Le blog-notes n° 50

par · 4 septembre 2008

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Obama / Mc Cain

Le débat aux Etats-Unis est des plus classique. Les démocrates sont les libéraux « au sens où Bertrand Delanoë l’entend » et les conservateurs sont réactionnaires à l’évolution des mœurs, à l’extension des libertés. Barak Obama a un peu infléchit son discours vers les couches moyennes salariées, les exclus reprenant les propositions de Hillary Clinton. Mc Cain campe lui le « chef » en temps de guerre, « l’homme qu’il nous faut » comme le dit le message de G.W Bush.

On retrouve ici la campagne de Bush contre Kerry.

Toute la question sera de savoir si les tensions internationales voire les attentats et, c’est là le paradoxe, provoqueront un réflexe sécuritaire ruinant l’élégante silhouette de Barak Obama ; Ou si les Américains confrontés à la crise voudront changer.

Ce décor est planté. Il ne dépend pas seulement des deux finalistes.

Ni complaisance, ni refoulement

Nicolas Sarkozy, sur son tapis volant diplomatique, va d’un conflit à l’autre. Il ne recherche pas une solution mais une image : l’homme d’état affairé… Donc peu lui importe que son mini plan de paix échoue en Géorgie. L’essentiel est d’être là à temps pour la photo.

La réaction européenne à l’annexion de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie par Moscou n’a pas dû faire trembler l’ours Russe. L’essentiel d’ailleurs réside plus dans la position commune que dans la sanction elle-même.

Ce qui est frappant c’est l’incapacité des Européens de sortir du discours dominant Américain.

Si il n’est pas question d’accepter une annexion, il n’est pas non plus question de cautionner la stratégie du « refoulement » Russe préconisée par les USA. Après la stratégie de l’endiguement de la guerre froide, il s’agit pour l’administration Américaine de refouler les Russes sur la seule Russie. Les USA veulent prendre pied dans toutes les républiques et anciens satellites soviétiques.

Le soubassement de cette guerre « chaude » est évidemment la maîtrise des sources d’énergies et de leur acheminement.

Circulez y’a rien à voir !

Ce qu’il y a de dérangeant dans l’affaire Clavier / Rossi, ce n’est pas seulement la protection d’un clan. La privatisation de l’Etat au service du prince. C’est dans la nature du Sarkozysme. C’est la réflexion de François Fillon : « Nous n’avons pas à nous expliquer sur la décision que nous avons prise ». Mais dans quelle république sommes nous, si l’exécutif n’a pas de comptes à rendre à la représentation nationale et au peuple ?

A propos d’une victimisation

Il est de bon ton, parait-il, dans la politique moderne d’exposer son « moi », ses blessures. J’observe cette dérive, je dois vous l’avouer, j’ai du mal à m’y faire. Disons le ce n’est ni ma culture, ni ma nature. Je distingue pour des raisons philosophiques, la sphère du politique de celle du privé. Si on confond les deux, alors la pipolisation n’est pas loin avec comme conséquence la dépolitisation et l’affaiblissement de la citoyenneté. Les néo-conservateurs Américains ont poussé au bout cette logique en mettant la religion – domaine privé – au cœur de la décision publique. Mais voila, aujourd’hui la victimisation est le meilleur moyen de faire avancer ses pions. Ségolène Royal nous l’a démontré. D’autres ne s’en sont pas privés.

Ce qui est remarquable avec la victimisation, le « on a trahi, voir on m’a trahi » comme Ségolène Royal l’a fait au lendemain de la présidentielle, c’est qu’elle occulte toujours la propre démarche de la prétendue victime. Les gestes, les actes, les blessures que provoque la mise en mouvement de cette dernière sont de l’ordre du naturel puisqu’ils proviennent de sa « mission ». Par exemple Ségolène Royal ne fait, le jour de son investiture, aucun geste pour associer DSK ou Laurent Fabius. Elle les humilie en public mais ne se « gratte » pas pour leur reprocher, et à d’autres, de l’avoir trahi pendant la campagne.

Cette méthode est détestable car elle mélange tout. L’affect et la politique, elle brouille les repères et transforme l’adhésion à une personnalité en un lien de subordination qui exclu le rationnel. Depuis un an, j’ai pu être passablement écoeuré par des initiatives de telle ou tel dans notre collectif. Voire des distances prises vis-à-vis de Dominique. J’ai toujours réagi politiquement. En séparant l’amitié, qui pour moi n’est pas à géométrie variable, du politique. L’affection va au delà de la politique car si la politique est dans la vie, mais ce n’est pas toute la vie. L’affect est refuge du « moi » et procède du « je » et la politique du « nous ».

Alors vous allez vous demander, mais qu’est ce qu’il lui arrive ?

Si je fais cette petite mise au point c’est pour répondre à cette avalanche de mails, de coups de fil me soutenant ou me reprochant de ne pas avoir répondu aux propos de Vincent Peillon sur les « malfaisants ».

D’abord je n’étais pas cité et ensuite comme je viens de le dire, je n’aime pas la victimisation. Non, ma réflexion fut qu’il y a dans la violence des propos, un peu de Vincent lui-même, et il s’agissait surtout d’empêcher ou tout du moins d’entacher ce que nous tentons de faire avec Martine et Pierre (oups ! ne rouvrons pas le débat). Incorrigible politique !

Brèves de congrès (1)

Il y a dans le Parti socialiste un triple sentiment, une profonde envie de renouvellement, de renouveau, mais aussi un désir de voir le PS incarné le tout dans la stabilité. Bref l’état d’esprit du Parti socialiste c’est le changement dans le rassemblement. On ne peut répondre à ces trois demandes qu’en étant exigeant sur le fond. Il faut inventer le réformisme des temps nouveaux, dans la continuité de notre dernière déclaration de principe.

Le renouvellement et la stabilité sont liés. Si on reproduit les clivages du passé, alors on n’aura ni le rassemblement ni l’inventivité.

Il faut donc dépasser les trois sources de l’instabilité du PS : le congrès de Rennes, le référendum sur la constitution Européenne et la désignation aux dernières élections présidentielles de Ségolène Royal.

Il s’agit de construire un nouvel alliage, mais ni une nouvelle droite au PS, ni une nouvelle gauche. Bref nous nous travaillons à un nouvel « Epinay », un « Epinay » réellement réformiste.

Brèves de congrès (2)

François Hollande emploie depuis quelques jours avec talent un argument affligeant. Le rassemblement majoritaire avant le débat. C’est curieux quand même de décréter qui doit s’assembler avant d’avoir débattu.

Brèves de congrès (3)

Vincent Peillon a stigmatisé les « malfaisants ». Le 1er secrétaire s’est bien gardé comme d’autres de réagir, tant cette réflexion leur semblait donner de l’eau à leur moulin. L’éthique sans doute ! Les psychanalystes disent que l’on en parle que de soi. Il est vrai que la façon dont Vincent Peillon a évincé Arnaud Montebourg au congrès du Mans n’était pas totalement bienfaisante.

Brèves de congrès (4)

Il est quand même formidable de voir François Hollande stigmatiser une alliance pas encore couchée sur le papier, entre quelques uns et Laurent Fabius, au nom de la cohérence. Alors que le même nous vantait la synthèse au Mans avec la contribution Fabius qui était beaucoup plus à gauche que celle d’aujourd’hui. Mais François Hollande superbe… « Qui lit les contributions ? »

Brèves de congrès (5)

Le rapprochement entre Bertrand Delanoë et François Hollande comme je l’ai évoqué lors de l’Assemblée Générale « Besoin de gauche », me fait dire qu’il faut se hâter. Notre courant retrouvera son équilibre dans l’application de la fusion avec Martine Aubry. Notre résolution de La Rochelle ce n’est certes pas l’accord privilégié avec les Fabiusiens, ce n’est pas de les faire fuir non plus, ni de travailler au renoncement de Martine Aubry, encore moins à une petite motion avec « Ligne Claire » que personne n’envisage sérieusement.

Donc nous sommes condamnés à nous entendre ! Nous sommes à deux doigts de réussir ! Je m’y emploierais !

A moins bien sûr que « préalable », « exclusive » et autres ne soient que des moyens dilatoires pour d’autres fins.

catégorie Ecrits