Le Blog-notes n°52

par · 29 septembre 2008

bloc_note_copieV2.jpgLa crise financière est aussi une déroute idéologique

Au-delà des cascades de crashs bancaires, par-delà des milliards d’euros partis en fumée ; le choc financier est aussi une idéologique. Voir ou entendre Ernest Antoine Seillière plaider que « le règlement n’est pas contraire au libéralisme » illustre s’il en était besoin, le retournement opéré par les contempleurs du libéralisme. Personne n’évoque plus la main invisible du marché, encore moins le « laisser faire ». « Le règlement », ou « l’Etat », jugé hier comme une « servitude » pour le marché sont devenus garanties de bonne santé économique.

La sortie de route du libéralisme financier a failli emporter le libre marché. Le spectre de la crise de 1929 a conduit les idéologues à revoir dare-dare leurs classiques. Mais évidemment une fois la bourrasque passée, on reviendra au petit trot au libéralisme. Mais rien ne sera comme auparavant. Sur le plan économique et idéologique, le temps des régulations est advenu.

Lorsque nous évoquions dans ces colonnes la nouvelle phase de la mondialisation, via une crise de dérégulation financière, nous étions loin d’imaginer le moment présent et la rupture qu’il représente.

Cette crise est pour le libéralisme un équivalent à la chute du mur de Berlin pour le communisme. Nous sommes dans un moment où le pendule de l’histoire hésite. Le Parti socialiste Français et la gauche Européenne doivent saisir le moment. Dans ce sens les propositions de DSK dans le JDD d’hier nous semblent non seulement régulatrices, mais aussi une source d’inspiration pour un réformisme de gauche… Le PS doit s’attacher à définir son nouveau modèle… Cela nécessite un peu plus que de l’incantation de certains et le discours de l’incarnation… pour d’autres… Nous y reviendrons !

Le populisme d’Etat

La chasse aux parachutes dorés est donc ouverte… Consternés par l’ampleur de la crise les libéraux tentent d’installer un discours de contestation.

Évidement lorsqu’on demande aux contribuables de mettre la main à la poche, il faut des victimes expiatoires.

Voir le Président de la République qui n’avait de cesse de s’afficher avec les puissants, faire les gros yeux devant l’argent roi fait franchement sourire…

Incapable de faire face parce qu’il a vidé les caisses. Il tente le verbe pour faire diversion avec une sorte de populisme comme couverture. Quant au retour de l’Etat dans le discours libéral c’est le Bonapartisme du pauvre.

JFK : le Taliban du centre !

Jean-François Kahn est à la retraite et il s’ennuie… donc il écrit. Il exerce une sorte de magistère aigre avec un zeste de « Tatie Danielle » pour tout ce qui ne pense pas comme lui. Mais derrière le feu des mots, il y a la réalité des faits. JFK est aussi candidat sur les listes du MoDem aux élections Européennes. Alors il fait le job pour son ami François Bayrou qui vient de s’en prendre à DSK… les sondages sont passés par là.

Son dernier ouvrage propose tout simplement de « dissoudre le PS », là où nous voulons le reconstruire.

Comme souvent chez JFK, la plume va vite, très vite, trop vite et parfois nous avons droit à une enfilade de jugements à l’emporte pièce digne de l’almanach Vermot…

JFK dynamite tout avec en ligne de mire son élection car faire gagner le centre, c’est se faire élire. Me revient en mémoire une discussion animée et passionnante où JFK se grattait avec obstination l’oreille gauche avec la main droite, en passant par-dessus sa tête. Cette arabesque improbable résumait pour moi l’extrême centre. Mais à l’époque JFK pamphlétaire brillant s’interrogeait. Aujourd’hui il pilonne. Le journalisme a perdu une voix critique là où la politique a gagné un nouveau taliban.

catégorie Ecrits

Les commentaires5 Commentaires

  1. TARDITS dit :

    Merci, de la part de ceux qui croient encore et toujours au travail collectif en profondeur avant tout.
    Nous avons signé pour ce faire la motion D, de Martine et alii, depuis des fédérations vraies terres de mission où nous nous sentons bien isolés.
    Amitiés et A+, je l’espère.

  2. L'hérétique dit :

    Dites, un nouveau taliban, vous ne croyez pas que vous poussez un peu sur les bords, là ?

  3. L'hérétique dit :

    Dites, un nouveau taliban, vous ne croyez pas que vous poussez un peu sur les bords, là ?

  4. PARIS PREMIERE dit :

    Pour commenter, avec le sourire, l’actualité politique :

    http://revuedepresse2anes.m6blog.fr/

    Le blog de l’émission diffusée chaque mois sur Paris Première.

  5. abadinte dit :

    Bravo JCC pour ses paroles qui valent d’or et surtout pour laisser Pierre Moscovici malgré ses attaques répétées là où est sa place : nul part.