Si Versailles nous était conté

bloc_note_copieV2.jpgLe discours de Nicolas Sarkozy au palais de Versailles devant le congrès avait plusieurs buts. Mais le principal était qu’il fut prononcé. Il s’agissait d’utiliser le répit dû à une élection européenne, l’opposition avait échoué, pour installer le fait présidentiel via le discours devant le parlement rassemblé.

A l’évidence, renouer avec Monsieur Thiers ne rebutait pas trop le président de la république. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet.

La possibilité de s’exprimer devant le parlement était une donnée constitutionnelle, elle est maintenant un fait. Pour ce faire, le dit discours ne devait présenter aucune aspérité. Il ne devait déclencher aucune réprobation. On pourrait sourire à l’exercice lorsque, visitant la galerie des glaces, on remarquait cette devise, « Le roi gouverne par lui-même ».

Nous y étions, le président en majesté entérinait l’effacement du premier ministre .

Nicolas Sarkozy était seul, sans parlement pour lui répondre, sans journalistes pour l’interpeller, sans français pour le conspuer. Seule, aux portes des grilles, une manifestation de salariés venait rappeler la réalité sociale à laquelle le président voulait échapper.

La cour des ministres, inquiète du remaniement, échangeait des regards au poulailler tandis que le cabinet du président était mis en lumière par la présence de Madame. La limousine du couple présidentiel attendait à la porte de l’assemblée.

Et il eût fallu se lever pour applaudir l’abaissement du parlement. Car le problème n’est point que le président s’arroge tout le pouvoir mais que le parlement abandonne le peu de pouvoir qui lui reste.