Le blog-notes n°61 – Sarkozy, une force qui va mais qui ne sait pas ou elle va…

par · 28 janvier 2009

bloc_note_copieV2.jpgLe Président de la République a fait de la réactivité une marque de fabrique. Stigmatisant souvent Chirac-roi fainéant, il s’est fait le chantre du « Président-présent ». « Toujours prêt » est son maître mot, mais est-il efficace ? Personne ne pose la question tant avec lui un clou chasse l’autre. Cette agitation tout azimut interdit la réflexion sur le long terme. Où va le Président de la République ? Le sait-il vraiment ? N’a t-il pas mis la France, avec son vrai faux plan de relance, bout au vent, affalant les voiles en attendant que la bourrasque passe. N’évite-t-il pas seulement que le bateau prenne l’eau ? Bouchant les trous à coup de milliards puisés dans une caisse que l’on disait vide.

Peut-on s’interroger sur l’ampleur du plan gouvernemental de relance, est-il suffisant ? Sur son contenu, aide t-on assez les Français à supporter la crise ? Correspond t-il au problème macro économique du pays ? Est-ce qu’il est financé ou coordonné avec nos partenaires ? Parbleu s’interroger mais c’est un crime de lèse majesté ! Et alors se mettre en grève ! Cela vaut en retour à une batterie de menaces anti grève. Insensiblement Nicolas Sarkozy ressemble à Louis de Funès dans « Oscar », irascible et exigeant qu’on regarde là ! là ! Dans ses yeux !

Nicolas Sarkozy n’a pas mis en scène son plan de relance. Il sait pourtant y faire. Il n’a pas consulté l’opposition comme il le fit sur d’autres sujets. Il n’a pas joué l’union nationale comme Barack Obama, Gordon Brown ou Angela Merkel. Tout simplement parce que sa philosophie sur la crise réside sur un slogan « patience », ce qui, on l’avouera, lui va comme un gant ! Il faut attendre ! Telle est sa philosophie économique. Et pendant ce temps rien pour les salariés ni pour le pouvoir d’achat, et refus du moindre geste sur le paquet fiscal. On puise dans les caisses en attendant des jours meilleurs.

Le soutien majoritaire du pays aux manifestations tient à cela. Tout à coup la France se rend compte que Sarkozy ne sait où il va. Il ne veut pas trop bouger de peur de prendre l’eau. Il multiplie des leurres, des annonces pour éviter que cela se voit. Il « serre les boulons » partout où il peut jusque dans son propre parti pour éviter d’embarquer des paquets de mer. Il tente de réduire les contrepoids, de peur qu’ils ne créent des avaries dans la coque de la majorité présidentielle.

Mais le pays gronde, l’attente sans perspective est longue. D’autant que nos meilleurs économistes prévoient la sortie de la bourrasque pour 2010/2011. Tout à coup, toutes les catégories de la population rentrent en grève. Le « tous ensemble » n’a jamais été aussi bien porté. Et c’est tout le pays excédé qui s’en prend à l’Elysée. Misère de la présidentialisation du régime.

Un malheur n’arrivant jamais seul, la vague Obama déferle sur le monde. Au-delà de l’agacement perceptible du Président de la République, dû à une concurrence pour le moins sexy qui envahie les médias. Nicolas Sarkozy est pris de revers. Il fut un Bushiste modéré mais consentant, tournant le dos à la posture Chirac/Villepin.

En quelque sorte, le meilleur de la classe Atlantiste, se glissant dans les habits de Tony Blair. Profitant des retombées de ce retournement, il pensait trouver un peu d’espace pour sa diplomatie sous parapluie Américain. Il manifestait son empressement pour Bush. Il passait ses vacances aux États-Unis, « sandwichait » avec les Bush. Il se déclarait le meilleur ami des Américains. Il allait jusqu’à se faire « ami/ami » avec le plus Bushiste des Européens, organisateur de la Conférence des Açores avant l’intervention Américaine en Irak, Manuel Barroso. Tout était bon.

Bref, Sarkozy à tout lâché à Bush: Afghanistan, OTAN, Russie, Chine. Et il se trouve fort dépourvu, face à Barack Obama qu’il n’a non seulement pas vu venir, mais qui tourne la page des néo conservateurs Américains dans le monde occidental. En un mot, Sarkozy n’a pas de rapport de force. On n’a pas besoin d’aller le chercher, il fait « partie des meubles ». Et comme il a abîmé l’axe franco-Allemand et agacé Gordon Brown en se déclarant père de la relance mondiale, il peut difficilement construire un axe viable et crédible qui interpelle les Américains. Voilà notre nouveau maître du monde contraint de jouer les utilités. Ce qui a le don de l’agacer.

Plus de Bush, plus de présidence Européenne, plus d’état de grâce, plus d’impunité médiatique, plus de marge de manoeuvre économique, le pays dans la rue, Nicolas Sarkozy rentre dans la deuxième phase de son quinquennat à reculons, parce qu’elle n’annonce pour lui rien de bon.

C’est la raison pour laquelle il laisse dire que se prépare un deuxième mandat, histoire de maitriser son camp.

Mais à part cette perspective électorale, sait-il où il va ?

catégorie Ecrits

Les commentaires1 Commentaire

  1. ClaudeF dit :

    Tout ce que vous dites est parfaitement fondé.

    A mon avis, il nous faudra nous aussi sortir un plan bis, quand ça ira plus mal.

    Quelques idées:

    Remonter le bouclier fiscal en solidarité à 70% pour les revenus supérieurs à 50000euros par part
    Créer provisoirement un impôt solidarité sur les plus hauts revenus, 50000euros par part avec un tranche supérieure de l’ISF à 60 ou 65%.
    Donnez des avantages fiscaux aux entreprises de moins de 10 personnes qui investissent.

    j’en ai d’autres…

    cordialement