La presse s’ennuie

par · 16 juillet 2009

Marianne s’interroge à juste raison. Y a t-il une presse d’opposition en France ? Y a t-il une presse tout court ? Lorsque l’on regarde le traitement médiatique du 14 juillet 2009, on peut en douter. La complaisance affichée pour les faits et gestes du couple présidentiel, le publi-reportage sur la vision diplomatico-stratégique du Président, le prime time à la gloire du Président et de son armée, l’interview confondante de banalité et d’obligeance à la fin du défilé du 14 juillet, tout ceci est affligeant.

Voilà un pays, où le Président de la République est à nouveau à la baisse après sa vraie – fausse victoire électorale, où le chômage explose autant que les déficits, où l’on décrète un grand emprunt puis, on interroge le pays pour savoir à quoi il pourrait bien servir, où la tension sociale est à ce point exacerbée que des ouvriers veulent faire sauter leur usine, où l’on brule 365 véhicules en une nuit, où l’on admoneste deux jeunes journalistes, tue un adolescent et en blesse d’autres. Où 600 000 jeunes vont se retrouver à la rentrée sans emploi, où la majorité de la jeunesse de banlieue ne partira pas en vacances, etc, etc,… .

Il ne se trouve pas un organe de presse pour souligner l’affaissement visible du régime sarkozien…

A force de dénier la réalité cela va mal finir ! Mais tel Viansson-Ponté dans le monde à la veille de mai – juin 68 qui estimait « la France s’ennuie »; la paresse radie et éblouie commente à l’envie les très riches heures de Nicolas Sarkozy, décidément c’est la presse qui s’ennuie.

catégorie Ecrits, Expressions

Les commentaires3 Commentaires

  1. VerEco dit :

    Je pense effectivementque si un parti de gauche veut un jour faire gagner son camp, la première bataille à gagner c’est celle de l’objectivité des médias.

    La gauche doit de donner les moyens d’informer et de forcer de ce fait les médias à relayer cette information.

    A mon avis, il faut cesser la multiplicité des blogs et n’en crer qu’un pour qu’il soit puissant et de ce fait relayer.

    Vous messieurs qui passez de temps en temps à la télévision ou à la radio, il faut dénoncer haut et fort l’absence d’objectivité de l’information. Il faut aussi avoir le culot de ne pas accepter de parler sur certains médias comme TF1 ou Europe en expliquant que tant que leur information ne sera pas objective, personne à gauche ne participera à leurs émissions. A ce titre les gens de gauche seraient invités à s’orienter vers d’autres médias.

    Perso, je ne regarde jamais plus tf1 et je n’écoute jamais europe1. Si tous les gens de gauche font pareil, ça peut faire mal.

  2. topaz dit :

    Que Gérard Collomb n’ait pas d’affinités avec M. Aubry, soit, mais qu’il déclare, à propos de l’épisode Valls, « partout sur les blogs, dans la société, la parole est libre. Il serait paradoxal qu’il n’y ait qu’au PS qu’elle puisse être désormais contrôlée » est surprenant de la part d’un baron du parti. A contrario, C. Bartolone nous explique sur Inter que M. Aubry a réussi à réunir le PS et que les quelques couacs ne sont dûs qu’à quelques trublions, et qu’assurément la gauche peut gagner en 2012 … Que fait l’opinion, à l’écoute, fatiguée de toutes ces contradictions ? Elle fait le tri et plébiscite quelqu’un qui ne dit rien …

  3. topaz dit :

    Dans son devoir de vacances, face à l’obsession des primaires, chacun devrait au PS méditer cette sage pensée exprimée par Bernard Poignant : « Le modèle du système viendrait des Etats-Unis d’Amérique et de l’Italie. Très bien. Ce sont les deux pays du monde « dit » occidental où il n’y a plus de parti socialiste. Difficile de comprendre un tel engouement ! » Et de conclure « Un bon candidat n’a besoin ni de primaires, ni d’adhérent à 20 euros. Il s’impose par la force de sa pensée, l’intelligence de sa stratégie, surtout pas par l’impatience du pouvoir. A l’horizon présidentiel, pour l’instant, son nom est Personne. »

    Pourtant quelqu’un y pense, qui a un vrai profil de présidentiable avec une vision, des solutions, une détermination …