Le blog-notes N°60 – Barack Obama, un rêve pour deux

par · 20 janvier 2009

obama.1201801546.jpgBarack Obama, un rêve pour deux

Le 20 janvier 2009, l’investiture de Barack Obama comme 44e président des États-Unis d’Amérique inaugurera une nouvelle période déjà grosse d’espoir et d’attentes. On a placé cette présidence sous les auspices des trois plus importantes qu’ont connu les États-Unis. Celle d’Abraham Lincoln, de Franklin Delano Roosevelt ou celle de John Fitzgerald Kennedy. On laissera à l’Histoire le temps de s’écrire, mais la politique fixe déjà ses priorités, ses rendez-vous.

Si on peut s’amuser de voir combien la droite française, Sarkozy en tête, après avoir été bushiste impénitent devient « démocrate » par enchantement.

Barack Obama semble adopter une diplomatie de l’ouverture et renouer avec une approche multilatérale. Il propose une stratégie d’ensemble pour la Russie et préconise un partenariat stratégique qui rompt avec la théorie du refoulement Russe sur son pré-carré préconisée par l’administration précédente. Il fait de l’objectif du millénaire pour le développement une de ses priorités et prévoit de doubler l’aide américaine. Il prend à son compte la lutte contre le changement climatique et se déclare favorable à un dialogue avec l’Europe en qui il voit un « partenaire pour traiter les affaires globales ». La sortie de la guerre d’Irak où le pays s’est ensablé depuis sept ans devenue une priorité, l’issue de l’engagement en Afghanistan, l’évolution des rapports avec l’Iran ou la manière de faire avancer les choses au Proche-Orient le sont pour lui tout autant. Il veut poursuivre la lutte contre le terrorisme en renonçant à la torture, voilà des combats politiques aussi nobles que durs.

Depuis ces engagements, la guerre a repris avec violence entre Israéliens et Palestiniens. La Russie s’est rappelée au bon souvenir de ceux qui croyaient la grande puissance eurasienne effondrée. Car l’empire idéologique s’est mué en empire énergétique.

Oui, il faut retrouver le chemin du multilatéralisme. Plus que jamais, l’heure est à la coopération internationale dans de plus en plus de domaines, à commencer par la résolution des conflits en redonnant aux organisations internationales leur prépondérance, mais aussi en mettant en valeur les relations transatlantiques entre les États-Unis et l’Europe.

Dans la foulée, il faut en finir avec cette guerre en Irak. Barack Obama a prévu un calendrier qui correspond aux exigences du gouvernement irakien. Comment ne pas souhaiter aussi que Barack Obama engage dès les prochains jours de tout son poids les États-Unis pour trouver une solution de paix au Proche-Orient ?

La crise financière n’est pas arrivée dans un ciel sans nuages, elle n’est pas un accident de l’Histoire. Elle trouve ses racines au cœur du fonctionnement du système. Les sociaux-démocrates l’ont compris. Obama voudra t-il, pourra t-il s’y attaquer ?

Les États-Unis devront prendre le train de la lutte écologique en marche. C’est au nom d’intérêts économiques que George W. Bush avait tourné le dos au protocole de Kyoto. Depuis l’engagement pour cette cause a revêtu plus que jamais une dimension morale autant que stratégique. Barack Obama et ses amis ont saisi tout l’intérêt qu’il y a anticiper l’après-pétrole et à réduire la dépendance des États-Unis à l’égard de l’or noir. Et c’est tant mieux !

Chacun connait le rêve d’Obama. Constatons que la victoire de Barack Obama a été une défaite des idées et de la pratique des néo-conservateurs libéraux aux États-Unis qui ont conduit le monde à la guerre et l’économie à la crise. Notons quand même que cette Amérique là fut défaite mais a recueilli 46% des suffrages et a remporté 21 états sur 50 et perdu dans nombre d’entre eux que de très peu. La majorité démocrate au Congrès est par ailleurs composée de « blue dogs » c’est à dire de centristes. Cela non pour relativiser la victoire mais pour faire toucher du doigt que les États-Unis restent les États-Unis. Et le Président Obama agira avec cette contrainte. Sommes-nous prêts en Europe à partager son espoir ? L’Europe va-t-elle le regarder mi sceptique mi prudente ? Ou va-t-elle soutenir, participer, amplifier le changement du monde ? Elle doit affirmer sa stratégie et se montrer unie face aux défis que pose le retournement Américain. Elle doit exiger une réforme de l’OTAN avant tout effort supplémentaire. Elle doit parler clair et fort pour surmonter la crise financière et économique mondiale. Le réchauffement des relations transatlantiques nécessite une Europe au rendez-vous de l’Histoire. Travailler à être un des piliers du nouveau monde multipolaire, cela exige pour l’Europe et la France un effort qui est beaucoup plus complexe que de critiquer Bush. Les États-Unis seront-ils capables de rompre vraiment avec la politique des années Bush ? Les Européens voudront-ils réorienter l’Europe, lui donner un nouveau sens, saisissant le mouvement historique? Les Socialistes Français avec le Parti Socialiste Européen maintenant politiquement réunifiés pour répondre à la crise, sont candidats et crédibles pour ce cours nouveau. Et lors des élections européennes de juin prochain se jouera le deuxième acte de la réorientation du monde. L’espoir d’un nouveau monde ne se réalisera pas sans la participation des Européens.

PRPS.jpgL’opposition globale crédible

Le Parti socialiste par la voix de Martine Aubry, sa première secrétaire, lors de ses voeux et à l’occasion de sa présentation de son plan de relance, inaugure une nouvelle phase de son déploiement. Une opposition globale et crédible sur le plan économique, social, de l’international aux libertés publiques.

Il s’agit donc maintenant de bâtir l’alternative crédible. Dans la rue comme au Parlement avec le dépôt d’une motion de censure ou lors de la présentation du plan de relance ; le PS veut devenir le pivot d’une opposition globale, concrète et crédible.

Cette réorientation du PS dont on avait vu les signes avant coureurs lors des débats parlementaires nécessitait un travail en profondeur plutôt qu’un harcèlement médiatique. Évidemment le passage de l’un à l’autre a un peu dérouté les meilleurs analystes ou une partie de l’opinion. Mais maintenant avec le déploiement du PS autour de son plan de relance, la participation aux manifestations intersyndicales du 29 janvier, la réunion des secrétaires de section le 1er février, la motion de censure le 27 janvier, la préparation du livre noir sur les libertés, le Parti socialiste est en ordre de bataille. Il a sa feuille de route pour contester, proposer et agir.

catégorie Ecrits

Les commentaires1 Commentaire

  1. Jean-Louis dit :

    L’accession à la présidence de Barack Obama cède à un engouement tout médiatique.

    Mais une fois le rêve passé, il ne faudrait pas occulter la discrimination sociale exacerbée par la crise économique, un programme de sécurité sociale basée sur des assurances privées, l’accroissement de la présence en Afghanistan, le fait que les équipes ne sont pas composées de progressistes déclarés, c’est le moins que l’on puisse dire, que rien n’est prévu en matière de peine de mort, en matière de port d’armes…

    Au delà des intentions, et des discours, c’est donc sur les actions que nous jugerons.

    En attendant les résultats portés par l’équipe Obama, l’Europe ne doit pas souffrir de complexe. N’attendons personne d’autre que nous même pour nous sortir de cette situation de crise. Si on veut bien s’en donner la peine nous en avons les moyens et des cartes crédibles à jouer.