Après le vote des militants pour le Congrès de Reims

par · 7 novembre 2008

Premiers enseignements

PRPS.jpgLes militants socialistes ont voté. Ils doivent être remerciés pour ce moment de démocratie peu commun dans l’univers partidaire Français.

Qu’ont ils dit ?

Il faut que cela change à gauche tout en restant crédible. A l’aune de cette exigence, la motion Bertrand Delanoë/François Hollande s’affaisse comme nous le pensions. Nous verrons plus loin pourquoi. Ségolène Royal ne fait pas un triomphe mais son relatif maintien apparaît comme un succès.

La gauche du parti retrouve son étiage mais elle a immédiatement éclaté.

Martine Aubry fait le score que nous espérions, seule la faible participation dans le Pas de Calais lui interdit d’être dans un mouchoir avec Ségolène Royal.

Le triptyque de la motion Aubry, nouvelle donne donc rénovation, le changement c’est le dépassement des querelles, une motion centrale à gauche collait à l’état d’esprit du PS. Nous n’avons pu le mettre en mouvement que tardivement pour les raisons que l’on sait.

Il n’y a aucune raison pour la motion D de changer de cap. Il n’y aura de rassemblement utile et crédible que si il prend pour référence cette équation : Renouveau, nouvelle gauche et éthique militante.

Personne ne peut imposer sa motion comme majorité. En ne plaçant aucune des motions à un niveau incontournable, les militants du PS ont notifié leur envie de ne pas présidentialiser le PS. La motion D est donc dans ces conditions en position centrale à gauche.

Ségolène Royal vient de déclarer qu’elle voulait discuter avec Martine Aubry. Bertrand Delanoë et François Hollande se rejettent la responsabilité mais appellent au rassemblement et la motion C est tiraillée entre Henri Emmanuelli qui « pense qu’il a le chemin pour s’opposer à Ségolène Royal », Benoît Hamon qui souhaite maintenir une candidature identitaire et Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez qui viennent de quitter le PS avec leurs troupes.

Transparence, calme et cohérence vont donc animer les responsables de la motion D qui étaient hier soir satisfaits et sereins d’avoir fait de leur motion une référence. Il n’y a pour nous aucune fragmentation mais une indication… incitation à la rénovation.

Analysons la contre performance de Bertrand Delanoë et François Hollande.

D’abord le rejet du vieux parti. Il est bien sûr incarné par François Hollande, mais on constate partout des anciennes équipes étrillées.

La crise financière libérale a pris de revers Bertrand Delanoë qui avait anticipé un positionnement « centre gauche » nécessaire à un futur présidentiable.

Le petit jeu « il n’y a rien entre Bertrand Delanoë et Benoît Hamon … » a crédibilisé la gauche et renforcé l’impression « libérale » du Maire de Paris.

La dérobade de Ségolène Royal qui a mis sa campagne au frigidaire, a fait tomber l’argument « Bertrand est le seul bouclier… ». Elle a permis à la Présidente de Poitou Charentes de faire prospérer sa motion sans être attaquée. D’autant que Delanoë concentrait de fait le fer contre Martine Aubry. La déclaration de Lionel Jospin à Toulouse « les amis de Bertrand Delanoë et ceux qui soutiennent Martine Aubry » peuvent travailler ensemble, a marqué le scepticisme de ce dernier, vis-à-vis de cette tactique.

Le style : «  Nous avons besoin d’un chef » fut tout autant déphasé, les militants préférant « nous avons besoin de gauche, en tous cas d’idées ».

L’alliance avec François Hollande sensée tuer le match, a plutôt vitrifié les énergies. Et l’argument nécessaire à cette union « j’assume le passé », fut d’autant plus mal perçu que la déclaration de principes induisait un nouveau cour et que dans un congrès il y a toujours un désir d’inventaire.

Enfin l’ultime dramatisation autour de la peur d’un score serré, a achevé de convaincre les cadres du PS que la victoire de Delanoë n’allait pas de soi. Ils n’ont pas décidé de « mourir pour François » !

Voilà ce qui explique que le 1er secrétaire sortant et le Maire de Paris soutenus par les Présidents des groupes parlementaires, Assemblée Nationale, Sénat et Parlement Européen, n’ont pas fait entre 40 et 50%.

Maintenant à chacun de tirer les conséquences du score. Le congrès peut être un moment de rassemblement, nous le souhaitons. Que chacun prenne ses responsabilités. Nous sommes disponibles sans exclusive, mais avec un préalable, celui de répondre aux exigences des militants et le souci du collectif.

catégorie Parti Socialiste

Les commentaires7 Commentaires

  1. Traline dit :

    JC Cambadelis premier secrétaire : un très bonne idée !!! Merci de la faire circuler. C’est à mon avis un bon compromis.

  2. JL Parise dit :

    Quelles conclusions tirer froidement du scrutin de jeudi ? Le courant social-démocrate a éclaté, il resterait largement majoritaire s’il avait été uni. J’ai soutenu la motion A, je reconnais qu’elle subit un échec. Mais lire que les 25% (j’arrondis) obtenus par Matine Aubry + une partie des strausshahniens + les fabiusiens seraient une victoire m’étonne un peu.
    Pour en terminer (ah, si cela poucait être vrai !…) avec la question du « libéral », on peut se reporter au 1er tome des carnets de Mochèle Cotta, en 1971 François Mitterrand à Epinay appelle au rassemblement de la gauche, des communistes, gauchistes, des libéraux !
    Remplacer le TSR par le TSB fera-t-il gagner quelque chose au PS ? La question du « chef » n’a jamais été posée, Cotta raconte bien aussi comment Mitterrand avait prévenu, lors d’Epinay : 1er secrétaire ou dans l’opposition. La dénonciation d’une pseudo personnalisation a conduit à n’adopter que la seule lunette des querelles de personnes, question qui n’était pas la plus pertinente, chaque personne en tête des courants représentant des différences d’approche légitimes. Vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assis, pour la plus grande satisfaction des médias qui se pourlèchent les babines de voir à quel point on leur sert la soupe qu’ils attendent, assaisonnée comme ils l’entendent.

  3. Fouzia B dit :

    je suis de Vanves (92) et j’ai soutenu la motion D, et je peux dire que les reconstructeurs ont entamé un travail de fond considérable ( analyse de la situation interne du PS,une offre politique pour le pays et un espoir dans le renouveau et l’action collective) au lendemain du vote du 6 novembre, tous les acteurs socialistes appellent au rassemblement sur une ligne politique ancrée a gauche, et claire dans sa perspective, tant mieux si un surssaut collectif se concrétise dans les prochains jours. la situation du pays est trés critique, tous les clignotants sont au rouge, et la droite, malgré un discours sur le retour et le role de l’Etat dans la gestion de la crise économique, financere est entrain de détruire l’ensemble des aquis sociaux et mene des politiques ravageuses pour le tissu social, les valeurs de la Républiques sont mis a mal.
    le congrés de Reims doit relever les défis, et consacrer une vision d’avenir, les socialistes n’ont plus le droit a l’erreur et n’ont plus de temps a perdre dans les divisions et la guerre des égos, la maison socialiste doit s’ouvrir sur la société, débattre avec les citoyens, les acteurs culturels, assicaitifs,les artistes, les syndicats les intelectuels, il faut créer des synergies, développer les échanges sur tous les questions sociétales… nous avons besoin de leaders qui donnent de l’espérance et en meme temps qui sont capables de s’interroger et de mettre des mots sur les maux de ce monde devenu compliqué et complexe ou toutes les crises s’accumulent et ou le politique demeure incapable d’influencer le cours des événemnts, d’accord pour le renouveau du personnel politique mais attention pas a n’importe quel prix, le PS a besoin de la sagesse et la clairvoyance de ses cadres et ses experts comme il a besoin de l’expérience de ses élus dans les territoires, il faut absolument travailler sur les évolutions que connait le monde, politiquement mais surtout intellectuelement pour apporter les meilleurs réponses.. un cycle s’acheve dans la vie du PS, un autre s’ouvre,les militants le souhaitent prometteur et les francais attendent une alternative crédible.

    SVP EXUSEZ L’ABSENCE DES ACCENTS MON CLAVIER EST ANGLAIS

  4. Christophe Paris dit :

    Quel exercice d’autosatisfaction…en pleine débâcle ! Le vote d’hier démontre avant tout que les militants (ceux qui sont venus voter et les 45 % qui ne se sont pas déplacés) ont donné l’avantage à ceux qui incarnaient, à tort ou à raison, un possible changement. Les petites manœuvres et les grands egos nous ont privé d’un candidat qui puisse, dans notre courant d’idée, incarner ce renouvellement des personnes et des pratiques. Personnellement j’en suis réellement affecté. Nous ne sommes ni à la hauteur des enjeux actuels ni du désarroi de beaucoup…

  5. Frontere dit :

    Jean-Christophe,

    J’ai soutenu la motion D dans le Gard après avoir soutenu DSK lors du choix interne du présidentiable en 2006. Je constate que dans le Gard, ni Simon Sutour, Sénateur, ni Damien Alary, Président du Conseil général, l’un et l’autre en principe strauss-kahniens, n’ont soutenu la motion D … puisqu’ils ont apporté leur appui à Bertrand Delanoë.

    Du coup Martine Aubry fait à peine 12%. Voilà aussi où on a perdu des voix.

    Permets-moi de te dire par ailleurs que tu ferais un excellent premier secrétaire de rassemblement.

  6. moto dit :

    Merci beaucoup pour ce trés bon blog 🙂

    sylvain

  7. militant socialiste dit :

    Je crois que trois éléments sont à l’origine de cette claque pour Delanoe:
    – d’abord c’est la preuve de la limite de ses compétences. Animer une ville, quelqu’en fut la taille, permet de rester pragmatique et gestionnaire. Proposer un projet pour un pays gouverné par une droite dure dans un contexte économique extrémement fragile requiert des compétences en matière économique et social, ce que le chef d’entreprise delanoe n’a pas. Le Maire manager restera maire et pourra donc se consacrer pleinement à son deuxième mandat, comme il s’y était engagé.
    – deuxièmement, c’est le désaveu des militants socialistes pour le 1er secrétaire sortant François Hollande qui est le principal responsable de l’état du parti et des échecs successifs aux élections.
    – Et puis c’est sa compétence à animer qui est remise en question. Il a beau prétendre vouloir remettre de l’autorité dans le parti, il est accompagné du premier des socialistes qui a laissé s’instaurer le désordre pour s’imposer en dernier recours systématique. Ce n’est donc pas crédible. Sans compter que son sectarisme ne lui aurait jamais permis de travailler en équipe avec les différentes sensibuilités du parti.
    – enfin, c’est le système delanoe qui est mis à mal. Faisant de la démocratie un leitmotiv, il est le premier à péreniser de vieilles pratiques archaiques (débauchages individuels, intimidations, promesses abracadabrantes…).

    Bref, je me réjouis de cet échec, bien que le parti socialiste renvoie une image totalement dépassée à la population française. Espérons que celui ou celle qui en prendra les rênes sera à même de le mettre au travail, de le remettre en phase avec la société, avec le mouvement social, et de proposer un projet de gauche crédible pour redonner aux français l’espoir d’une vie meilleure. Je crois que seule Martine Aubry est capable de concilier l’expérience, la compétence, l’esprit du collectif, la capacité de dialoguer autant avec les chefs d’entreprises qu’avec les syndicalistes. Je souhaite qu’elle devienne de première secrétaire du parti SOcialiste.