Le blog-notes de Jean-Christophe Cambadélis

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Obama : Arrêtons les délires !

Ce qui est étonnant avec les mass médias c’est qu’ils s’emballent, il n’y a aucune place au raisonnement, tout est dans la surenchère. Et avec Barack Obama l’emballement est mondial. En moins de 24h, le futur Président des Etats-Unis est le plus grand, le plus beau… celui qui marche sur l’eau. Certes il a l’élégance d’un Fred Astaire, l’éloquence d’un Martin Luther King, l’image d’un Kennedy et le sens politique d’un Clinton. Mais son programme est flou, son expérience réduite et sa marge de manœuvre étroite. Il est à la fois vecteur, symptôme de la rupture des années Bush. Il a gauchit sa campagne pour créer l’emballement final. Il cristallise l’espoir d’un changement de cap pour l’Amérique qui, il faut le dire, a sombré dans le manichéisme néo conservateur et la spéculation financière libérale.

Quant à l’attitude de la droite… elle est pitrale ! Jean-François Copé qui, sur France info, loue cette démocratie Américaine faisant le pari sur un homme de 47 ans. Cet accaparement implicite démontre s’il en était besoin son infantilisme narcissique en politique. Mais il n’est pas le seul. Et quand en boucle les membres du gouvernement nous disent que Barack c’est « Sarko en noir », même énergie, même rupture, même jeunesse… Là on est pas loin du délire.

On entend aussi des atrabilaires. Ne vous emballez pas… Barack Obama défendra les intérêts des Etats-Unis… Sans blague ! Ce n’est pas l’élu du monde !?

Mais défendre les Etats-Unis en augmentant les impôts des plus riches, en rompant avec la stratégie impériale au profit d’une approche qui « globalise » l’Amérique, ce qui n’exclut pas le rapport de force mais introduit le contractuel, en s’intéressant à un Kyoto 2, en préconisant le retrait des troupes américaines en Irak. On peut même envisager un Barack Obama ayant une autre perception de l’Afrique noire que l’administration Bush. En tous cas son champ de vision est plus urbain, plus mondialisé, plus sociétal que celui du « Texan » et de son Amérique profonde. Tout cela fait une « défense » Américaine qui modifie les conditions même de l’état d’esprit du monde.

Par ailleurs s’étonner que l’opinion publique mondiale s’enthousiasme pour la victoire du sénateur Obama, c’est oublier les millions de manifestants contre la guerre en Irak et le rejet massif de l’Amérique de Bush.

Enfin l’acharnement à vouloir dévaluer la gauche au nom de la performance « Obamesque » est tout aussi grotesque… Nous intimer l’ordre de trouver notre Obama ou disparaître n’a aucun sens.

Le débat est plus important que le casting. Il s’agit de fonder une nouvelle gauche, un nouvel alliage, pour conduire un changement à gauche mais dans le monde actuel.

Alors on a le droit de s’enthousiasmer. Barack le mérite mais arrêtons de délirer dans un sens ou dans l’autre.

PS : Mais qu’est qu’ils ont à crier à la magouille ?

Bertrand Delanoë, François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Harlem Désir le disent sur tous les tons. S’ils ne sont pas largement en tête ce sera la magouille. Bref, ils entonnent en cœur la complainte de la peur. Mais enfin si leur motion ne s’est pas détachée, si elle n’a pas pu « plier » le match, si elle n’est pas à la hauteur de leurs pronostics à savoir 40 %, c’est qu’il y a eu un souci dans l’offre. Quant à la formule de François Hollande sur son refus du « camp du drap rose » sur France Inter, c’est sa dernière vanne mais sans doute pas la meilleure…

L’idée que la ligne de la motion arrivée en tête et son 1er secrétaire, c’est à prendre ou à laisser, me paraît aventureuse. Préconiser le passage en force alors que près de 70% du parti n’aura ni adopter la ligne, ni le 1er secrétaire et que les autres motions seront à moins de 3 ou 4 points. Cela ne serait pas responsable… En tout cas si nous sommes en tête nous rassemblerons !