Le Blog-notes N°51

par · 15 septembre 2008

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L’Insouciance française

La France s’amuse… Elle reçoit le pape, regarde d’un œil nonchalant les prestations de ses champions. Et, bien sûr, enrage contre la hausse du pouvoir d’achat.

Bref, elle passe le temps et vaque à ses problèmes domestiques dans cet automne qui commence sous les couleurs d’un été indien.

Pourtant là bas au bout du continent se joue l’avenir de ce dernier. Le conflit entre la Géorgie et la Russie n’a rien d’anecdotique. C’est le premier effet de la réorientation stratégique de l’administration Bush. En effet, les Etats-Unis sont passés de la guerre froide avec sa stratégie de l’endiguement soviétique à la stratégie du refoulement russe. Les Américains prennent pied dans toutes les républiques limitrophes de la Russie pour maîtriser l’acheminement du pétrole et du gaz russe.

Les Russes, dans un contexte international de raréfaction et de hausse des matières premières ont fait de l’énergie, l’arme de reconquête de leur puissance.

Nous avons la source d’un conflit majeur. Nicolas Sarkozy ne semble pas la voir. Les conditions d’une déflagration s’amoncèlent.

Insensiblement, nous passons de l’égratignure à la gangrène. Le déploiement des missiles en Pologne, les pressions pour l’entrée de l’Ukraine à marche forcée dans l’Europe. Tout cela prépare une crise majeure. D’autant que Nicolas Sarkozy a imprudemment ouverte la cage de l’ours russe en déclarant : « reconnaître aux dirigeants russes le droit de défendre les intérêts des russophones à l’extérieur de la russie. »

L’engrenage de la crise financière

Chaque jour apporte son lot de catastrophes économiques et financières. Alan Greenspan a beau dire que nous vivons la « crise la plus grave depuis 50 ans ». Wall Street a beau être sans dessus dessous avec la faillite de Lehman Brother et le rachat de Menill Lynch par la « Bank of America » et avant le dépôt de bilan. Le trésor Américain a beau avoir mis la main à la poche pour sauver, ici ou là, ses institutions financières. Cela n’émeut personne.

En France, on laisse encore le gouvernement nous dire benoîtement « tout va bien ».
Le gouvernement a déjà amputé sa capacité d’agir de 12 milliards d’euros avec son paquet fiscal. La baisse de la croissance va encore coûter, selon la commission des finances, sept milliards d’euros.

Et il n’y aurait ni récession, ni austérité en vu. Mais de qui se moque-t-on ? Les propos lénifiants endorment les consciences et abaissent les défiances.

Face à la crise financière mondiale, il y existe au sommet de l’état Français comme un « esprit munichois ».

Il y a urgence à un plan de défense européen. Il y a urgence à informer la nation française. Mais la stratégie de l’autruche semble pour l’heure le seul remède préconisé par les « diafoirus » qui nous gouvernent.

Que l’on ne se trompe pas… La plaine est sèche. Le français voit non seulement « le gagner plus » s’éloigner mais « le dépenser moins » s’imposer. Mais ceci se combine à l’avalanche de plans de licenciements. Et la posture impavide du pouvoir renforce une inquiétude grandissante. Un jour, les Français ne feront pas que protester dans les sondages.

Les vrais débats au PS

Si on évacuait les débats de personnes pour évoquer le débat de fond au PS, le débat serait plus simple.
Il n’y a plus chez les socialistes de débat idéologique. La déclaration de principes, adoptée en juin dernier, a définitivement réglé le rapport à l’économie de marché et imposée la domestication écologique et sociale de l’économie de marché.
Il n’y a pas non plus de débat programmatique. Nous en avons eu plusieurs et ce sont les années à venir autour de conventions qui permettront de bâtir l’offre en ce domaine.

Il y a, par contre, un débat stratégique, un débat politique et une question organisationnelle.
Le débat stratégique n’est pas secondaire. Il oppose ceux qui sont favorables à un dialogue privilégié avec le MODEM à ceux qui pensent qu’il faut rejeter Bayrou et Besancenot et à ceux enfin qui proposent la « maison commune » de la gauche sans exclure des ralliements futurs.
Il y a ensuite la question politique. Il y a ceux qui crânement disent « mettons la désignation de la présidentielle derrière nous ». Traitons le problème maintenant et mettons nous au travail pour faire gagner notre candidat. Il y a ceux qui veulent la restauration du 1er secrétaire tel qu’il fut sous Mitterrand ou Jospin. Pour eux la crise du PS se réduit à la seule crise de son leadership. Les idées existent et la stratégie dépend d’un PS restauré. Il y a enfin ceux qui disent « il faut un dépassement de ce qui produit l’instabilité ». Il faut donc surmonter les trois crises : Rennes, le référendum Européen, la désignation aux présidentielles. Il n’y a une nouvelle donne qui impose un renouveau.
Enfin la question organisationnelle est celle des primaires. Il y a ceux qui les veulent de Bayrou à Besancenot, ce qui est fort logique puisqu’ils sont pour trancher la question du candidat dès ce congrès.

Il y a ceux qui les refusent parce qu’il estime que dans un parti restauré, le 1er secrétaire serait le candidat légitime. Il y a enfin ceux qui voient dans les primaires le moyen d’externaliser la sélection du présidentiable et lier autant que possible les partenaires à un projet commun.
Aucune de ces trois positions n’est indigne. D’ailleurs il est temps que nous rentrions dans le vrai débat parce que la vraie fausse partie de « cache cache » commence à être fatigante.
Encore huit jours et chacun se rangera derrière l’une de ces trois orientations à vocation majoritaire. Même s’il est vrai qu’il y aura comme toujours le questionnement de la gauche sur les « impasses » du réformisme à l’époque de la mondialisation. Et de bonnes âmes pour crier « halte au feu » n’ayant pu imposer le leur.

catégorie Ecrits

Les commentaires2 Commentaires

  1. sebausore dit :

    Bonjour Mr Cambadélis.

    J’aimerais vous posez qqs questions, a vous mais aussi a vos amis socialistes(Moscovici aussi). Tout les experts savent que la seule solution en matiere d’énergie et l’augmentation radicales du prix des énergies fossiles. Etes vous d’une part d’accord? et enfin, etes vous pret a l’expliquer au gens et a prendre des mesures radicales?

    Sébastien.

  2. sebosaure dit :

    A quand une regulation des marché financier ?, qd va t’on stopper la mégalomanie des patrons voyoux, des politiciens incompétents , cynique et nombriliste ? (Patrcik arthus, Globalisation le pire est a venir) Quand la génération 68 va rendre l’argent qu’elle a pris a ses enfants ?(Papi crash, Nos enfants nous hairons, Comment nous avons ruiné nos enfants) Quand est ce qu’on va investir dans le futur, dans les grands projets de recherche? A quand une réforme des retraite juste pour les jeunes qui travaillent ? A quand une europe politique, dont les objectifs seraient l’education, la paix avec la force de ses convictions (et donc une armée européenne forte). Je crois que nous sommes en fait dans des républiques faibles, on fait la morale a tout le monde mais on est vraiment pitoyable. Dans tout les diomaines, c’est simple, on fait le contraire de qu’on devrait faire? Les politiciens sont faibles , on le sait bien, on vis dans des etats totalement trusté et corporatistes.

    et oui le gens sont insouciant, il s’amuse alors que tout tourne a l’envers. je dirais pas que ce soit de l’inscousiance d’ailleurs mais de la betise, les gens réclament du pouvoir d’achat, il ne penses qu’a cela. acheter acheter acheter ! Je crois que les gens devraient lire les bons livres au lieu d’en vouloir plus.

    Pour un cure de réel, je propose de :

    s’interesser au 11 septembre deja, sur le site reopen 911. qui permet a l’occident de faire la guerre a peu pret a tout le monde sous couvert de la morale. laissez moi rire.

    de s’interesser a la génération des années 40/50, cette bande de voyous qui s’est gavé et qui nous refillent ses dettes de santé, s’est octroyé de bon salaire, de bonne retraites et se permet de nous revendre leur bien immobilier a des prix exhorbitant qui vont handicapé nos vies (la triple rente !!).Lisez donc les livres suivants sur cette génération.
    le papy crash, Nos enfants nous hairont plus tard, comment nous avons ruiné nos enfants. Il s’agit de livre ecrit par des gens brillants, aux titres choc , mais dressant des bilans tout ce qu’il y a de plus objectif.

    Plus généralement, sur la globalisation, les delire financiers, lisez le livre de patrick arthus (polytechnicien économiste) : Globalisation, le pire est a venir.

    Enfin sur le climat, la consomation d’hydrocarbure, regardez enfin la conference de jancovici sur le net, ou bien les document relatif au pics prétolier sur le net.

    plus ca va, moins je suis de gauche, plus je suis énervé.