Si Versailles nous était conté

par · 23 juin 2009

bloc_note_copieV2.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy au palais de Versailles devant le congrès avait plusieurs buts. Mais le principal était qu’il fut prononcé. Il s’agissait d’utiliser le répit dû à une élection européenne, l’opposition avait échoué, pour installer le fait présidentiel via le discours devant le parlement rassemblé.

A l’évidence, renouer avec Monsieur Thiers ne rebutait pas trop le président de la république. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.

La possibilité de s’exprimer devant le parlement était une donnée constitutionnelle, elle est maintenant un fait. Pour ce faire, le dit discours ne devait présenter aucune aspérité. Il ne devait déclencher aucune réprobation. On pourrait sourire à l’exercice lorsque, visitant la galerie des glaces, on remarquait cette devise, « Le roi gouverne par lui-même ».

Nous y étions, le président en majesté entérinait l’effacement du premier ministre .

Nicolas Sarkozy était seul, sans parlement pour lui répondre, sans journalistes pour l’interpeller, sans français pour le conspuer. Seule, aux portes des grilles, une manifestation de salariés venait rappeler la réalité sociale à laquelle le président voulait échapper.

La cour des ministres, inquiète du remaniement, échangeait des regards au poulailler tandis que le cabinet du président était mis en lumière par la présence de Madame. La limousine du couple présidentiel attendait à la porte de l’assemblée.

Et il eût fallu se lever pour applaudir l’abaissement du parlement. Car le problème n’est point que le président s’arroge tout le pouvoir mais que le parlement abandonne le peu de pouvoir qui lui reste.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    Quelques lignes intéressantes dans le Figaro de ce jour – « Quand Fadela Amara explique qu’elle se sentait mal à gauche, quand Eric Besson raconte qu’il ne croyait pas en 2007 au programme du PS, dont il était le rédacteur, quand Frédéric Mitterrand, qui assurait jadis n’avoir aucune affinité avec les gens de droite, dit oui à Sarkozy », (j’ajouterais quand B. Kouchner, toujours mésestimé par son parti, dure et quand J. Julliard vote verts aux Européennes), « cela signifie quelque chose. Cela veut dire que le PS a un besoin impérieux de trouver des gens qui se redécouvrent des affinités avec lui ». Et c’est Martine Aubry, qui en est consciente, qui nous donne la réponse dans son courrier aux militants « le moment est venu de rebâtir le lien de confiance entre notre parti et les français ». A la bonne heure, la reconquête du PS semble en marche, mais comme le disait L. Fabius dans un autre contexte « il y a les paroles et il y a les actes ».

  2. topaz dit :

    Très bel exercice de style dans un phrasé parfait. Maintenant faites ce qu’il faut pour qu’en 2012 un président de gauche s’exprime « autrement » devant le Congrès, ailleurs qu’à Versailles, en inventant la faisabilité d’un débat constitutionnel à 900 contre un … avec la presse et, pourquoi pas, les syndicats ? Sans oublier de demander à la caméra de ne pas faire de plan sur la première dame !