadé que nous touchons au but et c’est pour cela que l’appareil du parti se déchaîne. Il s’agit de maintenir le statu quo aimablement intitulé depuis le Congrès de Brest « le rassemblement majoritaire » et au bout, il y a une majorité dite centrale, sous pavillon Hollandais.

Alors, il serait incroyable, au moment où nous sommes en train de réaliser un dépassement que nous débouchions sur une soustraction. Elle signifierait, soyez en certain, une évaporation. Essayons de reprendre le fil du débat dans la sérénité… des gestes ont blessé ? Parlons-en !Des initiatives ont été mal interprétées, évoquons-les ! Il y a eu des ambiguïtés, explorons les !

Sereinement et calmement.

On ne peut pas prétendre rassembler et diriger le parti socialiste et ne pas être capable de nous rassembler.

De quoi s’agit-il ?
En juillet nous avons signé un texte de fusion avec Martine Aubry qui devait être acté à la Rochelle. Ce que nous avons fait. C’est la garantie de la ligne réformiste de la motion. Elle n’est évidemment pas exclusive d’autres rapprochements, maintenant que ceux-ci ont été balisés et hiérarchisés dans notre Assemblée Générale.
Dans ces conditions, il ne me paraissait pas inutile d’expliquer aux amis de Laurent Fabius qu’ils ne seraient pas dans notre fusion avec Martine Aubry mais qu’ils n’étaient pas ostracisés.
A l’occasion de cette rencontre, un malheureux concours de circonstance a provoqué une lecture dommageable et produit la réaction que l’on sait. Mais nul n’ignorait ce déjeuner.

Soyons clair, il s’agit de construire un nouvel alliage pour une nouvelle époque sur les bases que nous nous sommes fixées. Il n’y aura pas de renouveau si le Parti Socialiste perdure à vivre dans les clivages d’hier pour aborder les défis de demain.

Construire le renouveau nécessite de réunir ceux qui se sont opposés dans les trois grands traumatismes du Parti Socialiste : Le Congrès de Rennes, le Référendum sur la Constitution européenne et la désignation de Ségolène Royal.
C’est le sens de notre feuille de route lors de l’Assemblée Générale à partir d’un cœur qui est notre rapprochement avec Martine Aubry. Depuis un an, je me suis attaché, même lorsque ce ne fut pas agréable pour mon amour propre, à promouvoir une démarche d’union. J’ai pris soin de défendre nos intérêts généraux, j’ai veillé à notre construction et je n’ai pas réagi ou sur réagi à la déclaration de candidature en août 2007 de Pierre Moscovici, ni au pas de deux avec Ségolène Royal, ni même, aux rencontres avec les amis de la « Ligne Claire » qui visaient à asseoir la candidature de Pierre alors que nous venions de signer une déclaration d’intention commune avec Martine Aubry.

J’ai toujours dit et écrit dans nos textes, et même dans le texte de fusion avec Martine Aubry que s’il y avait évidemment une préférence de courants, la question du Premier Secrétaire ne pouvait être un préalable. Je pense que cette question est quand même à la base de bien des tensions entre nous.

Quant à la fusion Martine Aubry, la « Ligne Claire » et nous, elle se heurte chacun le sait au fait que Martine Aubry à toujours souhaité fusionner d’abord avec nous, avant d’envisager le reste. Elle nous l’avait clairement dit en juillet. Et c’est ce qu’elle a précisé à Dominique Strauss-Kahn en août qui a approuvé ce rapprochement. Bref, il s’agissait de commencer par Martine Aubry, et pas par la « Ligne Claire », au prétexte que ces derniers, étaient favorables à notre premier signataire.

Honnêtement, je pensais que cette démarche avait été exposée aux animateurs de la « Ligne Claire ». Je veux bien comprendre que l’épisode de samedi donnant l’impression de blesser ait pu choquer. Il fut à l’évidence mal géré. Mais la fusion avec Guérini – Colomb, dans une motion « post Strauss-khanienne » comme le dit Libération aujourd’hui, n’est pas notre décision de vendredi soir.

Bon, parlons-nous ! Rien d’irréparable n’a été commis.

Franchement ! Quand on est d’accord à peu près sur tout, y compris la distance vis-à-vis de la présidentialisation du parti et que le débat porte sur le « tous ensemble » de Martine et le : « les uns, puis les autres» de Pierre, cela devrait être surmontable avec un peu d’imagination. Il y a quand même au bout un « nouvel Epinay » du Parti Socialiste.

Je fais appel à notre intelligence collective pour surmonter et gagner.

Amitiés,
Jean-Christophe Cambadélis

catégorie Parti Socialiste

Les commentaires50 Commentaires

  1. […] certes une Université un peu brouillonne, mais reste “calme et serein” pour “travailler à l’unité” : Mes amis, de grâce, n’ajoutons pas à l’image déplorable de La Rochelle, à cet […]

  2. Martine aubry ou Pierre Moscovici ? En tout cas une chose est sure : Pierre Moscovici à la tête du PS, c’est la garantie d’un PS à 5% lors des prochaines élections européennes. La suite sur Agoravox.fr : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=43992

  3. Biltoleta dit :

    premier SIGNATAIRE, pardon

  4. Domy dit :

    @Bangor

    Mais enfin évidemment que Fabius est un européen convaincu ! Le débat n’a jamais porté la dessus. Faut-il rappeler qu’il celui qui a pis en place l’Euro ? Que par son histoire il a accompagné la construction européenne ?

    Nous avons eu un désaccord sur un traité important c’est vrai et j’ai moi-même défendu le traité en militant que je suis. Je lui en est voulu mais si Fabius est prêt à faire un pas en avant sur cette question, alors je ne vois pas pourquoi on devrait s’y opposer et les repousser, ce serait une erreur stratégique et historique !

  5. Biltoleta dit :

    travaillons en effet à l’unité , dépersonnalisons tout ça, et ne parlons donc pas à tout bout de champ, à propos des uns comme des autres, de combinazione comme d’instrumentalisation, de trahison, d’ego ou d’ambition personnelle. Mosco a été clair sur le sujet de son ambition personnelle et du non préalable sur le nom du premier signataire. Jean Christophe a éclairci aussi les choses de son côté.

    Il n’est finalement question dans toute cette histoire ni de Martine Aubry, ni de Fabius, ni même de Jean-Christophe, eux-mêmes . C’est depuis le début, tel que je le discerne en écoutant tout le monde, une question de conduite de ces fusions ou rapprochements ( pas de la personne, mais de la méthode) de feuille de route, de priorité, de calendrier, d’étapes successives et logiques

    Il s’agit de ne pas brûler les étapes ni agir avec précipitation, de travailler avec le difficile équilibre des positions des uns et des autres, d’agréger les convergences, puis de mettre à plat ce qui pose question. Il ne s’agit donc ni de critiquer Martine Aubry, comme je l’ai lu de la part d’un journaliste, parce qu’elle parle avec Laurent Fabius, ni de traiter Jean-Christophe de traître parce qu’il veut acter la fusion avec Martine et parle avec les deux, (si le déjeuner était maladroit, ambigu et confus, ce qui choquait n’était pas en soi que toutes ces personnes se soient parlé) ni de forcer la main sur le nom du premier secrétaire, il s’agit de créer les conditions, un contexte tel que à la fois Martine Aubry, les contributions très proches de la notre telles que La ligne Claire, et les autres interlocuteurs cités (pôle écologique, Manuel Valls), puissent s’intégrer à notre démarche (avec action complémentaire et concertée de Pierre , Arnaud et JeanChristophe, je ne vois pas où est le problème à cela), dans un premier temps.

    Ensuite, deuxième étape, traiter les convergences et divergences et la relation avec ceux qui sont moins proches sur le fond, Laurent Fabius et les Fabiusiens , mais aussi je suppose, entre autres B Delanoe.

    Si c’est vrai, cela est sans doute pour se donner du temps, gérer un calendrier, des priorités.

  6. Bangor dit :

    @ Domy

    Un consensus sur l’Europe avec Fabius ? C’est une plaisanterie ?

    Vendredi après-midi, Fabius et Mosco ont participé à la même table ronde sur l’Europe. Alors que Mosco exposait ses idées sur l’Europe telle que nous les connaissons et qu’il les a développées dans plusieurs ouvrages, Fabius, grand européen comme chacun sait, a découvert en séance l’existence d’un projet de manifesto du PSE. Lors du pot qui a suivi, une députée européenne hongroise a dit, en parlant de Fabius que ce type déshonore la social-démocratie européenne.

    Qui a dit consensus ?

  7. Domy dit :

    Je viens de finir la lecture de Libé et je lis que Mosco a refusé de signer une tribune avec Fabius sur l’Europe alors que le texte établissait un consensus sur cette question.

    M. Cambadélis, j’avoue que j’étais jusqu’à maintenant plutot favorable à Moscovici mais cette information me trouble.

    Pourquoi refuser de signer si il y a consensus ? Pour dire la vérité, si cela s’avère exact, je me sens un peu trahi, il y a donc une manipulation de la part de Moscovici, il instrumentalise donc les fabiusiens au nom de son ambition et ça c’est impardonnable.

  8. Bangor dit :

    @ Swann
    « En l’occurrence, on peut être signataire de la contribution, avoir assisté à la réunion vendredi à la Rochelle, être d’accord avec Jean-Christophe et être majoritaire »

    Non, on ne peut pas. L’immense majorité, c’était la proposition de Pierre. Un mandat a été défini, en toute clarté. Certes, il n’y a pas eu de vote. La position de la salle était tellement évidente que personne n’a demandé de vote et que nous n’avons pas vraiment ressenti de divergences entre Mosco et Camba. Seul Borgel a fait entendre une petite musique un peu différente, mais son discours était confus et incompréhensible. Le Guen également, en toute fin de réunion et en faisant la gueule.

    Quant à Jean-Christophe il a promis à Pierre un contrat exclusif jusqu’en 2011.
    Mais il parait qu’on a mal compris et qu’il s’agissait d’une pique à son égard, une sorte de private joke en négatif. Cela aurait fait référence à leur engagement commun derière DSK. Malheureux DSK, que ne lui fait on pas dire !

  9. Catherine dit :

    Si le fait d’être minoritaire et ancré sur ses positions aussi nobles soient-elles convient aux purs,vierges et preux chevaliers, ça nous fera une belle jambe.. mais cela ne contient pas moins un paradoxe… lorsque l’on se dit être réaliste en matière de reflexions politiques et prêt à tenir compte du réel ?

  10. Swann dit :

    @ Elie, je suis d’accord pour reconnaître le flou doctrinal plutôt que le vide, cela étant, l’opposition Guesdes / Jaurès est un peu courte parce qu’elle fait l’impasse sur les autres oppositions (5 au total : Guesdistes, Blanquistes, Allemanistes, Broussistes, et Indépendants de Jaurès) qui ont constitué la SFIO à sa création, c’est-à-dire à un moment où le spectre couvert par la gauche était considérablement plus large puisqu’il n’y avait pas de communistes, d’écologistes, de trotskistes, etc. Comparaison n’est toujours pas raison. En ce qui concerne la situation actuelle, il y a matière, et encore une fois la déclaration de principe récemment votée est assez significative, à constater une unité doctrinale floue du parti socialiste, le problème posé est simplement une crise de leadership interne et par conséquent externe qui empêche une affirmation claire de ce qu’est et de ce que doit devenir le socialisme en France. Le PS se laisse porter au lieu de porter lui même, c’est avec cela qu’il s’agit de rompre.

  11. Swann dit :

    Euh… En l’occurrence, on peut être signataire de la contribution, avoir assisté à la réunion vendredi à la Rochelle, être d’accord avec Jean-Christophe et être majoritaire… Mais surtout, le texte de JCC est dans la continuité de la réunion de vendredi. La question me semble tenir essentiellement à une question d’égo pour le moins déplacée aux regards des enjeux concernant non seulement le Parti Socialiste mais plus largement la Gauche.

  12. stéphane dit :

    Si j’en crois jean christophe Cambadélis les socialistes ont subit trois grands traumatismes, le premier remonte au congrès de Rennes, ça ne nous rajeunis pas.

    A l’époque j’habitais Rennes et mon jeune frère était amoureux d’une jeune militante du PS.

    J’ai donc abrité les amoureux, le secrétaire de section et un autre militant.

    J’ai eu de la chance ils étaient tous du même courant sinon je pense que j’aurai pu être traumatisé de découvrir du sang sur les murs de mon salon.

    Le second traumatisme serait lié au Référendum sur la constitution, comme je n’étais pas encore encarté je me souviens seulement qu’après un vote des militants pour le oui, Laurent Fabius c’est assis dessus en pronant le non. Enfin nous arrivons au troisième traumatisme que représenterai la désignation de Ségolène Royal par les militants, (Je ne regrette pas de m’être décidé à prendre ma carte au PS qu’en 2006, cela m’a évité d’être un poly traumatisé).

    Tous ces cataclysmes qui semblent avoir traumatisé mon camarade Cambadélis ll’ont poussé à intituler son billet « Travaillons à l’unité! », effectivement ça sent l’unité à plein nez.

    D’ailleurs il ne nous parle que d’unité »Quant à la fusion Martine Aubry, la « Ligne Claire » et nous, elle se heurte chacun le sait au fait que Martine Aubry à toujours souhaité fusionner d’abord avec nous, avant d’envisager le reste. »

    J’aimerais pas faire partie du reste!

    Cambadélis, celui qui a mis en place les « reconstructeurs » pour nous sauver des présidentiables, vous vous souvenez?

    Je suis heureux d’apprendre grâce à lui que Martine n’est pas présidentiable, c’est déjà ça!

    Mais pour en revenir à ma question, y a t-il parmis vous quelques traumatisés de Rennes, du Référendum et de la désignation de Ségolène, j’aimerais pouvoir comparer nos traumatismes, le mien étant très particulier, j’ai été traumatisé d’apprendre que des socialistes pouvaient souhaiter la défaite de leur candidate.

  13. Florent dit :

    @Bangor qui nous dit :
    « Mais si, Marie-No, on t’a demandé ton avis.  »

    Euh, non, on n’a demandé l’avis de personne, ni dans un sens, ni dans l’autre.

    L’an dernier, à l’Oratoire, Dominique Strauss-Kahn a rappelé l’organisation décidée collectivement, et qu’il a validé :

    – Un Conseil National, représentant les grands élus et les mandataires fédéraux S&D
    – A la tête, un trio (aujourd’hui duo) Michel Destot, Pierre Moscovici, Jean-Christophe Cambadélis

    Le 18 mai a été actée la volonté de travailler à la construction d’une motion majoritaire, dont le premier signataire serait Pierre Moscovici.

    Le mandat militant, c’est celui là. Et ni Pierre Moscovici, ni Jean-Christophe Cambadélis d’ailleurs, ne peut se prévaloir d’une quelconque légitimité militante particulière

  14. Laurent Duclot dit :

    Cher Jean Christophe, Cher Pierre,
    Puisque l’époque semble épistolaire je prends ma plume.

    Finalement la situation a-t-elle changé depuis « l’avant la Rochelle » ? Notre diagnostic commun est il modifié ?
    Je ne le crois pas. Nous pensons que l’acceptation de la présidentialisation du PS est une impasse, nous sommes persuadés que le parti a besoin de se remettre au travail pour élaborer une alternative crédible, nous avons un désaccord de fond avec S.Royal sur nature du Parti, nous constatons qu’aucun des présidentiables n’est en mesure de créer les conditions d’un rassemblement, nous assumonn spleinement notre sociale démocratie, nous avons la volonté de sortir de l’immobilisme d’une synthèse non articulée à un objectif politique.

    Dans ce cadre, la stratégie adoptée vendredi soir à La Rochelle (Sur le fond : pas de présidentialisme, atelier de rénovation, primaires à Gauche. Sur la tactique : fusion avec M.Aubry, accord avec la ligne claire, pas d’ostracisme avec L.Fabius, une candidature de P.Moscovici qui n’est pas un préalable ( je le fais à la hache, cf les différents compte rendu) ) (je n’y était pas, mais je vote pour) me semble toujours la bonne voie. Celle qui va nous permettre de trouver les conditions d’un axe majoritaire réformiste , renouvellé, dynamique qui soit en capacité de faire du PS un opposant efficace à N Sarkosy, porteur d’une alternative.

    Ne pouvons pas repartir de là, pour nous retrouver ? Ne pouvez vous pas repartir de là, pour vous retrouver ?
    Sinon je crains une double conséquence :
    La fin de notre courant. Ne croyez pas que vous emporterez, l’un ou l’autre une majorité structurée de SD (même 50/50). Chacun d’entre nous se positionnera en fonction du contexte local.
    La constitution d’une majorité dans le PS frappé du sceaux de l’immobilisme.

    Alors, chers camarades, retrouvez vos numéros de portables respectifs, faites appel à des amis médiateurs (et vous en avez des communs), et allez déjeuner ensemble 🙂
    Sinon Washington sera Venise !

    Amitiés socialistes

    Laurent

  15. Elie Arié dit :

    (article paru sur Marianne2fr. , censuré sur le « blog participatif » de Ségolène Royal, voyons s’il y a plus de tolérance ici?)

    PS: le poison mortel du vide doctrinal
    C’est le paradoxe de la situation actuelle du PS : moins il y a de véritables divergences idéologiques entre ses dirigeants et plus ils s’affrontent durement pour le pouvoir. Par Élie Arié, ancien Secrétaire National à la Santé du Mouvement Républicain et Citoyen.

    Le PS (comme tous les grands partis) a toujours été le lieu de coexistence de visions très opposées sur des problèmes majeurs.

    Sans remonter jusqu’à l’opposition majeure Jean Jaurès/Jules Guesde à la fin du XIXe, puis à celle de Guy Mollet/Daniel Mayer après la Libération (avec un courant ultra-gauchiste de Marceau Pivert), le PS de l’ère Mitterrand a été marqué par le conflit permanent (qui n’était pas un conflit de personnes) entre Mitterrand et Rocard (dont il a été obligé de faire son Premier ministre pendant trois ans, bien malgré lui).

    L’idée de l’unité du PS est un mythe, c’est vrai pour tous les grands partis, et pas seulement en France.

    La question qu’il faut se poser est : pourquoi ces tendances opposées n’arrivent-elles plus à cohabiter de façon efficace, comme autrefois (parce qu’elles arrivent quand même à cohabiter : grâce aux efforts de Hollande, aucune, sauf Chevènement, n’a quitté le parti) ?

    Je crois que c’est, tout simplement, parce que le parti n’a plus de doctrine.

    Ce qui opposait Jaurès à Guesde, Mollet à Mayer, Mitterrand à Rocard, c’étaient vraiment des visions différentes du socialisme ; paradoxalement, ils arrivaient à cohabiter parce que leurs conflits étaient réels et permanents, qu’il y avait un vainqueur et un vaincu en permanence, mais que le vaincu espérait bien devenir majoritaire un jour, et jouait le jeu en attendant.

    Or, la différence, aujourd’hui, c’est qu’entre Royal, Delanoë, Aubry, Moscovici, DSK et Fabius (les autres, c’est un peu différent, mais ils sont trop marginaux), il n’y a plus aucune différence de vision du socialisme. Parce qu’il n’y a plus, chez aucun d’entre eux, aucune vision du socialisme. Leurs discours sont totalement creux, leur antisarkozysme de principe sans propositions alternatives crédibles ne peut pas constituer une base suffisante pour une autre politique : il suffit à Sarkozy de financer le RSA par un très modeste prélèvement sur la capital pour apparaître aussi « à gauche » que le PS, voire davantage .

    Et les opinions publiques ne s’y trompent pas : l’impopularité de Sarkozy ne profite pas au PS, la majorité des Français ne pensent pas qu’il ferait mieux ; il en est de même partout en Europe, où toutes les gauches perdent le pouvoir les unes après les autres, parce qu’elles sont incapables de penser ce que pourrait être une politique de gauche dans l’Europe telle qu’elle est et dans l’économie globalisée telle qu’elle l’est.

    Alors, pour en revenir au PS français : précisément parce qu’il n’y a plus de vision politique, il ne reste que les luttes de personnes ; qui n’ont plus, pour les maintenir dans certaines limites, comme autrefois, ni une vision différente de celle de la droite, ni des visions différentes entre elles justifiant l’affrontement dans le cadre d’un parti qu’il faudrait préserver pour y triompher – un peu comme deux équipes adverses de foot préservent en bon état le stade où elles doivent s’affronter, mais n’ont plus aucune raison de le faire si elles ne savent pas exactement à quel jeu elles sont venues jouer.

    Il n’y a plus que des luttes d’ambitions personnelles, chacun reprochant aux autres, en toute hypocrisie, ses « magouilles », alors qu’il serait si simple de se rallier tous à lui (ou à elle), pour mener, sous son autorité, la même absence de politique.

    Peut-être aussi que le PS est tout simplement en fin de vie. la durée de vie d’un parti politique « ouvert » (je ne parle pas du PC) excède rarement 30 ans.

    Le RPR a disparu avant de fêter ses 30 ans et l’UMP n’est pas vraiment un parti, c’est une coalition « majorité présidentielle » qui s’éteindra sans doute quand la droite retrouvera l’opposition. Et ça, si mon analyse du PS est juste, ce n’est pas pour demain…

  16. Bangor dit :

    @ Marie-No

    « pas d’accord avec Mosco et personne ne m’a demandé mon avis. »

    Mais si, Marie-No, on t’a demandé ton avis. Si tu es signataire de la contribution « Besoin de gauche », dont le Premier signataire est Pierre Moscovici, tu as été invitée à l’assemblée générale de vendredi. Et si tu n’es pas d’accord, c’est que tu es minoritaire. Cela n’a rien de déshonorant, mais ne dis pas qu’on ne t’a pas demandé ton avis. Tu peux ête d’accord avec le travail de Jean-Christophe, mais ce n’est pas ce que les militants ont décidé.

    Un point positif pour Camba : contrairement à ce que certains ont insinué, (et à la légende), il ne semble pas y avoir de censure sur ce blog. La preuve en est donnée par les messages de désaccord figurant supra qui nourrissent le débat.

  17. Mart dit :

    Est-il possible qu’on me cite les idées qu’on en commun les membres du nouveau quartel formé ce week-end ?
    Et qu’on me dise qui écrira leur motion ?
    Et si enfin il s’agira d’une motion SD dont on rappelle qu’à ce jour elle n’a jamais existé et qu’on l’attend toujours ?

    On nous parle des idées et du rassemblement depuis des mois. Je les vus aux ateliers avec des élus et des militants de tous courants, autour de réflexions argumentées. Mais pas dans ce repas.
    ALORS ?

  18. Catherine dit :

    vivement que ce congrès soit passé pour voir un peu où on en est…

  19. Marie-No dit :

    Et bien moi je suis militante au PS et à SD et je suis d’accord avec le travail de Cambadélis et pas d’accord avec Mosco et personne ne m’a demandé mon avis.

    Alors arretons ce mauvais procès en démocratie militante, SVP !

  20. @Soukari,

    Bien que soutenant Moscovici, nous prenons la peine de n’invectiver personne. Alors fais en autant à son égard. Il n’a pas employé le dixième des mots qu’a employé Vincent Peillon pour qualifier Fabius et Bartolone.

    Quant à l’union au sein du PS, faut-il rappeler que nous sortons d’une synthèse dont font partie tous les courants ? Tous. Si c’était un gage de succès, 2007 ne l’a pas démontré.

    Nous payons toujours la division de 2005, et ceux qui n’ont pas respecté la parole des militants sont mal placés pour vouloir jouer les innocents aujourd’hui au nom d’un « dépassement des courants ». C’est l’amnésie qui me dépasse personnellement.

    Que le bureau de JCC et celui de Claude Bartolone soient voisins à l’assemblée nationale ne les autorisent pas à monter des combinaisons complexes – je n’ai toujours rien compris aux explications ci-dessus – sans l’aval des militants.

    Un peu de respect des décisions collectives ne ferait pas de mal. Nous sommes des militants PS sociaux-démocrates. Dans cette appellation le mot démocrate est très important pour nous, quitte à passer pour intolérants à ceux qui n’ont font qu’à leur tête. Alors oui là c’est une vraie différence avec ce qu’a fait Fabius avec la démocratie interne. Montebourg pourrait lui donner des leçons.

    Au final qui a voté pour que Martine Aubry soit notre candidate ? Pas moi. Ce qui ne veut pas dire que je n’aurais pas accepté qu’elle le soit dans la clarté et le débat.

  21. @philou :

    Vous dites : « si ça avait été un bon choix, on aurait peut-être gagné les présidentielles non ? »
    Certes. Et si DSK avait été un bon choix, vous auriez au moins gagné les primaires, non ?

    J’aime également lorsque vous parlez d' »hystéro-royalistes » puis quelques lignes plus tard, en guise de conclusion : « Vive Camba ! Vive Barto ! Vive Fabius! Vive DSK ! Vive Aubry ! Vive Montebourg ! Et surtout vive le PS ! »… Si ça ce n’est pas de l’hystérie…

    Amicalement,
    Patrice

  22. Soukari dit :

    J’approuve tes efforts pour l’union au sein PS. Pour le dépassement des traumatismes et des courants. Ce que tu fais représente la seule sortie positive et l’avenir du parti. Il n’y a pas d’autres solutions… Il faut résister aux appels aux meurtres des autres courants ou personnalités (éléphants ou pas), notamment, l’ostracisme outrancier et scandaleux de Mosco. Terrible, ce refus viscéral de ceux qui ne partagent pas (très peu de différences en vérité)les mêmes idées, c’est du stalinisme à l’état pur… Quelle déception, ce Mosco. Tuer se propres camarades pour prendre le pouvoir fait froid au dos… Merci Camba pour ta lucidité et ta clairvoyance.
    Un sympathisant

  23. Fred dit :

    honnêtement, je ne comprends pas la phrase : « Dans ces conditions, il ne me paraissait pas inutile d’expliquer aux amis de Laurent Fabius qu’ils ne seraient pas dans notre fusion avec Martine Aubry mais qu’ils n’étaient pas ostracisés. » Elle ne veut rien dire et comme Evgueni je ne comprends pas quel est le problème avec les fabiusiens au regard de leur contribution. Par contre, la ligne claire dit des choses extrêmement dangereuses sur les territoires et les collectivités.
    Fred

  24. Biltoleta dit :

    de toute façon, dans cette histoire de restos, il ne faut pas mettre d’affect, ni de parano, car il n’y en a pas

    on peut au minimum dire que ce fut maladroit ce déjeuner

    ce n’est pas la peine de lancer des anathèmes insultants ou vengeurs sur Jean-Christophe, ni d’essayer de justifier par tous les moyens ce fameux déjeuner médiatisé, ce fut très maladroit, très ambigu, très confus

    je cite Jean-Christophe « En juillet nous avons signé un texte de fusion [moi:quel texte? je découvre]avec Martine Aubry qui devait être acté à la Rochelle. Ce que nous avons fait. C’est la garantie de la ligne réformiste de la motion. Elle n’est évidemment pas exclusive d’autres rapprochements, maintenant que ceux-ci ont été balisés et hiérarchisés dans notre Assemblée Générale.
    Dans ces conditions, il ne me paraissait pas inutile d’expliquer aux amis de Laurent Fabius qu’ils ne seraient pas dans notre fusion avec Martine Aubry mais qu’ils n’étaient pas ostracisés.
    A l’occasion de cette rencontre, un malheureux concours de circonstance a provoqué une lecture dommageable et produit la réaction que l’on sait. Mais nul n’ignorait ce déjeuner. »

    que Pierre ait été au courant, ne veut pas dire qu’il ait été invité, qu’il ait éventuellement été invité ne veut pas dire officiellement par l’organisateur en titre du dîner, ce qui n’a pas la même portée

    de toute façon même dans l’hypothèse où ce soit lui qui , invité par JCC lui-même, ait choisi de ne pas venir, ça serait sans doute avec des raisons pour cela

    dans tous les cas c’était maladroit car confus et ambigu ce déjeuner:

    « notre AG », « notre fusion », dit Jean-Christophe

    si c’est JCC en tant que SD ou en tant qu’organisateur de l’université d’été , qui organise cette rencontre au resto pour « acter à La Rochelle un texte de fusion avec Martine Aubry », acter cela doit se faire dans un cadre officiel par le signataire de la contribution et pas sur une table de resto, filmable mais sans public, ou ça pouvait se faire simplement par un communiqué public et officiel de Mosco au titre de Besoin de gauche, si c’était signé en juillet

    s’il s’agit simplement de faire le CR de la réunion de vendredi et de dire à Laurent Fabius et fabiusiens qu’ils ne sont pas ostracisés, que faisait là Martine Aubry et pourquoi pas là aussi un simple CR dans une salle ou par CR écrit public, idem , par le signataire de la contribution , pas par l’animateur du courant SD ou celui de l’université d’été (qui n’est pas censée se dérouler aux Flots ).

    la réunion AG de Vendredi était une réunion de tous les signataires de la contribution Besoin de gauche, pas simplement une réunion SD/RM

    Ou alors ce déjeuner c’était une réunion de Reconstructeurs:
    idem dans un resto, filmable mais sans public, avec Martine Aubry mais sans Pierre, avec ensuite des échos de presse plus qu’ambigus faisant état de rapprochements ?
    là aussi, maladroit et ambigu, c’était un CR aux reconstructeurs? une négociation stratégique? avec qui? Fabius ou Aubry? ou les 2?

    ça me fait penser aux réunions d’assocs, où les « casquettes » de certains sont parfois multiples, on clôt une AG pour ouvrir un CA ou réunion de bureau, avec à chaque fois un CR écrit qui sert de référence et est adressé aux gens concernés

    Comme ça au moins c’est clair

    si c’est de la discussion bâtons rompus de déjeuner de fin d’atelier, pas de caméras, pas d’interviews, pas d’annonces médiatiques, pas d’invitations à l’avance

  25. Makno06 dit :

    La seule question qui me préoccupe et que je m’étais posé l’an dernier, va t’on présenter une motion sociio-démocrate au prochain congrès ?

    Personne ne remet en cause l’existence de courant, mais avec la synthèse, le notre n’a jamais existé. On parle des amis de DSK, de sa sensibilité, mais jamais de l’essentiel, combien de division ? Dans le quotidien du Parti cela a tous son sens, et dans ma fédé on a eu au moins deux occasions de le constater. Pour être clair nous n’avons pas le poid politique que nous devrions avoir.

    Alors une alliance avec un tel et tel est important si cela s’appuie sur le travail fait depuis plus de 10 ans par les soci0-démocrate du Partie.
    En vous lisant, et en relisant la contribution, je n’ai aucun doute sur la qualité du boulot. Et pour un militant isolé vous ne pouvez pas savoir l’importance que peu représenté ce travail.

    Donc, avec un autre camarade, on pressentait que la Rochelle serait un moment clé. Et il l’est.

    Au moins à deux niveaux, le premier est qu’il existe, malgrés les racontards des journalistes, une réelle option à Ségo et à Delanoe. A travers eux c’est bien sur l’option politique prise par des militants de figer la structure politique du Partie pendant les 5 années prochaines.
    L’enjeu est là à tous les étages de l’organisation, local, aglo, département, région, europe. Ceux sont les instances élus avant le congrès qui vont très largement modelé le visage du Partie.
    Un vote majoritaire pour l’un et l’autre c’est malgré tous ce qui ce dit une évolution très nette du Partie vers le renforcement des structures en place. Loin de l’ouverture, et j’insiste sur ce point, du nécessaire renouvellement des cadres du Partie.

    Le second est qu’une signature commune Mosco, Aubry, ne va pas être simple. Martine ne peut plus nier qu’elle souhaite être Secrétaire du Partie. Elle en a les capacités, et bien sur la légitimité.
    Mosco depuis le début c’est toujours positionné, au moins depuis avril, sur ce point. Alors la question qui fache pour qui roule Pierre et réciproquement Martine. Je pense que l’auteur de ce blog a bien une idée la dessus. Personnellement si il y a une primaire à Gauche je pense que Martine sera sur la liste des engagés. Pour Pierre je crois à son coté désinteressé sur la question. Il sera peut-être le « Fillon » de notre futur Président socialiste.

    En conclusion, dans l’attente d’une réunion des SD du 06, l’essentiel est de présenter demain une motion social-démocrate aux militants, avec une gouvernance claire non issu de tractaction de dernière minute du congrès, et une plus grande place aux militants lors des déjeunes entres « leaders ».
    Oui à Pierre comme 1er signataire, oui à une motion majoritaire sociodem garant du succés de la gauche en 2012 et après.

  26. philou dit :

    @Patrice Puichaud

    Et en même temps, si ça avait été un bon choix, on aurait peut-être gagné les présidentielles non ?

    ça vas bien les hystéro-royalistes qui partent en vrille dès qu’on touche à la « sainte ségo ». Perso je ne l’aime pas, donc si elle veut bien disparaitre ça m’arrangerait.

    Sur le reste, je veux apporter mon modeste soutien à Camba qui, selon moi, a compris le message des français justement en 2007 et en tire enfin les conséquences après dix ans de n’importe quoi en proposant le rassemblement et la fin des guerres inutiles. Vive Camba ! Vive Barto ! Vive Fabius! Vive DSK ! Vive Aubry ! Vive Montebourg ! Et surtout vive le PS !

  27. Unité ! dit :

    C’est une bonne chose de rappeler le devoir d’unité que nous avons les uns envers les autres. A la lecture de ce billet, je suis un peu rassuré et souhaite que le rassemblement se fasse avec tous. Sans exclure à partir du moment qu’il y a un accord sur la nécessité de rénover en profondeur le parti.

  28. Cher Jean-Christophe Cambadelis

    Vous parlez de « cet entrechoc de personnalités et d’ego ». Je ne crois pas avoir vu ni Ségolène Royal, ni même Bertrand Delanoë, participer à cette déplorable mascarade lors des universités d’été de La Rochelle. Ils ont eu la descence de ne pas se mêler à ces tractations honteuses et d’un autre temps. Il se trouve qu’une erreur politique a été commise par vous et les lieutenants de DSK qui montrez au grand public votre division et vos combats d’ambitions.

    Vous évoquez également « 3 grands traumatismes du Parti Socialiste : […] la désignation de Ségolène Royal. ». Permettez de vous rappeler que ce processus de désignation interne de la candidate fut, en son temps, une preuve de la modernité du Parti Socialiste dans son exercice de démocratie interne et, en ce qui concerne le traumatisme éventuel, je rappelle que Ségolène Royal a été choisie par 60,65 % des 178 000 militants socialistes. Si traumatisme il y a eu, je comprends bien qu’il ne se trouve pas dans la très grande majorité des militants du Parti Socialiste.

    @Marc d’Héré :

    Vous dites « Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti. Peillon, Rebsamen et Bianco, qui aux dernières nouvelles la soutenaient encore plus ou moins, se font d’une discrétion inhabituelle…Pour le premier secrétariat, je crois qu’on peut l’affirmer, Royal c’est fini ! »

    Ce paragraphe m’amène à quelques réflexions :

    1. Vous poursuivez encore une fois ce travail d’insultes et de mépris envers les militans du Parti Socialiste – dont je suis – qui soutiennent l’une des leurs, Ségolène Royal, et vous participez par là même au manque total de lisibilité du Parti et à sa décridibilisation vis-à-vis des électeurs.

    2. Vous oubliez également le franc succès de la rencontre entre Ségolène Royal et les militants (qu’ils soient, ne vous en déplaise, de Désirs d’Avenir ou/ET du Parti Socialiste) à l’Oratoire vendredi soir : plus de 800 personnes, de nombreuses personnalités… Vous avez probablement noté le passage lors de cette soirée de Julien Dray…

    3. Vous parlez du manque de soutien de Ségolène Royal au sein du Parti Socialiste et de l’absence médiatique de ceux-ci. C’est votre appréciation. Je vous renvois, à titre d’exemple, à la très bonne intervention de Vincent Peillon ce lundi sur RMC Info, que vous n’aurez probablement pas manqué d’écouter et d’apprécier.

    4. Quant à prétexter que Ségolène Royal est finie pour le poste de 1ère Secrétaire, laissez plutôt les militants en décider.

    Patrice

  29. grouchy dit :

    Il n’y a pas de censure chez les SD qu’ils s’appellent Pierre MOSCOVICI ou JC CAMBADELIS dés lors que les commentaires restent courtois.

    Il y a tellement peu de censure que tout le monde est au courant du qui fait quoi mange avec qui et se disent quoi…sourire

    Nous devrions, au dela de ce samedi qu’il me plait personnellement de considérer finalement comme un samedi intéressant….nous interroger sur le rôle de la presse et l’image qu’elle renvoie de notre parti.

    En quoi les négociations internes de x, y et z avec a, b ou c relèvent de l’information passionnante pour l’opinion publique? Si les français sont tellement intéressés par nos débats, prises de pouvoir et autres joyeusetés internes mais qu’ils viennent donc militer…ils verront tout celà de l’intérieur, çà leur paraitra moins exotique!

    Qu’ils sachent que cela vaut mieux tout de même que la césarisme de l’UMP!

    C’est notre goût du débat qui me semble intéressant de défendre…les socialistes débattent, choisissent, s’expriment, discutent, travaillent, s’engueulent (oui oui …c’est HUMAIN), reculent, se trompent, avancent, mais y arriveront.

    C’est çà l’essentiel….Il y avait 4000 militants à La Rochelle et une volonté ferme de dégager Sarkozy et sa bande en 2012….nos dirigeants, pour la trés grande majorité sont avant tout des MILITANTS…

  30. Brigitte Huttner dit :

    Affligeant, injurieux, méprisant … ce passage sur les « trois grands traumatismes » de notre Parti. Non pas uniquement à l’égard de Ségolène Royal, mais aussi et sûrement à l’égard de nous, militants. Pas terrible pour l’unité, Monsieur Cambadélis.

    Le troisième  » grand traumatisme » auquel vous faites référence dans votre « appel à l’unité », est en vérité ailleurs. Nous, militants, savons hélas où le trouver.

    Brigitte Huttner
    Séction de Villeneuve d’Ascq (59)

    Merci de ne pas censurer.

  31. jules Riebmeister dit :

    Cette histoire de déjeuner est une blague, montée en épingle par la presse. Heureusement qu’ils discutent ensemble, c’est la moindre des choses. Mais j’étais à l’AG de SD le vendredi soir à la Rochelle, et tout le monde semblait naturellement d’accord que notre candidat au poste de 1er secrétaire est Pierre MOSCOVICI. Je n’ai jamais vu, ni lu, ni même entendu que le pré-accord, signifiant un rapprochement, avec Martine AUBRY supposait, DE FACTO, qu’elle serait notre candidate au poste de premier secrétaire à la place de Pierre. Si c’est ça, je ne comprends pas, ou je ne comprends rien à rien. La clarification idéologique que nous appelons tous de nos voeux, la ligne réformiste que nous soutenons tous, font que nous devons absolument soutenir un candidat de notre courant au poste de 1er secrétaire, qui incarne ces choix. Je suis absolument pour le rapprochement avec Martine Aubry, je souhaite de tout coeur qu’elle co-signe la motion qui sera déposée le 23 septembre, mais Pierre Moscovici en est tout à fait naturellement le 1er signataire et notre candidat. Lors de cette AG, c’était vraiment acquis pour la très grande majorité de tous ceux qui étaient présents !

  32. Swann dit :

    Tentons d’y voir un peu plus clair. La configuration du PS est somme toute assez simple le jeudi soir : un pôle autour de Bertrand, un pôle autour de Ségolène, et, pour l’instant, différents pôles dont un majeur était autour de Pierre et Arnaud sans préjuger de ce que peuvent ou veulent faire Martine, Laurent, Henri, Benoît, …

    Le fait est que les deux premiers pôles sont de toute façon liés à deux présidentiables.

    Ensuite, l’enjeu majeur de ce congrès est évidemment l’après François et qu’il est primordial que ce congrès soit bien un après François donc sans concession à sa méthode qui a été au fil de ces 11 années un flottement sans densité permettant les réussites locales dont la somme peut constituer une réussite nationale, mais empêchant les victoires nationales présidentielles et législatives faute d’un parti susceptible de susciter les dépassements.

    Regardons maintenant ce qui est inévitable : quel que puisse être le pôle victorieux parmi les deux premiers, l’autre empêchera l’exercice de cette victoire, c’est même structurel, ne serait-ce que pour préserver les chances du ou de la candidate.

    Le seul moyen d’empêcher cela est de mettre en place des garanties pour l’exercice du gouvernement du Parti : tout d’abord permettre une refondation des propositions, cela implique l’organisation de conventions thématiques permettant un travail de fond en amont. Ensuite, une fois les propositions du Parti tranchées par ces conventions, il s’agit de dépasser le parti pour la désignation du candidat en organisant des primaires du « peuple de gauche » et éviter un néfaste éparpillement, et la plus large légitimation possible. Chose quasi-impossible si un présidentiable était d’emblée élu à la tête du parti.

    Pour ces deux raisons majeures, en ajoutant la nécessité d’un exercice du pouvoir du parti totalement différent du précédent exercice, il est logique d’en arriver à la conclusion suivante : il faut un large rassemblement de ceux qui sont d’accord avec ces options. Sans exclusive. Sans préalable de candidature au Premier secrétariat. Cela implique de ne pas laisser l’égo se substituer à la démarche.

    Cela implique de dépasser les traumas antérieurs. Je connais les raisons pour lesquelles je soutenais le « oui », et celles qui prévalaient dans le camps du « non », je sais aussi que nous partageons tous bien la même perspective d’une Europe sociale et que, d’accords sur cette perspective. Figer advitam eternam les anciens camps revient tout bonnement à dire que le Parti serait irréconciliable alors qu’en midifiant ses statuts il vient justement de faire son Bade Godesberg.

    Nous sommes donc dans une situation fort simple au regard des deux camps d’ores et déjà constitués, il faut une alliance large en accord sur la méthode pour définir le contenu cela implique de discuter avec Laurent, Henri, Gérard, Manuel, etc…

  33. Juliette dit :

    A la Rochelle ce week-end et particulièrement vendredi soir, j’ai pourtant eu l’impression que la ligne à suivre était très claire. Il ne faut pas rentrer dans la « pipolistation » et l’interprétation de tout et de rien. En attachant autant d’importance à ces rencontres, c’est nous qui restons dans la logique d’appareil.
    Une seule ligne: Nos propositions sont claires ! Alors, gardons la ligne et ne tombons pas dans le piège qui consisterait à nous désunir.

  34. Bangor dit :

    @ Robert
    « mais quels (sic) sorte de militants avez vous ? »

    Les mêmes que Pierre Moscovici, aucun problème. Il n’y a que quelques incompréhensions entre nous qui seront réglées.
    Quant à Montebourg, feignons de croire qu’il n’a pas trahi, puisqu’il le dit.

  35. Bangor dit :

    « Tu ne te trompes pas ». Pardon

  36. Bangor dit :

    @ Biltoleta (voir anonyme)

    Non, tu ne te trompe pas. J’étais aussi à l’assemblée générale, assis à côté de toi, et nous avons entendu la même chose en ce qui concerne la nature du mandat donné par l’AG. Il semble que nous n’ayons pas bien compris, c’est du moins ce que Camba a expliqué samedi soir lors d’un dîner de SD Paris. C’est possible. Je pense plutôt que quelques élus, en particulier parisiens, n’ont pas écouté ce que les militants de base souhaitaient. Disons qu’ils s’en moquent et que ce n’est pas ainsi qu’on bâtira un grand parti de masse.

    Cependant, je suis un incorrigible optimiste, et comme Jean-Christophe écrit que rien d’irréparable n’a été commis, je garde espoir qu’il reprenne langue avec Pierre comme si les pendules s’étaient arrêtées vendredi soir.

    Et de grâce, laissons Dominique tranquille et ne lui prêtons pas de sombres arrière pensées. Ce n’est pas lui rendre service.

  37. robert dit :

    je me permets de reposter mon message :
    (je préfère croire que plutôt que de censure il s’agit d’un problème technique)

    Consternante lettre.
    Affligeante attitude.
    Royal comme un traumatisme ?
    Et votre grand éccart DSK Fabius en passant par Aubry vous pensez qu’il va convaincre qui à part vos fans à vous. Je m’amuse de lire Marc d’Héré parler des fans de Royal qu’il voit comme sortie du tableau quand sa contribution est celle qui réuni le plus de signature. Qui trouve ses soutiens timides quand Peillon vient de faire une sortie autrement plus sincère et plus retentissante que les affligeantes justifications qu’on trouve ici.
    Vous taclez aussi Delanoé qui serait perdant pour avoir respecté le principe de la non guerre des ego !

    c’est formidable Delanoé, Moscovici et Royal respectent l’université d’été et ce sont eux les perdant ?? mais quels sorte de militants avez vous ?

  38. Tristan L. dit :

    @Anonyme

    Je ne comprend pas pourquoi le fait d’être allé à la réunion de Fabius est une trahison. J’y étais et camba a été très clair en expliquant que nous devions nous parler, que le rassemblement du PS était un enjeu historique pour être crédible auprès des français. c’est tout.

    En ce qui concerne le déjeuner du samedi midi, Mosco était évidemment au courant et il a lui même déclenché la crise en refusant de s’y rendre alors qu’il était je le rappelle présent le 1er juin à la réunion des Reconstructeurs !

  39. Monique dit :

    L’avenir te donnera raison.

  40. Biltoleta dit :

    Anonyme, c’était moi, pb technique

  41. flodu71 dit :

    Tout de meme,reconnaissez qu’avec ce dejeuner sans Mosco vous avez fichu un sacré bordel. C’est exactement ce genre de tractations qui ont coulé le PS, qui dégoutent les militants et agitent la presse. Avant, ça se faisait dans les couloirs, aujourd’hui, c bete pour vous, c filmé. Si deux strauss-kahniens se font aussi des coups fourrés, on peut encore bien dégringoler. Et en plus, pour vous, c contre productif, puisque l’image de calimero trahi de Moscovici va lui etre bénéfique, surtout qu’il a du faire expres d’aller à cette terrasse là, juste en face. C’est bien connu, il n’y a que deux terrasses de café à la Rochelle.. Aviez vous mesure ce buzz négatif pour le PS ? Et pendant ce temps les militants travaillent dans les ateliers…

  42. Line dit :

    Bonjour,

    J’apprécie ta clarification même si, pour moi, c’était déjà clair.

    Je souhaite aussi te dire que ta démarche à la Rochelle m’a semblé logique et dans la droite ligne de ce qui s’était engagé depuis quelques mois avec les reconstructeurs et en cohérence avec ton propos à la réunion SD du vendredi.

    Dépasser nos affrontements d’hier pour construire le parti de demain est un chemin plein d’audace et de courage, mais c’est le seul qui nous amènera à une reconquête de nos citoyens.

    Cela est au prix de quelques concessions.

    Je travaille tous les jours avec des militants proches de Fabius ou du NPS et notre ambition pour le parti et pour la France ne me semble pas si éloignée.

    Je préfère largement des militants qui ont des convictions, qui assument leur différence.

    Et si par le plus grand des hasards, les tenants de la ligne claire ne seraient pas avec nous, je ne pense vraiment que cela nuise à notre cohérence.

  43. Anonyme dit :

    il ne s’agit pas de construire une majorité avec des noms mais avec des idées et un projet, un socle sur lequel peuvent se tisser de solides convergences de fond, et taxer à cet égard Pierre d’aveuglement par ambition personnelle est un peu fort de café, j’étais là vendredi soir, et les choses étaient très claires quant à sa personne , aux objectifs, à la méthode, et aux priorités

    il est intéressant d’avoir la vision de Jean-Christophe, cela nous éclaire quant à ce qui est souvent présenté comme une rivalité de personnes, justement, mais est en réalité une différence d’analyse, de vision stratégique ou de positionnement, ou de calendrier, normalement rien d’à priori antagoniste ou bloquant en effet

    vendredi soir depuis la salle, on retenait unanimité, approbation de toute la salle, concernant les objectifs, la méthode, les étapes, les interlocuteurs, présentés par Pierre et confortés par Jean Christophe : rapprochement avec Martine Aubry, et avec La ligne Claire

    je rejoins tout à fait ce que décrit Daniel Lattanzio, je ne vois pas ce qu’on reproche à Pierre, qui suit la feuille de route de manière progressive et logique

    à noter que dans la salle les remarques émises portaient presque toutes sur des interrogations, voire plus, concernant Laurent Fabius

    unanimité observée sur le reste

    totale sur ce que je formulerais comme « pas d’ostracisme envers Laurent Fabius et les fabiusiens, mais pas de contact privilégié non plus avec Laurent Fabius » (« que j’ai compris comme on ne va pas chercher Laurent Fabius, mais on ne ferme pas la porte aux fabiusiens qui nous rejoindraient sur le fond » )

    pour ceux qui y étaient, je me trompe?

  44. Luc Froment dit :

    Un message de soutien dans une période complexe. Le rassemblement du PS est fondamental pour obtenir l’écoute des français. Il faut savoir mettre de coté les vieux démons (Rennes, etc…). Merci à vous et continuez !

    Un militant de base.

  45. Marc Cantet dit :

    M. Cambadélis, je pense que vous avez raison en dénonçant (c’est écrit entre les lignes) une manipulation et une instrumentalisation de M. Moscovici, aveuglé par ses ambitions. Tous cela sert qui ? Hollande bien entendu qui avec les difficultés que nous rencontrons se retrouve au centre d’une majorité potentiellement plus stable que celle que vous essayez de construire avec Martine Aubry.

    Je vous ai regardé hier sur LCI, en effet j’étais présent lors d’un débat européen et j’ai constaté avec soulagement une parfaite harmonie dans les positions des uns et des autres. C’est très encourageant pour la suite.

  46. marc d'Héré dit :

    Le Parti socialiste a donné à La Rochelle un édifiant spectacle de divisions et de combines. Les observateurs soulignent très justement ce fait, je n’y reviendrai pas, mais j’essaierai d’aller plus loin dans l’analyse et de décrire, telle qu’elle m’apparaît, la situation réelle des forces et des leaders au sein du parti, au lendemain de ce week-end.

    Bertrand Delanoë d’abord, qui devait être le grand triomphateur de cette université, ne l’a manifestement pas été, et a donc subi un, relatif, revers. Dans le combat qu’il mène et qu’il a officiellement annoncé, pour conquérir le parti, il a trouvé peu de soutiens et ceux qu’il semble avoir obtenu évoquent davantage l’archaïsme que la rénovation, le passé que l’avenir (Jospin! Guigou, Hollande…). Dépourvu de convictions, ne sachant trop quelle sera la meilleure ligne pour lui, il godille, évoquant l’héritage de Mitterrand (toujours le modernisme !), la fidélité à l’Union de la Gauche (une idée neuve il y a 40 ans), le refus ambigu de l’alliance avec Bayrou, la défense d’un libéralisme qu’il définit mal, et nouveauté des nouveautés, l’écologie, ce qui doit éberluer les écologistes parisiens, qui savent le mal qu’ils ont à faire passer leurs idées à l’Hôtel de Ville….Hier soir, sur la 2, répondant aux questions particulièrement complaisantes de Marie Drucker, il a donné un bel exemple de langue de bois et de vide…

    Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti. Peillon, Rebsamen et Bianco, qui aux dernières nouvelles la soutenaient encore plus ou moins, se font d’une discrétion inhabituelle…Pour le premier secrétariat, je crois qu’on peut l’affirmer, Royal c’est fini !

    Echec du couple médiatique Delanoë-Royal, réussite de Martine Aubry. Sans y toucher, elle s’impose au centre du jeu (je me permets de rappeler que je l’avais annoncé le 11 juillet sur ce blog). Ses soutiens vont, semble t-il, de Mauroy à Fabius en passant par Cambadélis, Montebourg (qui ont du soir au lendemain abandonné Moscovici), les fédérations du Nord et du Pas-de Calais…Elle ne dit rien non plus, sinon que le PS doit se mettre au travail, mais elle le dit avec autorité. Et son prestige est toujours grand auprès des militants, qui lui sont reconnaissants (les militants PS sont des gens bizarres !) d’avoir imposé les 35 heures, responsables pour une grande part de leurs défaites. Aujourd’hui c’est sans doute elle la mieux placée pour devenir « Premier secrétaire », d’autant qu’elle pourrait bénéficier in fine, du soutien de la prétendue gauche du parti (Hamon, Emmanuelli, et peut-être même, ce qui fait rêver, Mélanchon et Lienneman….).

    Pour les autres, si Dray, est éliminé de la course, comme Le Branchu, Pierre Moscovici, trahi par Cambadélis et Montebourg, mais bien entouré par le courant presque « social libéral » du PS (Gérard Collomb, Valls, la fédé des Bouches du Rhône), garde une petite chance et pourra peut-être jouer les arbitres…

    Si j’essaie de me projeter encore davantage dans l’avenir, en sachant que c’est bien risqué, je dirais que Martine Aubry sera Premier secrétaire. Elue difficilement et otage de la partie archaïque du parti (la gauche Emmanuelliste et quelques sociaux démocrates version 36-45), soumise au feu roulant des critiques, fraternelles, de ses camarades et collègues dirigeants , elle ne pourra pas rénover le parti. Rien d’important ni de courageux ne se fera et c’est un parti toujours sans projet, et perclus de divisions, qui choisira en 2011 son candidat pour la Présidentielle. Ils seront certainement plusieurs à vouloir tenter leur chance et à tout faire pour barrer la route des autres : Aubry, bien sûr, Royal ça va de soi, même si, déconsidérée elle ne sera plus vraiment dans la course, Delanoë qui continuera à chercher sa voie, en regardant dans les yeux, les Françaises et les Français, Hollande qui ne pense qu’à ça depuis 15 ans, Fabius, dans le même cas depuis 30, Moscovici que sa défaite pour le premier secrétariat aura délié de son serment de n’être pas candidat, peut-être aussi DSK, s’il revient de Washington, ce qui est peu probable mais pas impossible, et pourquoi pas un ou deux autres….

    Difficile de trouver le futur lauréat dans cet amas de candidats qui diront tous à peu près la même chose, et ne défendront aucune idée nouvelle. J’avoue ne pas pouvoir me prononcer même si, connaissant l’habileté de Hollande (plus libre qu’en 2007) et le talent de communicateur de Delanoë, je ne serais pas surpris que cela se joue entre eux deux ! Tant pis, alors pour le socialisme et le PS….Mais je peux me tromper.

    Marc d’Héré

  47. marc d'Héré dit :

    Le Parti socialiste a donné à La Rochelle un édifiant spectacle de divisions et de combines. Les observateurs soulignent très justement ce fait, je n’y reviendrai pas, mais j’essaierai d’aller plus loin dans l’analyse et de décrire, telle qu’elle m’apparaît, la situation réelle des forces et des leaders au sein du parti, au lendemain de ce week-end.

    Bertrand Delanoë d’abord, qui devait être le grand triomphateur de cette université, ne l’a manifestement pas été, et a donc subi un, relatif, revers. Dans le combat qu’il mène et qu’il a officiellement annoncé, pour conquérir le parti, il a trouvé peu de soutiens et ceux qu’il semble avoir obtenu évoquent davantage l’archaïsme que la rénovation, le passé que l’avenir (Jospin! Guigou, Hollande…). Dépourvu de convictions, ne sachant trop quelle sera la meilleure ligne pour lui, il godille, évoquant l’héritage de Mitterrand (toujours le modernisme !), la fidélité à l’Union de la Gauche (une idée neuve il y a 40 ans), le refus ambigu de l’alliance avec Bayrou, la défense d’un libéralisme qu’il définit mal, et nouveauté des nouveautés, l’écologie, ce qui doit éberluer les écologistes parisiens, qui savent le mal qu’ils ont à faire passer leurs idées à l’Hôtel de Ville….Hier soir, sur la 2, répondant aux questions particulièrement complaisantes de Marie Drucker, il a donné un bel exemple de langue de bois et de vide…

    Ségolène Royal, elle, confirme qu’elle disparaît peu à peu du film. De passage à La Rochelle, elle a lancé à quelques militants en extase un « Aimez-vous les uns les autres », particulièrement bien adapté à la situation, avant de disparaître pour éviter tout débat. Elle garde des groupies fanatiques, beaucoup même, mais ne bénéficie plus d’aucun soutien de poids dans le parti. Peillon, Rebsamen et Bianco, qui aux dernières nouvelles la soutenaient encore plus ou moins, se font d’une discrétion inhabituelle…Pour le premier secrétariat, je crois qu’on peut l’affirmer, Royal c’est fini !

    Echec du couple médiatique Delanoë-Royal, réussite de Martine Aubry. Sans y toucher, elle s’impose au centre du jeu (je me permets de rappeler que je l’avais annoncé le 11 juillet sur ce blog). Ses soutiens vont, semble t-il, de Mauroy à Fabius en passant par Cambadélis, Montebourg (qui ont du soir au lendemain abandonné Moscovici), les fédérations du Nord et du Pas-de Calais…Elle ne dit rien non plus, sinon que le PS doit se mettre au travail, mais elle le dit avec autorité. Et son prestige est toujours grand auprès des militants, qui lui sont reconnaissants (les militants PS sont des gens bizarres !) d’avoir imposé les 35 heures, responsables pour une grande part de leurs défaites. Aujourd’hui c’est sans doute elle la mieux placée pour devenir « Premier secrétaire », d’autant qu’elle pourrait bénéficier in fine, du soutien de la prétendue gauche du parti (Hamon, Emmanuelli, et peut-être même, ce qui fait rêver, Mélanchon et Lienneman….).

    Pour les autres, si Dray, est éliminé de la course, comme Le Branchu, Pierre Moscovici, trahi par Cambadélis et Montebourg, mais bien entouré par le courant presque « social libéral » du PS (Gérard Collomb, Valls, la fédé des Bouches du Rhône), garde une petite chance et pourra peut-être jouer les arbitres…

    Si j’essaie de me projeter encore davantage dans l’avenir, en sachant que c’est bien risqué, je dirais que Martine Aubry sera Premier secrétaire. Elue difficilement et otage de la partie archaïque du parti (la gauche Emmanuelliste et quelques sociaux démocrates version 36-45), soumise au feu roulant des critiques, fraternelles, de ses camarades et collègues dirigeants , elle ne pourra pas rénover le parti. Rien d’important ni de courageux ne se fera et c’est un parti toujours sans projet, et perclus de divisions, qui choisira en 2011 son candidat pour la Présidentielle. Ils seront certainement plusieurs à vouloir tenter leur chance et à tout faire pour barrer la route des autres : Aubry, bien sûr, Royal ça va de soi, même si, déconsidérée elle ne sera plus vraiment dans la course, Delanoë qui continuera à chercher sa voie, en regardant dans les yeux, les Françaises et les Français, Hollande qui ne pense qu’à ça depuis 15 ans, Fabius, dans le même cas depuis 30, Moscovici que sa défaite pour le premier secrétariat aura délié de son serment de n’être pas candidat, peut-être aussi DSK, s’il revient de Washington, ce qui est peu probable mais pas impossible, et pourquoi pas un ou deux autres….

    Difficile de trouver le futur lauréat dans cet amas de candidats qui diront tous à peu près la même chose, et ne défendront aucune idée nouvelle. J’avoue ne pas pouvoir me prononcer même si, connaissant l’habileté de Hollande (plus libre qu’en 2007) et le talent de communicateur de Delanoë, je ne serais pas surpris que cela se joue entre eux deux ! Tant pis, alors pour le socialisme et le PS….Mais je peux me tromper.

    Marc d’Héré

  48. JL Parise dit :

    La machine était depuis le départ trop compliquée, elle explose dès la première tentative pour la faire fonctionner « pour de vrai ». Vouloir rassembler est utile et légitime, la notion de rassemblement est à l’antipode de celle de « coup ». Ironie de l’histoire (avec un petit, très petit »h ») : c’est la question de la « présidentialité » de telle ou tel qui se révèle le maillon faible de votre dispositif, question que vous avez jetée au visage de nombre de vos camarades.
    Les ex « jospiniens » sont divisés, les strausskahniens sont divisés, quel rassemblement…
    La question du candidat 2012 n’étant pas posée aujourd’hui, quelles idées font la particularité de votre « rapprochement » ?

  49. Evgueni dit :

    Mais enfin c’est quoi le problème avec Fabius ???

  50. Cher Jean-Christophe,
    J’ai du mal à suivre les explications. Si l’accord de fusion (des contributions) avait déjà été signé avec Martine Aubry, en quoi celà posait-il un problème de signer avec La Ligne Claire ensuite puisque c’était l’ordre qu’elle souhaitait ?
    Cet accord avec la Ligne claire a bien été entériné vendredi soir, il me semble. Puis acté samedi soir.
    Et surtout si on comprend bien, il a été signifié aux amis de Fabius qu’ils ne faisaient pas partie de la fusion lors de ce déjeuner. C’est tout le contraire qui a été compris par les médias.
    Qu’a voulu dire Martine Aubry en parlant d’un rapprochement avec Fabius si ce n’est motion commune donc fusion des contributions ? Fabius l’a compris ainsi.
    Tout ceci n’est pas clair. Qu’est ce qu’elle veut Martine Aubry au final ? Est ce qu’elle serait candidate en 2012 ? Il suffit d’une réponse en trois lettres : oui ou non.