Mauritanie: un scrutin qui ne résout pas la crise politique que traverse le pays

par · 22 juillet 2009

communique_image.jpg L’élection présidentielle qui s’est tenue le 18 juillet 2009 en Mauritanie n’aura pas permis au pays de sortir de la crise politique dans laquelle il est entré depuis le coup d’Etat du 6 août

2008. La hâte excessive avec laquelle cette élection a été préparée logistiquement n’a pas permis de forger un vrai consensus entre acteurs politiques sur l’organisation et le contrôle de ce scrutin. Dès lors, la victoire annoncée du Général Mohamed Ould Abdel Aziz ne pouvait qu’être contestable et contestée par ses principaux concurrents, Ahmed Ould Daddah, Messaoud Ould Boukheir et Ely Ould Mohamed Vall. Les recours déposés par ces trois personnalités devront être examinés avec le plus grand sérieux par les autorités judiciaires du pays, faute de quoi le scrutin perdra toute légitimité.

Plus que jamais, il semble nécessaire que l’Assemblée nationale mauritanienne, issue d’un processus politique plus ouvert, joue tout son rôle dans la période à venir. À la différence des élections législatives de 2006 et du scrutin présidentiel de 2007, qui avaient bénéficié d’une observation internationale de longue durée, en particulier des institutions européennes, permettant ainsi un audit réel des fichiers électoraux et une relative égalité de traitement des candidats, l’élection qui vient d’avoir lieu se sera tenue dans une relative opacité. Avec ce résultat fragile, le scrutin ne résout pas la crise politique que traverse le pays.