Lettre à un militant qui n’en peut plus

par · 18 août 2009

PRPS.jpgTéléchargez la lettre en PDF

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

J’imagine ta colère, ton amertume, ta tristesse, ton inquiétude pour la rentrée. Je te comprends. Non seulement le Parti socialiste a perdu les élections européennes, non seulement cette nouvelle défaite offre à Nicolas Sarkozy les moyens de parader mais encore la presse présente un PS déchiré, au moment où ses partenaires se divisent. Cette « campagne » laisse entrevoir une épouvantable année et des régionales calamiteuses. Tu t’interroges. Le PS ne connaîtrait-il que de tragiques répétitions ? Alors je voudrais m’adresser à toi, tenter de te redonner confiance.

Comment en sommes nous arrivés là ? Est-ce la fin du PS ? du socialisme ? Pourquoi sommes-nous si inaudibles ? Comment répondre aux interpellations publiques ? Tout le monde parle, mais personne ne répond.

Il me semblait nécessaire non de stigmatiser, ni d’ostraciser, encore moins brocarder mais simplement de rassurer, d’apporter une réponse politique qui puisse être facteur d’ordre, de progression.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Pourquoi en sommes-nous là ?

Abordant la campagne des élections européennes, je ne pensais pas que nous pouvions battre l’UMP. Je ne pensais pas pour autant, que nous serions à ce point dans les cordes, même si cela ne m’étonne pas, tant la défaite vient de loin. Tu t’interroges, comme beaucoup, sur les raisons pour lesquelles la sociale démocratie européenne ne profite pas de la crise totale du capitalisme financier.

La raison en est simple. Elle est la clé de tout. Nous sommes désormais perçus comme un élément du « système ». Selon le juste mot d’Edgar Morin, « la réduction du socialisme au gestionnarisme a sapé les fondements de l’espérance » et le vote utile dû aux remords de 2002 a perdu de sa pertinence auprès de nos concitoyens.

Parti de gouvernement, nous sommes venus au pouvoir après les années Thatcher- Reagan pour protéger. Dans notre vocabulaire un peu abscons, on appelait cela une action défensive.

Quand on y pense, l’heureuse formule de Lionel Jospin, « nous sommes pour une économie de marché mais nous sommes aussi contre la société de marché » résumait notre action. Il s’agissait de limiter la casse, de sanctuariser l’essentiel.

Depuis les années 80, les différents gouvernements de gauche en France, mais aussi en Europe ont été tentés soit de s’adapter, soit de limiter les effets de la vague libérale. Ils ont exercé ce que nous appelions une tension critique avec le libéralisme. Et même lorsqu’ils ont imposé des ruptures, à contre cycle, comme les emplois jeunes ou les 35 heures, les gouvernements de gauche n’en ont pas été crédités, tant la vague libérale submergeait tout, balayait tous les acquis des trente glorieuses.

Telle est la raison la base du « pareil au même ». Le PS est estimé, dans les sondages, incapable de faire mieux que la droite.

Au moment où nous avions les conditions de l’offensive après le krach de décembre 2008, nous n’avions plus de dynamique. Le modèle social démocrate, devenu social libéral, s’était évanoui. Le nouveau modèle était empirique, sans force, sans certitudes, incapable de rassurer, d’entraîner les peuples d’Europe. Il faut maintenant opérer une rupture claire avec les années libérales du socialisme européen. Ceci est d’autant plus facile que ce ne fut pas la thèse officielle du PS français. En revanche, il ne s’agit pas de revenir au socialisme des années 70, conçu dans les années 60. Il s’agit de faire autre chose, autrement. Il s’agit de penser la nouvelle gauche. Nous ne pouvons construire la confiance, tout en maintenant nos pas dans le vieux socialisme libéral. Il ne conduit qu’à la défaite. Il s’est trouvé, par exemple, lors des élections européennes, encore des socialistes sur le continent pour estimer qu’il fallait garder la figure emblématique des années libérales de Bush, M. Barroso à la tête de la Commission européenne. Ils ruinaient notre union et indiquaient ainsi spectaculairement les convergences droite-gauche qui étaient déjà le préjugé populaire et médiatique le plus répandu.

Le marqueur symbolique d’une autre politique étant ainsi réduit à néant. Sans spécificités propres, sans objet, incapable de cristalliser un vote positif, le PS fut rejeté dans les « tenants du pouvoir ».. Une partie de l’électorat, socialisant mais flottant, est allée « voir ailleurs ».

Tu remarqueras avec moi que «l’ouverture » a participé de ce climat. Pour nos électeurs, les socialistes seraient donc prêts à tout, pour rester dans ce fameux pouvoir. La division a fait le reste.

La démocratie interne du PS n’est plus perçue comme un plus. Hier, ceci faisait une différence positive dans la compétition avec le PCF monolithique. Aujourd’hui, nos débats sont vécus comme une compétition pour le seul pouvoir. Nos congrès sont devenus des « rituels de divisions », aux modes de régulation opaques.

Et lors des européennes, la critique des listes, puis de la campagne voire l’annonce de candidatures à la présidentielle ont fini par convaincre nos électeurs que le PS ne valait pas le déplacement. Combien de fois as-tu entendu : « Vous ne vous intéressez qu’à vous » ?

Le résultat est là. Il ne sert à rien de pleurer sur le lait renversé. Mais comprenons que le PS doit retrouver une distance vis-à-vis du pouvoir, « du pouvoir pour le pouvoir ». Nous devons refondre non l’alternance mais une alternative audacieuse et crédible pour les Français.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Honnête partisan d’une refondation radicale, je ne peux que soutenir l’effort de reformulation proposé par Martine Aubry autour du projet. La crise du leadership qui s’est ouverte lors du deuxième septennat de François Mitterrand avec le Congrès de Rennes, cette crise qui n’a pas cessé depuis et s’est aggravée avec la « retraite » de Lionel Jospin en 2002, cet état de conflit permanent qui n’a comme toile de fond, non de changer le pouvoir, mais d’y entrer, ce « Présidentialisme » qui s’est substitué au socialisme, a provoqué au lendemain de la défaite aux européennes, une multitude d’interpellations avec plus ou moins d’arrières pensées. Tu remarqueras avec moi que le PS est critiqué pour ne pas avoir de leader capable d’imposer de l’ordre. Mais lorsqu’il le fait on hausse les épaules en sous-entendant que toute remise en ordre est d’un autre temps. Ainsi va le débat médiatique.

Dans le même temps, il est assez étonnant, tu en conviendras, que les socialistes lancent des attaques sans pour autant se répondre. Une sorte de logorrhée parallèle médiatique produit un brouhaha sans qu’il soit possible de créer un dialogue intelligible pour le plus grand nombre.

C’est certes la guerre des slogans, mais nous peinons à trouver du sens.

Alors, répondons !

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Faut-il en finir avec le PS ?

Grand dieu ! Pour le remplacer par quoi, un vague mouvement informel ? Un Parti Démocratique avec qui ? Un parti de toute la gauche ? C’est mieux, mais où sont les partenaires ? Au fait, de quoi parle-t-on ?

Le PS d’Epinay qui préconisait la rupture, le programme commun, l’autogestion, que sais-je encore, oui, il est mort. Le Parti socialiste a perdu ainsi ce qui faisait sa force propulsive. Certes, on lui a substitué l’Europe et la bonne gestion. Cela était nécessaire pour un parti de gouvernement, mais est-ce suffisant pour la gauche ? Voilà pourquoi il est nécessaire de travailler au nouveau projet.

Il n’en reste pas moins que le PS est une réalité incontournable. Jamais depuis 1905, le PS n’a été à ce point implanté dans le pays. Il faudrait donc détruire cette réalité pour trouver le graal du renouveau. Est-ce bien raisonnable ? Est-ce bien ce que nous demandent les Français? Je suis toujours étonné par l’acharnement jubilatoire d’une partie de la presse à appeler à notre destruction, comme un jeu, une mode mondaine. Cela démontre combien nous avons perdu la bataille de l’attrait.

Pourtant les élections partielles locales, depuis notre contre-performance aux européennes, démontrent chaque fois que le PS revient à son niveau moyen. Il serait évidemment idiot de balayer nos difficultés d’un revers de la main au nom de cette réalité électorale locale. Mais enfin, on ne peut pour autant pas la nier.

Il est tout aussi erroné d’enfourcher un cours liquidateur que de se claquemurer dans la conservation d’une histoire qui eût ses heures de gloire, mais qui est aujourd’hui déphasée. Il s’agit de construire une nouvelle gauche non pour des raisons d’appareil, ou même pour des raisons de candidatures présidentielles, mais pour régler les problèmes de la France et les difficultés des Français.

Pour cela, il ne sert à rien de sauter sur son fauteuil de député en criant « rénovation ». Il faut un fil conducteur pour dépasser ce que nous formons et imposer ce qu’il nous faut.

Et ne soyons pas naïfs, derrière le déchaînement contre le Parti socialiste, il y a la main invisible, si je puis dire, d’une aristocratie de pouvoir qui veut un deuxième quinquennat pour Nicolas Sarkozy.

Mais à l’évidence, nous tendons le bâton pour nous faire battre. Prenons un exemple.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Faut-il des primaires ?

Avec Arnaud Montebourg, Jean-Marie Le Guen et Pierre Moscovici, nous avions introduit ce sujet controversé dans le débat public. Il s’agissait, à partir du moment où nous vivions une crise de leadership, de mettre notre candidat hors de portée des querelles socialistes, par l’intervention du peuple de gauche. Notre analyse était logique. Le PS tourneboulé par la présidentialisation, secoué par la crise de leadership, devait surmonter cet état par un système imposant un candidat si possible unique de la gauche. Et ceci, dans notre raisonnement débouchait, après des élections présidentielles gagnées, sur la constitution du Parti de toute la gauche. Il s’agissait donc de créer de la cohésion, de la convergence et de l’union. La motion D s’en était fait l’écho et la Première secrétaire a chargé l’un des nôtres de la rénovation et donc, des primaires !

Mais à partir du moment où les promoteurs les plus en vue des primaires ont assorti celles-ci de leur propre candidature, ce qui devait être une assurance pour l’union est devenu le vecteur de la désorganisation. Et dans le même temps, ce qui était un moyen est devenu une fin. « C’est la seule chose de vivant qui vous reste » nous dit-on. Mais aux vues de la façon dont ces primaires s’annoncent, on peut prendre peur. Nous restera-t-il quelque chose de « vivant »?

Les primaires ont pour but de créer de la dynamique, pas d’être de la dynamite. Et franchement, faire de ce sujet un élément de polémique, c’est rendre un mauvais service à une belle idée. Et puis tu penses certainement avec moi que les primaires n’ont pas pour but d’être le banc d’essai, le petit bain présidentiel. Tu seras sans doute d’accord, pour être présidentiable, il ne faut pas simplement dire,  « parce que je le vaux bien », mais il faut indiquer ce que l’on propose pour la France et à la gauche. Accessoirement on peut aussi s’interroger sur la capacité d’un(e) candidat(e) à battre Nicolas Sarkozy. Il ne suffit pas de faire les « 20 heures » à la télé mais de gouverner un pays, d’ouvrir un chemin nouveau aux Français dans un contexte de crise.

La Présidentielle n’est-elle pas la rencontre entre un homme/une femme, un dessein voire un destin, avec une situation ? De grâce, un peu de modestie, de patience, même lorsqu’on a beaucoup de talent ! Ce n’est pas un défaut, à moins de vouloir ressembler à Jean-François Coppé.

Il se peut que suite à notre crise de leadership, à l’émiettement de la gauche, il y ait plusieurs candidats. Alors le peuple de gauche peut être conduit à trancher. Il faudrait pour cela proposer à nos partenaires la primaire au sein de la gauche, avec une triple garantie, celle d’un programme commun, d’un groupe à l’Assemblée nationale et d’un financement public pérennisé. Qui veut la fin veut les moyens.

Cessons ce vocabulaire « primaires ouvertes ». Le propre des primaires n’est-il pas d’être ouvertes sur d’autres que nous-mêmes ? Alors soit ce sont les primaires de toute la gauche, très bien mais cela ne dépend pas de nous, soit ce sont les primaires du PS et nous avons du temps. Nous avons déjà bien avancé avec Arnaud Montebourg sur le sujet. Une convention après les régionales permettra aux militants de baliser notre avenir. Faute de quoi, les primaires comme vecteur d’une désorganisation vont affoler tout le monde et provoquer un raidissement contre-productif. Enfin, personne ne peut imaginer que le PS sans ligne pourrait se requinquer par la seule vertu des primaires.

Les primaires ne sont ni un moyen, ni une fin et encore moins un substitut à la vraie rénovation.

Et la première des rénovations, je le prétends, c’est la fin du cumul des mandats. C’est bizarre comme tout à coup, cette aspiration a disparu du plan de vol de certains camarades… Et pourtant, il ne s’agit pas de la nuit du 4 août, mais simplement du premier geste d’une déprofessionnalisation de la politique. Je crois cette question essentielle. Il s’agit de déverrouiller la République. On ne peut faire accéder des jeunes, des femmes, des enfants issus des quartiers en jouant à guichets fermés dans les institutions de notre pays. J’attire ton attention sur le fait que cette question va devenir vitale. Sarkozy sait ce qu’il fait en stigmatisant « le mille feuilles d’élus ». Ce combat pour la fin du cumul, nous pourrions prendre l’engagement de le voter dans la prochaine législature. La refondation passe par la fin du cumul des mandats parce qu’il est la matérialisation d’une distance retrouvée vis-à-vis du « pouvoir pour le pouvoir ».

Mais une autre question est sur toutes les lèvres.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Faut-il une nouvelle Gauche ?

Assurément, il faut reconstruire ce que l’on appelle une offre politique nouvelle.

C’est le seul moyen de désenclaver la gauche et de conduire le pays vers le renouveau dont il a ardemment besoin.

Un ami nous dit, dans un entretien à Libération, « il faut refonder la gauche car l’événement majeur, c’est l’effondrement du bloc soviétique ». C’est quand même un peu court. En tout cas daté, pour un tenant de la modernité.

La refondation est d’abord une question politique. Le projet socialiste des années 70 est obsolète au regard de la nouvelle époque. La concomitance de la défaite de néo-conservateurs américains, de l’effondrement du système libéral et de l’interpellation humaniste du mode de croissance productiviste qui marque le moment actuel montrent une profonde évolution par rapport aux années 90. La vie a répondu au néo-conservateur Charles Krauthamer qui théorisait un moment unipolaire, tout à la gloire des Etats-unis. Elle a balayé les deux thèses des années 1990-2000. «  La fin de l’Histoire » de Francis Fukuyama où l’hégémonisme américain triomphant marquait la fin de l’opposition idéologique au sens « hégélien » du terme, et le « choc des civilisations  » de Samuel Huntington, prévoyant la confrontation des religions et des cultures. Nous sommes entrés dans l’ère « des puissances relatives», avec la fin du monopole du monde occidental où l’hyper puissance américaine n’a plus les moyens de celle-ci.

Nous vivons la crise du monde occidental, produit de sa goinfrerie financière et consommatrice. À la chute du mur de Berlin a répondu la chute du mur de la financiarisation de l’économie. Le moment de l’histoire, c’est la crise conjointe : c’est la crise du capitalisme financier et par voie de conséquence industrielle, énergétique, climatique et alimentaire. C’est tout un modèle qui est au bout de sa course. Ce n’est pas la fin de l’Histoire mais la crise d’une histoire, celle du capitalisme occidental. Le New Deal vert de l’administration Obama sera-t-il capable de surmonter cela ? En tout cas, l’ampleur de la crise appelle un nouveau modèle de civilisation. Il est illusoire de croire que nous sortirons de la crise avec les seules armes de la critique du libéralisme. Il est illusoire d’espérer rétablir l’Etat providence d’hier. Il faut changer de modèle. Il ne s’agit pas simplement de mettre un peu de vert dans un projet plus radical.

Il s’agit d’opposer à la société libérale, la domestication écologique et sociale de l’économie de marché. Il s’agit par là même de civiliser la société. Cette société civilisée est le sens du nouveau socialisme dont Edgar Morin nous dit, « Il est dérisoire que les socialistes frappés de myopie cherchent à «aggiornamenter», moderniser la sociale démocratie, alors que le monde, l’Europe, la France sont confrontés aux problèmes gigantesques de la fin des temps modernes (…) Sauver la planète menacée par notre développement économique. Réguler et contrôler le développement humain, civiliser la France. Voilà qui prolonge et transforme l’ambition sociale originelle ». Entre le système capitaliste qui profite de nos vies pour optimiser le profit et nous qui voulons profiter de la vie, la tension est là. Or il n’y aura pas de société juste sans l’accumulation des richesses et des entreprises qui produisent. Il ne s’agit donc pas seulement de justice – ce qui est essentiel – mais d’un juste équilibre pour la justice. Cette contradiction ne peut être surmontée que par la domestication que nous appelons de nos vœux, par un nouveau modèle qui met au cœur l’humain et non le profit. La racine de l’humanité n’est pas l’entreprise mais l’Homme. Nous ne sommes plus dans le modèle qui voulait que la société « change de base » comme les marxistes révolutionnaires, ni dans la simple adaptation pour la meilleure performance économique, comme le souhaitaient les sociaux libéraux, il s’agit d’une autre voie, celle d’une société juste.

Cette société juste doit combiner l’écologisation des moyens de production et d’échanges et une nouvelle répartition des richesses portée par l’égalité réelle.

Notre nouveau modèle s’appuie sur un fort taux d’emploi, un service public fort, des systèmes sociaux efficaces. Il a quatre défis, le vieillissement, la question des banlieues, la modernisation de l’appareil productif et la réhabilitation de l’intérêt général.

La société civilisée, un modèle de croissance juste, un Etat social actif. Tel est le triptyque du socialisme des temps modernes. Et l’écologie me dira t-on ? Essentielle ! Mais n’oublions pas que le fait majeur des élections européennes fut l’abstention et sous l’abstention il y a la question sociale qui taraude la France.

Par contre nous assistons à la fracture écologiste où les « bobos » mangent bio, prennent soin de leur santé, de leur poids pendant que d’autres subissent toutes les plaies du mode de production productiviste.

Pour autant, l’écologie ne doit pas être la religion du Nord déversant ses normes protectionnistes et ses poubelles au Sud.

Alors il n’y a pas de nouveau modèle sans gouvernance mondiale. Et il n’y aura pas de gouvernance mondiale sans Europe.

La victoire de Barack Obama n’est-elle pas une chance historique pour l’Europe ? Les États-Unis se concentrent d’abord sur leurs enjeux nationaux. On peut même s’interroger pour savoir si le nouveau siècle du rêve Américain est possible. Leur Président a donc une vision pragmatique multilatérale.

C’est maintenant qu’il faut agir pour l’Europe. Il faut aller le plus loin possible dans la coordination des Etats nations et le système de codécision communautaire (Parlement/ Conseil de l’Union) L’émergence d’un nouveau modèle et l’affirmation européenne est le dessein de toute une génération.

Les sociaux démocrates européens ont fait un pas pragmatique mais tardif de rupture avec le social libéralisme. Après leur défaite, ils se fixent comme objectif dans un congrès en décembre de travailler à leur modèle continental.

La première tâche du socialisme européen, c’est la distinction, avec clarté, avec le cours libéral, et la constitution des moyens de désigner le candidat de tous les socialistes européens lors des prochaines élections européennes.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Ne crois-tu pas que le PS Français s’honorerait à porter ce cours nouveau ?

Nous le voyons, il ne s’agit pas de faire petit mais de faire un appel à une renaissance dans les conditions d’aujourd’hui avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui, comme aurait dit le Général de Gaulle à propos de la Cinquième république.

Dans le même mouvement, les socialistes veulent faire respirer la société et ceci ne veut pas dire diluer l’Etat. Disons-le nettement. Il n’y a pas de démocratie sans un Etat fort et impartial. Et ceci d’autant plus que la révolution de l’internet et l’individualisme consumériste conditionnent le rapport à la démocratie dans une sorte de glasnost planétaire.

Nous voulons combattre le double affaiblissement d’un état abaissé et impuissant, et d’une société indolente et dépolitisée.

Nous refusons un État qui sous-traite aux collectivités locales, tout en les étranglant financièrement, une société à ce point laissée à elle-même, qu’elle pousse les gens qui se sentent seuls face au monde à s’enfermer dans des solidarités ethniques ou religieuses.

Il est, en outre, proprement invraisemblable que l’Etat qui prête aux banques ou réduit la TVA dans la restauration n’ait pas un droit de regard pour faire triompher l’intérêt général.

L’intérêt général, c’est le maître mot à reconquérir face à la société des individus promue par la droite européenne. Respecter l’individu, promouvoir sa volonté de maîtriser son destin – sans tomber dans l’individualisme consumériste de Nicolas Sarkozy – c’est cela retrouver les valeurs chères à Martine Aubry.

Il faut redonner des couleurs à la République par un Etat social, actif, stratège et impartial.

Tu reconnaîtras avec moi que l’impartialité est une question cruciale en France. Il y a là, indépendamment de notre combat quotidien, un champ politique pour une recomposition.

L’année sera riche pour avancer dans un dialogue avec les Français sur ces thèmes. Le tour de France sur le projet devrait nous permettre de définir notre modèle de société, comme la convention de janvier 2010 sur le modèle de production – qui doit être ambitieuse mais rassembleuse parce qu’il serait incongru de se diviser à deux mois des élections régionales – et notre rendez-vous de juin 2010, consacré aux moyens de notre rénovation.

N’y a t il pas, à partir de ce dessein, qui doit bien sûr être décliné programmatiquement, les moyens de bâtir un nouveau souffle digne d’un Front Populaire et de battre Sarkozy ?

Car on doit se poser la question tant on voit certains d’entre nous faire l’impasse sur 2012 pour être déjà candidats en 2017.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Faut-il s’allier avec le Modem ?

On a beau trancher dans les congrès, François Bayrou a beau perdre aux municipales, aux cantonales, aux européennes, il reste tel le sparadrap du Capitaine Haddock, collé aux débats du PS. Ce débat-là divise et attise la polémique !

Nous le savons bien, au-delà des proclamations, c’est l’élection qui fait l’alliance. Personne ne met sur le même plan une municipale où l’hégémonie électorale du PS est incontournable, et une présidentielle où elle est contestée.

Le seul débat qui vaille est celui-ci : l’alliance avec le Modem est-elle pertinente au regard de notre projet politique ? Est-ce utile pour construire la victoire ?

De toute façon, François Bayrou ne partage ni notre stratégie ni notre projet. Hier il souhaitait être l’autre droite, aujourd’hui le centre mais toujours pas la nouvelle gauche. Son credo est celui de Valéry Giscard d’Estaing, rassembler deux Français sur trois autour de lui. Il souhaite une recomposition politique qui passe par un double éclatement du PS et de l’UMP. Le souhaitons-nous ? Serions-nous à ce point électoraliste que, quelque fut le contenu d’une alliance improbable, seule la victoire compterait ? Encore que ceci n’est même pas certain. Serait-il possible pour une fois, une fois seulement, de se poser cette question : pourquoi faudrait-il que les socialistes s’allient principalement avec le modem ? Pourquoi faudrait-il que les socialistes s’allient avec le Modem alors que François Bayrou ne le souhaite pas ? Alors qu’il fait de notre rupture avec la gauche unie le préalable à sa recomposition ? Je n’ai jamais entendu un partisan de l’alliance avec le Modem stigmatiser le refus de François Bayrou de s’allier avec la gauche. L’argument est toujours utilisé pour stigmatiser le PS. Mais je t’assure, François Bayrou n’a aucune envie de cette alliance.

On le comprend d’ailleurs, le « centrisme présidentiel » n’a de sens que dans une capacité à déborder le PS. S’il s’allie clairement avec la gauche, il devient un partenaire comme les autres et se prive de la possibilité de nous supplanter à la présidentielle. Le fait que François Bayrou soit tout à la fois trop à droite pour la gauche et trop à gauche pour la droite pour un deuxième tour présidentiel, n’est souligné par personne.Tout le monde croit ou fait mine de croire… qu’il suffit d’être au deuxième tour pour que le mouvement soit mécanique.

François Bayrou a une stratégie et je ne vois pas pourquoi il faudrait le lui reprocher : être le recours face à Nicolas Sarkozy. Dans cette voie, il ira le plus loin possible avec la gauche sans pour autant perdre sa position d’équilibre. Il pourra même dire qu’il ne mêlera pas ses voix avec les partisans de Sarkozy. Mais à partir du moment où il refuse la gauche, tu avoueras que cela ne nous avance pas beaucoup. À moins de choisir François Bayrou comme candidat, ce qui est encore autre chose, je ne vois pas pourquoi il faudrait faire de cette question le problème stratégique central.

On peut aussi comprendre les écologistes car dans une alliance Modem-PS-Verts, ils peuvent se penser le pivot. C’est toute la stratégie de Daniel Cohn-Bendit. Est-ce celle des Verts ? Le fait que cette stratégie n’a aucune chance de l’emporter à l’élection présidentielle n’est pas non plus un problème pour le Président du groupe écologiste au Parlement européen. Il parie sur un processus long et inéluctable de substitution au PS. Au nom de quoi devrait-on être à ce point masochiste pour faciliter des stratégies qui ne nous veulent pas du bien ?

Il reste que l’on ne peut pas décréter l’alliance avec quelqu’un qui ne le veut pas. Pourquoi veut-on que le Modem se suicide pour le PS ? François Bayrou voudra bien s’allier demain s’il est aux commandes. Mais on n’arrimera jamais « l’espace gauche critique » à cette alliance. Et ce n’est pas parce que nous avons eu raison historiquement sur la gauche communiste, voire gauchiste, qu’elle n’est pas une réalité électorale autour de 10 %.

Pour autant, l’alliance est aussi tout impossible pour ceux qui réclament l’union avec l’extrême gauche. Ils sont, il est vrai, plus discrets, sachant que l’aventure donne des haut-le-coeur aux bobos citadins, surtout si ce sont d’anciens soixante-huitards. Olivier Besancenot, pas plus que François Bayrou, ne veut d’une alliance avec nous, encore moins gouverner avec nous. Nous sommes un obstacle dans leur stratégie. Et celle de Jean-Luc Mélenchon – qui a été étonnement reçu par Nicolas Sarkozy au lendemain des élections européennes – est de parvenir à construire un front de gauche de Marie Georges Buffet à Olivier Besancenot capable de peser sur nous, induisant une alliance tellement à gauche qu’elle libérerait une partie de notre électorat vers François Bayrou.

Alors comment régler la quadrature du cercle ?

Nous sommes socialistes. Il ne me semblerait pas amoral que nous nous occupions à garder notre place. Le PS n’est pas la résultante un jour de l’alliance avec Olivier Besancenot parce qu’il y a des mouvements sociaux, le lendemain avec François Bayrou parce que dans les sondages « c’est le meilleur opposant », enfin avec les Verts parce qu’ils ont fait une percée significative lors des dernières élections. Ne commençons pas par inventer des stratégies hasardeuses qui nous affaiblissent. Partons de notre projet, de nos principes, de notre volonté, pour construire une alliance efficace qui fasse prospérer tous et chacune de ses composantes. Nous voulons gagner avec des partis qui sont des partenaires acceptant de gouverner avec nous. D’autres refusent cette perspective, mais ont un adversaire commun : Nicolas Sarkozy.

Alors prenons les uns et les autres au défilé du langage. « Vous voulez gouverner, eh bien, travaillons à cela. Bâtissons un projet ensemble, une maison commune ». « Vous, vous voulez vous opposer au pouvoir, on ne vous en empêche pas. Manifestez-le ».

Distinguons le contrat d’union qui donne dynamisme, certitude et direction, de la convergence anti-sarkozy qui fait le nombre. Le contrat associe ceux qui veulent gouverner ensemble une municipalité, une région, notre pays. La convergence est la manifestation sans préalable de la volonté de défaire le clan sarkozien.

Notre discours est simple : «  Si votre opposition à Nicolas Sarkozy est réelle alors soutenez la gauche unie quand elle sera en situation de battre Sarkozy  ». Si François Bayrou et Olivier Besancenot avaient clairement choisi leur camp aux présidentielles, nous n’en serions peut-être pas là. Alors, ne recommençons pas. Mais pour mettre en place le rasoir à deux lames, il faut que le PS retrouve une âme. Nous y reviendrons.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Faut-il faire l’impasse sur 2012 ?

«Nicolas Sarkozy serait imbattable, nous l’entendons ici ou là et beaucoup de parcours individuels sont construits sur ce pari.

Ce n’est pas parce que pour l’instant on ne voit pas qui peut battre Nicolas Sarkozy, qu’il ne peut pas être battu. Cette situation n’a pas que des désavantages. Le Président de la République est déjà candidat et il ne sait pas qui il devra affronter. Mis à part une instrumentalisation européenne et un entregent au Moyen-Orient, le bilan international de Nicolas Sarkozy est critiquable : une querelle puérile avec Barack Obama, une phase « Glucksmann » puis le retour à la méthode Chirac avec la Russie, le pataquès grotesque avec la Chine, des familiarités sans stratégie avec le Brésil, un lien évanescent ou méprisant avec l’Afrique. L’international n’est pas sa force mais sa faiblesse. La façon dont le Président a été traité par Barack Obama, vingt minutes dans une sous-préfecture, lors des fêtes du débarquement, est illustrative. Jamais, dans notre histoire, un Président de la République française n’avait été traité de cette façon. Cela en dit long sur le jugement américain vis-à-vis de la gesticulation sarkozienne. Nicolas Sarkozy est tout autant contesté dans les sondages, sa cote est négative, si l’on met de côté l’effet « malaise cardiaque ». Et aucun de ses engagements n’a été tenu, bien qu’il affirme sans cesse le contraire. Les Français ne sont pas favorables ni au Président de la République, ni à l’UMP. Lors des européennes avec 28%, l’UMP était en tête, mais comme l’a dit l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin : « sans allié, c’est la défaite assurée ».

La désunion à droite est moins médiatique qu’à gauche. On se demande bien pourquoi ! Mais elle est bien réelle et plus violente. Les révélations sur les raisons supposées de l’attentat à Karachi contre des ressortissants français, sur des commissions contractées sous le gouvernement Balladur qui n’auraient pas été reversées ne sont-elles pas l’oeuvre des proches de Villepin -Chirac ? L’affaire de l’assassinat des moines de Tibehirine en Algérie, mettant en cause le gouvernement de Jacques Chirac couvrant par un silence complice une bavure de l’état Algérien n’est-elle pas la réplique ? Et attendons le procès « Clearstream » alors que Dominique de Villepin menace de se présenter aux élections présidentielles, rêvant d’unir la droite dure et l’espace -pour l’instant en jachère- de François Bayrou. Par ailleurs, je ne sais si Philippe Seguin est un sarkozyste convaincu, mais le rapport de la Cour des comptes sur l’Elysée n’est pas un cadeau. L’affaire des sondages fut vite étouffée, il n’en reste pas moins qu’une part importante du dispositif élyséen, c’est-à-dire l’influence médiatique via les sondages, est maintenant dévoilée.

Quel socialiste aurait pu dire qu’il pendrait son adversaire à un croc de boucher ? N’est-ce pas ce qu’a dit le Président de la République poursuivant de son courroux l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin ?

La concentration du pouvoir ou l’ouverture font grincer des dents au Parlement. L ‘affrontement Coppé-Bertrand est connu de tous. Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir grâce à une OPA sur le Front National, recyclant ses thèmes et assumant une droite dure et libérale, décomplexée. La nouvelle phase « giscardienne » pour paraphraser un de nos éditorialistes, ne va pas sans poser de problèmes dans la droite de la droite, tout en agaçant les libéraux qui goûtent peu la rhétorique « gauche » du Président. Enfin, sur le plan électoral, on a eu tort de sous-estimer dans l’analyse des résultats aux européennes ceux du Front National et de de Villiers. Voilà 10 % qui ne demandent qu’à être incarnés.

Nicolas Sarkozy sans allié est décrié. Il ne peut gagner que par la division de ses adversaires. Il s’emploie d’ailleurs à tronçonner ces derniers. Il prend soin en outre que personne ne l’emporte définitivement dans les sondages.

Pour Nicolas Sarkozy, l’année est cruciale. Non seulement parce qu’il va affronter les déficits publics, sociaux et démocratiques mais aussi parce qu’il lui faudra marquer un point décisif aux élections Régionales. Tu partageras avec moi l’idée que le moment est tout autant critique pour nous. Nicolas Sarkozy prépare cette échéance avec soin.

Le triptyque du Président pour les Régionales est simple. Souffler sur les braises d’une concurrence hors de propos entre les oppositions pour rendre difficile le second tour. Lancer une campagne populiste contre la décentralisation et « l’empilement des élus ». Entretenir une polémique artificielle à propos des impôts.

On peut résumer la campagne régionale ainsi : d’un côté les régions pour lui, de l’autre, les régions pour tous. L’UMP veut ramener des régions à Sarkozy tout à la fois pour lui offrir un succès en ouvrant le chemin de sa réélection et surtout pour faire aboutir la recentralisation de l’État via une pseudo campagne sur la superposition des compétences, et l’inflation du nombre d’élus. On veut retirer un pouvoir de proximité aux Français pour mieux le concentrer dans une seule main. C’est la bataille de la décentralisation contre la recentralisation.

Les partis de gauche et les écologistes sont prévenus. Ils ont gouverné les régions pendant cinq ans dans l’union. La désunion leur fera perdre les régions mais plus encore, elle ouvrira les portes à la réélection de Nicolas Sarkozy.

Il n’y a aucune raison que Nicolas Sarkozy gagne les régionales et les futures Présidentielles. D’abord, il ne le mérite pas ! Il n’est pas certain d’ailleurs que les Français, déjà maussades aujourd’hui à son égard, ne souhaitent pas le changement, à la sortie de crise. Et puis le mauvais bilan est là. Nicolas Sarkozy ne fera pas le grand chelem : Ile de France, Rhône-Alpes, PACA, son rêve secret, sauf si nous sommes divisés.

Regarde où en est le pays. Nicolas Sarkozy laisse filer le déficit public, laisse filer le chômage, laisse filer l’insécurité. Libéré qu’il est des critères de convergences de l’euro, Nicolas Sarkozy creuse dangereusement les déficits au point que la Cour des comptes s’en alarme. Nicolas Sarkozy laisse filer car il a renoncé à toute réforme fiscale et maintient le bouclier pour les plus riches. Quant à l’impôt, il est amusant de le décréter pour s’interroger après : À quoi cela doit-il servir au juste ? Il est coûteux et injuste. Nicolas Sarkozy n’échappera pas à un plan de rigueur fondé sur la diminution des dépenses dans le domaine de la santé, de la retraite ou de l’éducation. Ce sera le débat de l’automne.

Sa politique ne peut créer le choc de confiance qu’il appelait de ses voeux. Car Nicolas Sarkozy c’est la société de l’angoisse ; Pour soi, pour ses enfants, pour ses parents. On le voit partout. Après les séquestrations des patrons, c’est aujourd’hui les « bombonnes du désespoir ». Où en est la sécurité sociale professionnelle protégeant ceux qui travaillent dur ? Où sont les initiatives pour défendre industriellement l’Europe après l’épisode calamiteux entre la France et la Chine ?

La façon dont le pouvoir est immobile face aux explosions sociales est illustratrice de cet état. Quant à la situation faite aux jeunes en cette rentrée, elle est explosive et laissée sans solution. Et la sécurité ? La théorie sarkozienne selon laquelle on sécurise les centres villes et l’on organise des coups de poings en banlieue est un fiasco. Bref, le système Sarkozy a échoué.

Les atteintes à la personne augmentent dramatiquement, les banlieues s’exaspèrent et les bobos enragent de voir leurs pare-brise couverts d’amendes ou par le stakhanovisme dans l’enlèvement des véhicules.

Partout l’angoisse, la colère rentrée, le découragement, même à l’école où l’on supprime tellement de postes que les enseignants ne savent plus comment faire face. Dans le même temps, l’école n’est plus le lieu de l’acquisition des connaissances pour apprendre à apprendre, mais le parcours du combattant de l’excellence scolaire. L’école sous Sarkozy se résume à une gigantesque machine à « bachoter ». On a oublié les jolis mots « éduquer » et « s’instruire », chers au philosophe Alain.

Est-ce que cette angoisse débouchera sur la colère et l’envie de changement ? J’ai, en janvier dernier, pensé que le mouvement social irait croissant. Force est de constater que les salariés préfèrent obtenir des primes pour partir, que se battre contre les licenciements. Cela en dit long sur le scepticisme ambiant, mais ne dit rien sur le débouché de la colère sociale rampante. Pourtant, tu vois comme moi, non seulement une vraie misère en France, morale, psychologique, culturelle, le chômage à la hausse, une peur palpable de la relégation, des diplômés qui prennent des emplois non qualifiés, faute de mieux, mais aussi la réduction collective du train de vie des Français. Cela ne peut durer très longtemps !

Mais enfin ! Qui peut croire que Nicolas Sarkozy, limité par les déficits, contesté socialement jusque dans sa majorité, par exemple sur le travail du dimanche, empêtré dans ses réformes qui ne passent pas comme Hadopi, incapable de répondre sur le logement et préparant un tour de vis sans plan de relance. Peut-on croire que Nicolas Sarkozy soit en situation de l’emporter ?

Il faut redonner espoir en bâtissant un discours politique tourné vers l’avenir. Et cela passe par l’union. Les socialistes ne peuvent espérer rassembler la gauche puis le pays en étant eux-mêmes désunis.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

Alors que peut-on faire ? Ne pas nuire aux autres ! Rien de plus…

Le socialisme est une histoire qui nous dépasse. Elle n’est pas à ranger au rayon des accessoires. Les socialistes de nos jours sont accablés dès qu’ils sont attaqués. Qu’est ce qu’une vague campagne de presse, un déchaînement médiatique au regard de ce que nos aînés ont dû subir pour s’imposer ? Si on veut être fidèle à ce que furent les raisons de notre engagement, et même si on veut un destin, il faut avoir l’honnête courage de l’action collective, dont le premier acte éthique est la volonté d’élever notre action vers l’intérêt général et non de nuire aux autres.

Alors arrêtons les faux débats. Le diagnostic sur le PS est partagé. Cessons les faux clivages « appareil » contre « rénovateurs », personne ne veut garder le PS d’Epinay et personne n’a sérieusement les moyens de liquider le PS. Cessons les fausses postures, le débat droite-gauche dans le PS est largement dépassé car il s’agit d’une refondation.

Et surtout, cessons de saper notre travail et le cheminons vers l’union. N’avons-nous pas réussi à surmonter le schisme politique dépassant le oui et le non au traité constitutionnel européen et ceci dans une résolution que personne n’a démentie ?

Le Congrès de Reims n’est-il pas derrière nous ? Chacun n’a t-il pas, s’il l’a souhaitée, une place dans la direction ? Martine Aubry, Ségolène Royal, Bertrand Delanoë, Laurent Fabius n’ont-ils pas fait les gestes pour permettre de jeter la rancune à la rivière ? Mais pour autant, ne nous comportons pas en pachas satisfaits des positions acquises. Ecoutons les Français. Il y a un travail de vraie rénovation à faire. Il faut en finir avec cette stratégie néfaste pariant sur l’effet mécanique de l’alternance. Elle nous a déjà fait perdre deux élections présidentielles.

Les parlementaires ont adopté un texte en juillet disant « Ça suffit ». Ne serait-il pas temps d’avancer vers un vrai pacte d’union entre nous pour la refondation ?

La Rochelle doit être le premier acte de cette union, que chaque élu, chaque responsable s’engage pendant un an à ne pas critiquer le PS ou ses camarades et à oeuvrer vraiment à la refondation.

S’il s’avère impossible de faire taire les critiques ou le bal des moitrinaires, alors, il faudra s’organiser pour faire parler la rénovation et le rassemblement.

Nous n’en sommes pas là.

Cher (e) camarade, Cher (e) ami (e),

J’espère avoir répondu aux questions les plus répandues et que cela aura nourri ta réflexion. Il ne s’agit pas de te convaincre de tout, une réflexion n’est pas parole d’évangile mais si j’ai pu éclaircir les enjeux et militer pour défendre le rassemblement, mon effort n’aura pas été vain.

Je sais que sous la torpeur estivale, chacun prépare la rentrée. Je forme le voeu avec toi que celle-ci soit constructive. Nous jouons bien plus que l’avenir personnel de quelques uns, c’est d’une part de notre histoire et de l’avenir des Français qu’il s’agit.

Téléchargez la lettre en PDF

Les commentaires34 Commentaires

  1. gilles bertin dit :

    Voila la réponse que j’avais fait au 200 députés PS:

    HALTE AU FEU »

    « Maintenant ça suffit! », « halte au feu! » ont lancé les
    députés PS à la direction du parti après les querelles entre
    Martine Aubry et Manuel Valls, dans un texte qui vise
    indirectement leur turbulent collègue de l’Essonne.
    « Chacun est libre de son expression, de son ambition, de
    l’épanouissement de son talent. Mais pas sur le dos de ses
    propres amis, pas sur le dos de nos concitoyens qui doivent
    pouvoir adhérer à un véritable changement politique »,
    protestent les députés PS.
    Le groupe (quelque 200 députés) a adopté ce texte à
    l’unanimité lors de sa réunion hebdomadaire. Manuel Valls
    était absent.
    « Chacun doit se souvenir qu’il doit son élection à la
    confiance des militants du Parti socialiste et de ses
    électeurs. Halte au feu! Notre combat mérite mieux que les
    extravagances et le manque de sang-froid. Notre combat doit
    être mené à gauche avec fierté, la tête haute et en dehors
    des cimetières », conclut le texte.
    « Ca s’adresse aussi à Manuel Valls mais pas seulement à
    lui », précise un responsable PS en citant « Arnaud »
    (Montebourg) et « Julien » (Dray), qui ont critiqué récemment
    le PS et sa Première secrétaire.

    « C’est une réaction des députés PS qui ne comprennent pas
    que leur travail soit couvert par les bruissements de Solférino »

    C’est trop tard messieurs les 200 députés PS.

    Vous vous indignez maintenant; alors que la tragédie que
    vivent tous les militants depuis des mois est de votre responsabilités.

    Pour moi vous n’êtes plus crédibles fermez là SVP!!!!AS+

    Ton analyse est très lucide et exacte a 95%, donc peu crédible,

    UN AN ENCORE vous y croyez!!!!! AS+

  2. Makno06 dit :

    Merci L’essentiel est aussi de ne pas opposé « les politiques » aux mouvements sociale car cela n’a pas de sens.
    La très grosse désafection lors des élections prud’hommale montrent le poid réel des syndicats dans le paysage social français.
    Le travail de fond, de l’Etat, fait pour empecher l’existence de coordination associative forte et puissante, localement, régionalement ou nationalement, démontre aussi la fragmentation importante de « la militance » qui elle n’arrive à s’organiser que ponctuellement.
    C’est de cette nouvelle relation entre le citoyen et le pouvoir, fait d’aller/retour, d’une pratique militante ou d’adhésion militante consumériste qu’il faut traiter.
    Le mandat unique dans la représentation politique devient un enjeu social majeur.Il doit permettre non seulement le renouvellement des élites (politiques, syndicales, associative) mais aussi assurer le brassage des idées dans tous les recoins de la société.
    La compétence technique est de l’ordre du savoir faire, la compétence polique du savoir être. L’un n’empêche pas l’autre mais dans notre démocratie c’est bien la préeminence du second qu’il faut remettre en avant et s’assurer d’un statut protecteur pour l’élu.
    Choisir un politique en raison de sa compétence technique c’est croire qu’un financier pourrait être un bon ministre des finances et cela marche aussi dans le sens inverse.
    Donc essayons de proposer un modèle de représentation où il n’y a pas de professionnel de la politique mais des hommes et des femmes qui pendant un moment vont oeuvrer pour le bien collectif. Après ils doivent pouvoir retrouver une place normale dans la société, sans avantage particulier mais avec au minimum la sécurité de retrouver une situation digne.
    Un peu confus par rapport aux reflexions des autres camarades mais on écrit comme on peut.@Pierre-Alain Weill

  3. Appel pour le mandat électif unique

    La situation actuelle du PS suscite depuis plusieurs années mais plus spécifiquement encore depuis la défaite aux européennes de nombreux commentaires (et vocations épistolaires) évoquant unanimement la nécessité de changer les paroles et les actes, citant même quelquefois au passage la nécessité du passage au non-cumul des mandats.
    Cette question, pas plus que celle des alliances, n’est anodine ou anecdotique pour un parti politique: c’est même bien souvent à l’aune de la pratique et de la stratégie d’alliances que la validité du discours est évaluée par les citoyens.

    La parole politique en démocratie s’inscrit, en effet, par principe, dans un registre qui n’est pas celui de la force, des menaces ou des intérêts particuliers mais dans celui de l’argumentation. Un parti et ses candidats aux élections doivent convaincre les électeurs que ce qu’ils proposent est valide et susceptible de recevoir leur assentiment. La parole est, en effet, un acte et, plus précisément, comme l’a expliqué le philosophe allemand J.Habermas un « engagement » du locuteur qui exprime des « prétentions à la validité » allant bien au-delà de la seule signification linguistique des mots ou du respect de la logique, englobant également la prétention à la vérité, la pertinence au regard des normes et…la sincérité. L’on n’est pleinement compris que lorsque notre interlocuteur reconnaît la validité de ce que l’on exprime. Pour un parti politique, se faire comprendre est donc nécessaire avant la concrétisation de cette compréhension-évaluation par un vote. Inversement, la défaite est la résultante d’un manque de validité accordé à ses paroles que cela tienne à manque de pertinence ou de cohérence accordé au contenu de ses propositions comme au manque soupçonné de sincérité de celui qui les émet.

    Or, au regard de ces différentes prétentions -qu’il s’agisse de la cohérence des idées, de leur bien-fondé ou de la sincérité de celui qui les énonce- la question du mandat unique prend toute son importance.

    Loin de constituer une question secondaire, le mandat électif unique représente une des clefs décisives qui peut permettre à la démocratie représentative d’éviter un « malaise dans la représentation » dû à son manque de « représentativité ». Il permet également de lutter contre une conception trop passive que le citoyen peut se faire de son rôle en le cantonnant à la désignation par le vote de représentants quasi-professionnels. Il n’est pas nécessaire de faire compliqué : moins de cumuls, c’est plus d’élus, plus de citoyens impliqués.

    Mais le mandat unique rend également plus crédible la parole des représentants et empêche le soupçon si dangereux en démocratie d’une instrumentalisation des mandats à des fins personnelles et carriéristes. La critique populiste a, en effet, beau jeu de taper sur la démocratie représentative en brandissant le soupçon de l’ instrumentalisation de l’intérêt général au service d’intérêts particuliers, soupçon on le sait renforcé par les fluctuations opportunistes de ceux qui n’hésitent pas à aller de la gauche à la droite pour un maroquin ministériel ou un mandat local. La généralisation (« tous pourris ») est, bien entendu, intolérable. Elle n’en pointe pas moins ce qui rend si critiquables ces comportements marginaux dits d’ « ouverture » : le non-respect d’une nécessaire éthique politique, implicitement revendiquée d’ailleurs par tous ceux qui prétendent au suffrage du peuple. Quel candidat se présenterait aux suffrages en disant ouvertement : désignez-moi car je veux du pouvoir et de l’argent ? Même celui ou celle qui ne serait guidé (e) que par ces motivations devrait stratégiquement les occulter ! Ce «devoir-masquer » n’est pas anodin mais le signe d’un consensus implicite sur les valeurs au fondement de la démocratie, en particulier celle de l’égalité des citoyens et du nécessaire dépassement de l’intérêt privé pour la prise en considération de l’intérêt général. L’instrumentalisation individualiste du mandat est une entorse à ces principes et si, elle existe de fait, elle ne peut être revendiquée avec validité car, au fondement de la démocratie, se trouve précisément l’opposé de la réduction stratégique de l’autre à un moyen. Que cet idéal fondateur ne corresponde pas au réel ne change pas le fait qu’on ait à s’y référer et qu’il puisse par là orienter les améliorations nécessaires au fonctionnement démocratique.

    Le soupçon d’insincérité est amplifié s’il porte sur des représentants censés, de plus, lutter contre les inégalités matérielles, pour la solidarité et non l’individualisme. Critiquer le « travailler plus » et prôner le partage du travail et des richesses tout en pratiquant un « cumuler plus » des mandats et des indemnités qui y sont attachées risque bien de s’apparenter à une certaine contradiction qui ne pourra être dépassée que par de talentueuses contorsions sophistiques.

    Générateur d’absentéisme plus que de lien supposé nécessaire avec tel ou tel « terrain» national ou local, de report inévitable sur des épaules clandestines d’un travail qui devrait être mené en responsabilité propre, le cumul des mandats nuit également au fonctionnement des partis qui le pratiquent quand le mandat unique pourrait leur éviter de se dévitaliser et de se dépolitiser en se transformant en simple machine électorale à désigner un nombre très restreint de candidats de façon plus ou moins transparente et plus ou moins en conformité avec l’idéal pour lequel la plupart se sont engagés.

    Pour beaucoup d’élus, la motivation n’est pas la concentration du pouvoir et l’accumulation de richesses et le cumul peut apparaître comme un moyen stratégique efficace pour faire avancer les idées en supposant que la victoire sera plus facile si la médiatisation est simplifiée car concentrée sur quelques personnes reconnues. Mais… on peut médiatiser une pratique (pensons à la parité !) et le moyen stratégique risque fort sinon de se retourner contre la fin qu’il prétend servir. Face à l’écart entre ce que nos paroles revendiquent – l’égalité formelle que tout démocrate revendique associé à la lutte des femmes et des hommes de gauche contre les inégalités matérielles – et une pratique politique de confiscation du pouvoir entre des mains trop restreintes, la solution est la défense d’un contre-feu institutionnel rendant impossibles les cumuls électifs (et pas seulement ceux des députés).

    Mais, alors que le Parti Socialiste ne cesse de subir des défaites explicables par le manque de validité accordé à sa parole (nature insuffisamment socialiste de ses propositions et manque d’incarnation par ses représentants des valeurs prônées), il aurait tout intérêt à en prendre acte « ici et maintenant » au lieu de tergiverser sur la question ou de la réduire à la question du mandat parlementaire.

    En appliquant dès les élections régionales le principe du mandat unique au lieu d’attendre d’être au pouvoir pour éventuellement l’institutionnaliser, les socialistes redonneraient à leur parole une partie de la crédibilité dont le manque entraîne, au contraire, leurs défaites successives. En commençant par mettre en œuvre ce que nous devrions prôner pour tous au lieu d’attendre d’être au pouvoir pour éventuellement y songer, nous éviterons en laissant persister des cumuls de laisser peu de chances à nos paroles de convaincre nos concitoyens de leur validité.

    C’est pourquoi, il est urgent que tous les militants socialistes conscients de l’intérêt d’une pratique politique nouvelle passant par le mandat électif unique et de l’urgence de la mettre en place le fassent connaître dans leurs sections et leurs fédérations.

    J’ai en ce sens invité tous les militants de la Fédération de Vendée à laquelle j’appartiens convaincus par la nécessité de ce changement à porter collectivement cette revendication et ce tous courants confondus en signant la charte ci-dessous. . Elue pour ma part, je me suis engagée à défendre et à appliquer ce principe « ici et maintenant ».

    Martine Chantecaille,

    Charte pour le mandat unique limité dans le temps

    Parce que nous voulons une démocratie représentative vivante et forte,
    parce que nous voulons éviter les dérives possibles de la concentration du pouvoir par des cumuls de mandats peu limités dans le nombre et le temps ,
    Parce que voulons que nos pratiques politiques soient en parfaite cohérence avec nos convictions démocrates et socialistes, nous, militants du Parti Socialiste de la Fédération de Vendée, nous engageons à n’exercer qu’un mandat électif limité dans sa durée.

  4. jacques dit :

    C’est le texte le plus intelligent et le plus éclairant que j’ai lu depuis longtemps! Cela change agréablement de ce qu’on lit en ce moment. Merci donc. Une seule remarque: tu dis «  »ce n’est pas parce que pour l’instant on ne voit pas qui peut battre Nicolas Sarkozy (…) »; or je vois bien en ce qui me concerne qui peut battre sarkozy, je suis sûr que toi aussi du reste, et je suis prêt à parier qu’on pense à la même personne!
    Amicalement.

  5. […] août 2009 in Chroniques de gauche Belle communication. Jean-Christophe Cambadélis a publié une réponse à un militant socialiste désemparé sur son blog. Libération y consacrait une pleine page dès le lendemain. Je ne m’attarde que sur quelques […]

  6. ASHC du PS dit :

    Aujourd’hui, le problème du parti pour gagner les Présidentielles de 2012, seule élection accessible, n’est pas un problème de PROGRAMME et encore moins de « LEADERSHIP » OU DE PRIMAIRES, mais de STRATEGIE.

    Le nom des deux candidats PS en mesure de gagner la Présidentielle de 2012 est déjà inscrit dans les sondages d’opinion qui détermine « le vote de marque » des citoyens dans le cadre de la démocratie médiatique incontournable. Par déduction, ces sondages listent déjà les noms des camarades du PS désormais « hors course » pour les présidentielles qui rend dérisoire et contre-productif l’organisation improvisée de primaires élargies et nébuleuses qui compromettraient la victoire des deux seuls candidats en capacité de gagner en 2012 avec le soutien électoral de l’opposition.

  7. Francis dit :

    Bonjour,

    Cette réflexion me laisse un goût de trop peu dans la bouche. Car si le constat que le PS n’a pas su évoluer est bon les pistes de solution, elles ne me plaisent que moyennement.
    Je rêve d’une démarche plus globale :

    1 Construire et proposer un projet de société
    Attention un projet de société n’est pas un programme ni un catalogue de mesures, mais une description de la société telle que nous la souhaitons, avec des pistes institutionnelles, une réflexion sur les sujets d’aujourd’hui et de demain. Par exemple quelle place doit on accorder à la santé, liberté individuelle et sécurité collective, quelle Europe et pour quoi faire (fédérale, confédérale …), l’organisation territoriale de la France, quel modèle énergétique, quelle éducation & formation professionnelle, quelle place pour le travail etc etc (le sujet est trop vaste pour être détaillé).

    2 Organiser des primaires entre les candidats qui adhèrent au projet de société et les laisser dérouler leur vision du chemin (programme de gouvernement) pour aller vers la société de nos veux.

    Cela aurait pour bénéfice immédiat de nous sortir du vocabulaire de la droite. Par exemple à la question que proposez-vous pour réduire le déficit des comptes sociaux, avoir la possibilité de dire « La santé étant définie comme une priorité nationale, ce n’est pas un déficit, mais une affectation des moyens pour atteindre notre objectif ». Notre leader aura alors la charge de proposer le chemin.
    Ceci n’est qu’un exemple, mais parle t-on de déficit de la défense nationale ? Non car un consensus veut que c’est une tâche régalienne de l’état et que les sommes dépensées le sont en fonction des objectifs.
    Le deuxième bénéfice est de nous sortir de la problématique de la réponse aux propositions et actions de Sarko. Dérouler un projet différent nous donne l’occasion de présenter un ensemble, construit, basé sur des valeurs et la raison, donc susceptible de séduire une majorité de Français.

    Les points abordés dans ta lettre, Jean-Christophe, peuvent largement être dans cette démarche (cumul des mandats par exemple), mais aussi cette démarche est un chemin vers l’union, car construire un projet réalisable de société (un peu utopiste car il faut rêver un peu!) doit être ouvert à tous ceux qui sont prêts à mettre les doigts dans le cambouis (gouverner) et ainsi jeter les bases d’un rassemblement majoritaire.

    L’avenir du PS dans tout cela ? Si il sait être le moteur de cette construction, de cette définition d’une société française au sein d’un monde tel qu’il est, alors son avenir (peut-être sous une forme différente) est assuré, sinon mon regard se tourne Place du Colonel Fabien…

    En résumé
    Projet->Leader->Programme
    Objectif->Moyen->Outils

    Francis

  8. Raphaël dit :

    je suis relativement d’accord avec le message de François P.
    Il y a quelques années un livre était sortie sur la classe ouvrière – « la classe oubliée », je pense que cela résume bien.
    Le PS et l’UMP se précipite sur les classes moyennes. Donc, ces deux partis (différents je ne fais pas d’amalgame) acte le fait qu’au grand jamais la gauche du PS ne parviendra pas à s’organiser. Même s’il faut rester prudent sur ce point (et avant tout y travailler) je trouve cette position très péremptoire. Vous êtes peut-être trop sûr de vous sur ce coup-là en pariant que la gauche du PS va rester sur un « tout-étatisme » (qui est repoussoir pour bp de monde, à juste titre à mon avis). Il n’y a pas de destin ou de fatalité, mais avant tout du travail…Qui sera fait collectivement ou pas. En tout cas je pense qu’il faut être prudent ou mesuré à ce sujet, ce qui se ressent (et je me déplace aussi) quand on discute des aspirations de la « base » (dont je fais parti)

    M. Cambadélis a raison de faire preuve de prudence et prendre des distances – au moins écrites (le reste on suivra bien ce qui se passe au parlement européen) avec le social-libéralisme.

    Le sécuritaire est aussi une question de citoyenneté, de sociabilité. La course à la répression est illusoire dans le sens où plus les perspectives manqueront, plus les incivilités, vols, trafics se multiplieront. Plus que « tout tout de suite » (ce qui est impossible, on est entre adultes) c’est au moins l’impression que les « dirigeants » travaillent à cet effet, et que plus largement au sein de la société il y a des alternatives de productions, l’organisation de solidarité, un partage des richesses à l’oeuvre.

    Plus que la violence, c’est une lente dépression qui rampe. Une implosion, plus qu’une explosion.

    Idem, l’économie de marché, il faudra aborder cela de front. Sans offre et sans demande il n’y a pas de libertés d’expression, d’échanges de biens déconnexté d’une oligarchie… Internet est une forme de marché (qui ne capitalise pas d’argent toujours) ainsi que le marché dans le quartier ou des artistes qui exposent, des écrivains qui publient. S’il n’y a aucun marché il y a une dictature féroce. Je ne pense même pas qu’il y ait un parti qui ait la force populaire derrière pour imposer cela d’ailleurs…

    Plus que la question du marché, parlons de la limitation d’accumulation de biens et de l’extension de la « sanctuarisation » – services publics.

    Un marché pose la question de la moralité, du pouvoir et de l’argent qui n’est plus une médiation mais une fin en soit. Evidement, de la régulation internationale sans laquelle rien ne sera possible.

    Mais la question des valeurs est importante.
    J’ai été ouvrier pendant 10 ans.
    Pour la plupart de mes collègues – et camarades – l’impression c’est assez souvent d’avoir râté sa vie – tout le montrerait à la télé. Mais aussi parce que le travail est – généralement – répétitif y compris pour les ouvriers qualifiés (qui alternent entre 5-7 tâches au lieu de deux)

    On va me dire, c’est les ouvriers, c’est dépassé, c’est pas glamour et moderne. Négri affirme même, entre deux salons entre militants, qu’il n’y a plus d’ouvriers. Il n’y en a jamais eu autant dans le monde en fait, et ce malgré les hausses vertigineuses de productivité (multipliée par 20 au cours du XXème siècle, chiffre à pondérer selon les secteurs évidemment)

    Le PS doit apporter des réponses simples et lisibles à des problèmes complexes.

    Mais avant de passer aux réponses (le plus rapidement possible) et à une vision d’ensemble sur le vivre ensemble (avec nos tendances, les changements culturels, le respect entre générations) je ne suis pas certain que l’analyse de la situation soit toujours pertinente, non pas que les sociologues qui s’y penchent soient mauvais, bien au contraire, mais parce que les éléments sont très éclatés, à tel point que jusqu’à récemment il y avait la folle erreur d’annoncer que la pauvreté s’arrêtait aux 3 millions de chômeurs…

    Et j’en reviens à la logique sécuritaire qui laisse croire qu’on est au bord de la guerre civile, envahis par des hordes de barbares. COnstruction collective d’un mensonge… Même si les incivilités et les arnaques se développent (et les cambriolages de domiciles depuis un an) l’entiéreté du problème n’est pas abordé, ce qui rend tout débat sérieux impossible. Je ne défends pas du tout un laisser faire, laisser aller, mais fais juste remarquer que l’insécurité n’est pas que celle de bandes d’un côté, ou du travail de l’autre : c’est aussi une incapacité croissante à vivre ensemble parce qu’il n’y a pas de représentations collectives, de médiations ou de phénomènes de reconnaissances…

    Il n’y a pas d’éducation à la sensibilité, à l’image, à d’autres valeurs que le fric, ce qui fait que, même si c’est un lieu commun, la télé occasionne beaucoup de ravages. Surtout qu’il n’y a aucune réel contre pouvoir culturel au rouleau compresseur des Experts, de Secret story…

    Analyse des situations actuelles

    Principes (ou valeurs mais je n’aime pas ce mot trop connoté d’un absolu qui dépasse la politique)

    Vision politique à construire le plus collectivement possible

    et évidemment des propositions claires et simples…

    Le temps de faire ça n’est pas celui des luttes de pouvoirs, ou de la lutte contre la peur de mourir politiquement (ce qui est la même chose, un effet pervers de l’électoralisme, est-ce pour cela que les députés, inconsciemment, ont demandé il y a quelques années un CDI renouvelable tous les 5 ans).

    Personnellement je serai présent à ces débats.

    Raph.

  9. alex dit :

    – Petit plaidoyer pour les primaires –

    « Les primaires ne sont ni un moyen, ni une fin et encore moins un substitut à la vraie rénovation. »

    En effet, mais ce que beaucoup d’entre vous semblent ne pas voir c’est que ce serait le catalyseur pour l’émergence (enfin!!!) des résultats d’un travail de réflexion sur la société que vous ne cessez, semble-t-il, de remettre constamment à plus tard. Ainsi par exemple tu parles d’une « convention »(!) qui aurait encore lieu « après les régionales »(!)… On est toujours dans l’après.

    Le problème du PS? C’est qu’il n’arrête pas de décider de ne pas décider. Si un leader doit émerger un jour, ce sera celui ou celle qui prendra enfin la responsabilité d’être un décideur. Et cela ne va pas à l’encontre de l’idée d’un parti où l’on débat et ou vit la démocratie, bien au contraire: car c’est bien beau les débats et la démocratie, si à la fin aucune décision ne se prend ça reste du vent, et c’est bien ça qui fini par lasser!

    De plus, si certaines personnes défendent les primaires pour de mauvaises raisons (i.e. avancer leur propre candidature – et d’ailleurs pourquoi pas si ça peut donner de l’oxygène à un vrai débat?), celles qui s’opposent aux primaires peuvent tout autant le faire pour ces même mauvaises raisons (i.e. ne pas faire de l’ombre à leur propre candidature)! Cet argument est donc réfutable.

    Le PS est empêtré dans une absence de dynamique parce que couplée à l’absence d’un faisceau fédérateur de convictions et à une stratégie de rassemblement dont on attend depuis maintenant trop longtemps de voir les effets.
    Des primaires proposant des hommes et des femmes aux sensibilités diverses, avec chacun sa propre stratégie de rassemblement, avec chacun son faisceau de convictions et de lignes directrices, rendraient le parti riche de cette diversité de solutions, et offriraient ainsi une chance de voir enfin émerger, parmi ces tentatives, cette combinaison gagnante tant attendue.

  10. topaz dit :

    Sur la forme, la mise en page et la calligraphie de cette lettre sont très bien.

  11. topaz dit :

    Un constat lucide « tout le monde parle, mais personne ne répond », un pari difficile « c’est d’une part de notre histoire et de l’avenir des Français qu’il s’agit ». Bravo Camba pour ce bel essai, puisse-t-il contribuer à une rentrée constructive. Après les remords de 2002 et les regrets de 2006 … le PS devrait sortir renforcé de La Rochelle et décliner PS en parti serein, qui croit en ses chances en 2012 et qui a envie de se battre en serrant les rangs pour proposer une alternative « vivante ».

  12. Abdat dit :

    Européennes 2009 : enfin un score prometteur pour le PS!!!!!!

    Rénovation, Reconstruction, Refondation. A chaque lendemain d’élection perdue sa promesse, et à chaque veille d’élection sa désillusion.

    Depuis la présidentielle 2002, le parti socialiste a perdu sa crédibilité de parti de gouvernement. Du « je dis ce que je fais et je fais ce que je dis » de Lionel Jospin il est passé au « je vous dis ce que vous voulez entendre et je verrai bien ce que je ferai une fois au pouvoir ».

    Les élections et défaites se sont succédées sans aucune remise en cause, aucun réel questionnement, juste un semblant d’inventaire vite balayé par des congrès tragi-comiques dont le seul véritable objectif est de ne surtout rien changer et bien entendu surtout pas la direction, les fameux pachydermes. Ceux-ci sont d’ailleurs plus proches des mammouths que des éléphants tant leur discours est dépassé, d’un autre âge, d’une autre ère.

    Et si, enfin, la gifle électorale affligée par les citoyens (j’en fais parti et je n’en suis pas peu fier : pour la première fois depuis que j’ai la possibilité de voter je ne me suis pas déplacé aux urnes) était salutaire au PS. Ce résultat, je l’ai souhaité, je l’ai rêvé, et je l’ai fêté.

    Peut-être que nos dinosaures dirigeants comprendront que 2009 n’a rien à voir avec 1971 ou même 1981.

    La première des leçons à tirer est que nombre de citoyens, militants PS ou simples sympathisants ne sont plus d’accord pour signer un chèque électoral en blanc à un parti qui les snobe, n’a aucun dessein ou modèle de société à opposer à celui de notre Président actuel et adopte un discours inaudible et incohérent.

    Le PS doit arrêter de prendre les électeurs pour des imbéciles incultes et dénués de toute réflexion.

    Les arguments et slogans utilisés lors des élections présidentielles et européennes sont indignes d’un parti qui se veut, un jour, gouverner la France.

    Ainsi les « Sarko facho » et pire encore, l’instrumentalisation des jeunes de banlieue pour éviter un déplacement du candidat Sarkozy dans les quartiers populaires en fin de campagne présidentielle, sont des procédés proprement scandaleux, iniques que je condamne et même que je vomis. En manipulant les habitants de la sorte le PS ne fait que contribuer à stigmatiser ces quartiers. Que Monsieur Delanoe ou Monsieur Fabius ou Mme Royal ou Mme Aubry organisent des comités d’accueil anti Sarkozy dans leur centre ville. Non bien sur ! cela n’est bon que pour les quartiers de seconde zone.

    Le slogan de la campagne européenne Sarko = Baroso est une ineptie et relève de la mauvaise foi politique. Jamais le militant PS que je suis ne s’abaissera à coller des affiches aussi stupides.

    Ces pratiques sont autant d’insultes à l’intelligence des électeurs. Ils ont compris que l’anti sarkozysme primaire cachait en fait un vide abyssal du côte du projet de société que proposerait le PS.

    La condescendance du PS de sa tour d’ivoire de la rue de Solferino l’a coupé de la réalité du terrain, du secteur associatif, des entreprises. Les nantis, apparatchiks et la gauche caviar ont pris le pouvoir et ne veulent pas le lâcher.

    Dans nos quartiers populaires cette posture est de plus en plus intolérable. Lorsque l’association ZY’VA (que je préside) organise un débat sur les européennes, la personne qui répond au téléphone à la permanence du PS a ces mots « je n’ai une seconde à vous consacrer » alors que tous les autres partis prennent le temps de discuter.

    Le président de la région ILE DE France est passé à ZY’VA à la veille des élections législatives dernières et nous avions un contact avec une vice présidente la veille des précédentes élections régionales. A chaque visite son lot de promesses qui comme chacun le sait maintenant, n’engagent que ceux qui les écoutent.

    Entre ces échéances électorales c’est le néant. Il est plus facile de rencontrer un ministre, voir le président de la république que le président de la région ile de France ou le vice président en charge de la politique de la ville. Nous sommes sans cesse renvoyés à une des gestionnaires administratifs sans pouvoir décisionnaire .

    On attendait du PS au lendemain des régionales perdues par la droite (et non pas gagnées par la gauche comme on a essayé de nous le faire croire) qu’il soit imaginatif et moteur dans le domaine de la politique de la ville(gestion du développement social des quartiers…). Que nenni ! Il s’est contenté de gérer administrativement les dossiers.

    Alors nous avons décidé de faire sans. Si le PS nous snobe, nous le mépriserons et jusqu’aux urnes s’il le faut. Il ne comprend que la défaite car elle se compte en postes perdus.

    Nous exigeons (nous n’en sommes plus aux sollicitations, demandes ou revendications) d’être traités comme des acteurs et non de simples appendices, ce que nous n’avons jamais été. Le temps de l’anesthésie injectée par voie de tracts, pétitions et manifestations est révolu. Il est vrai que l’on essaie encore de nous endormir avec les pseudos référendum locaux pour le vote des étrangers. Comme si le problème se situait là : commencer plutôt par donner envie à leurs enfants qui sont français de voter.

    Nous attendons du PS une certaine éthique :

    * Respect du non cumul des mandats : les régionales sont l’occasion de mettre en pratique cette proposition du PS. On peut en douter car nombre de maires, présidents de fédérations, conseillers généraux, présidents de diverses commissions ou établissements seront candidats.
    * Refuser d’apporter un soutien à Georges Frêche ou tout candidat qui serait proposé où soutenu par lui. Mieux vaut n’importe quel démocrate à cet individu quelque soit le bord politique.
    * Comment peut-on avec de simples émoluments de députés et vice-président de région, dépenser 2 millions d’euros en moins de deux ans ?
    * Peut-on reconduire quelqu’un qui ferait ces dépenses sans en apporter une véritable explication ? Surtout lorsque cette personne a en charge depuis maintenant 11 ans la politique de la ville au sein de la région Ile de France. Domaine dans lequel la majorité régionale socialiste a peu brillé. Pour ne pas dire qu’elle a considérablement déçu et failli.

    Nous attendons beaucoup du PS sur les thèmes du 21ème siècle :

    * Egalité des chances : le traitement égalitaire n’a jamais créé autant d’inégalité. Il est temps de réfléchir à une véritable politique d’égalité des chances. La politique des ZEP a échoué et je n’accepte plus que les enfants soient les cobayes de politiques universalistes contournées par les seuls initiés. Je me réjouis de la suppression de la carte scolaire, non pas que cela soit une solution, mais par ce que cela obligera le PS à réfléchir à autre chose. Le retour en arrière est impossible.
    * L’entreprise n’est pas un ennemi. Il n’y a que les soviétiques qui pensent qu’un état de fonctionnaires est possible.
    * La formation des jeunes : le pays n’offre plus d’emplois sans qualification et 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. Le budget global de la formation continue avec certaines officines dont l’utilité resté à démontrer, est pourtant énorme. A qui profite-t-il ?
    * La lutte contre le chômage endémique. Les politiques de lutte contre le chômage ont toujours porté sur le maintien dans l’emploi plus que dans la remise au travail de ceux qui en sont dépourvus. Peut-on inventer un système de flexi-sécurité à la française ? Les indemnités de licenciement et supra légales ne pourraient elles pas être utilisées au financement de ce système plutôt qu’à servir de prime au départ vite dépensée.
    * La sécurité des personnes et des biens : en finir avec la naïveté de Jospin. Les quartiers populaires ont souffert d’un laxisme et du développement des trafics en tout genre. Il faut éradiquer ces phénomènes qui empoisonnent la vie des quartiers. Si la prévention doit être la règle il ne faut pas oublier pour autant la nécessaire répression sans état d’âme.

    Pour répondre à ces attentes le PS ne peut continuer à surfer entre Besancenot et Bayrou. Le grand écart ne peut aboutir qu’à un programme fade, sans saveurs, non crédible qui sera rejeté sans ménagement par les électeurs (dont moi) le jour venu.

    C’est sur le projet de société que le PS peut faire la différence et non sur la réduction des déficits ou l’économie de marché qui s’imposeront à lui de toute façon.

    Ameziane Abdat

    Président de l’association Zy’va et camarade socialiste (pour combien de temps ENCORE ????

  13. emmanuel dit :

    Cher C. Cambadelis,
    Je te remercie de me donner ces éclaircissements. L’exercice est fort louable, constructif et les idées forts intéressantes. Pourtant, je ne suis pas convaincu: je fais parti de ceux qui se demande, non s’il voter PS, mais s’ils vont voter tout court aux prochaine élection tant les politiques (hommes et femmes) semblent à des années lumière de la vie des français.
    Les raisons de cette déception sont nombreuses et il serait exhaustif de les citer toutes: je me contenterai de quelques exemples.

    1/ La différence droite-gauche. Je travaille dans la recherche médicale française qui est en train d’être sacrifiée au profit du libéralisme. Mais comment ne pas se souvenir que c’est L.Jospin qui en 1999 fit voter la loi sur l’innovation et la recherche permettant aux chercheurs (en fait des médecins pour la plus part) de créer les fameuses Start-Up qui marchaient si bien aux USA? Combien de millions on été dépensé depuis 10 ans et pour quels résultats????? Soit dit en passant merci de permettre à personnes de cumuler les fonctions et ce qu’il va avec!

    2/ Le mensonge. Quel politique est suffisamment responsable pour dire la vérité aux français sans les prendre pour des demeurés incapable de comprendre: ceux qui nous ont dit que le nuage de Tchernobyl s’arrétait à la frontière ou ceux qui nous dise qu’en juillet il ya eu une baisse des prix grace, entre autre, à la baisse du prix de l’essence?

    2/ Le projet. Avant chaque élection on entend un responsable politique dire qu’il faut travailler pour construire un projet. Mais ou est il? Puis-je aller simplement sur le site du PS pour télécharger le projet du PS? Depuis le temps, n’avez pas fini de l’élaborer?

    3/ Le leadership. Le vrai Leader est celui qui saura s’imposer non par la recherche et le maintient de l’ordre mais par la qualité de ses réflexions, de ses propositions de sa faculté à les exprimer, à en débattre, à écouter et à convaincre. Avec la démocratie participative, les think tank, et autres blogs, Ou est le dialogue, la réflexion, les propositions? Sincèrement il est quand même regrettable de constater que n’importe quel français est capable de dire se qui ne va pas dans sa profession, son lieu de travail et même de formuler des solutions, tandis que les politiques continuent de réfléchir.

    4/Décalage avec la réalité. En tant que politique vous cumulez mandats, indemnités, facilités (retraites, prêts d’honneur…) allant même jusqu’à légiférer sur votre propre statut (les indemnités qui sont conservées pendant 5 ans même en cas de défaites électorale…) pendant que les français sue sang et eau pour une vie de plus en plus difficile qu’ils subissent. Connaissez vous le chomage, le SMIC, le licenciement? Quels sont actuellement vos interrogations: faut-il changer le nom du parti? Voir même un de vos collègues (Urvoas) qui est en train de financer sa permanence avec une partie de ses indemnités de fonctionnement se demandait ce qu’il devait de cette permanence en cas d’échec électorale alors qu’elle aurait été payer avec l’argent du contribuable??????

    5/ Déphasage avec l’image du parti. J’habite dans une ville à gouvernance socialiste depuis longtemps: Evry, dirigée par M. Valls. En 2004, le tarif du gaz (chauffage urbain) à augmenter de presque 40%. Depuis plusieurs années, les impôts augmentent de presque 10% par an mais pour quel résultat? De beau trottoirs tout neuf, une gare vitrée mais pas de matériel pour les écoles, une notoriété catastrophique qui influe sur le prix de l’immobilier qui s’effondre etc. Ou sont les fameux principes socialistes?

    je m’arrête là

    tout cela m’écoeure

    Si seulement cela pouvais alimenter votre réflexion !

  14. VANO dit :

    Mon cher « Camba » (puisque c’est ainsi qu’on te désigne au sein de notre parti si fraternel)
    J’ai lu avec intérêt ton texte qui n’en manque pas. J’y retrouve toute la finesse d’analyse et toutes les qualités de dialecticiens qui sont les tiennes. J’y découvre même quelques formules qui me semblent tout à fait opportunes, par exemple celle qui invite les socialistes à proposer une « alternative plutôt qu’une alternance » que je partage entièrement. J’avoue être un peu plus dubitatif sur l’invitation faite au PS de « retrouver une distance vis-à-vis du pouvoir ». Si tel est l’objectif, en effet nous sommes en passe de l’atteindre, et comment ! A moins que l’invitation soit de l’ordre de l’humour au second degré ? On pourrait se poser la même question à propos de la remarque optimiste selon laquelle, aux élections partielles locales depuis les européennes catastrophiques « le PS revient à son niveau moyen » Un de tes camarades de la Direction Nationale, qui est par ailleurs 1er secrétaire fédéral de la fédération du Nord, écrivait récemment que (je cite) «L’autocritique, si elle est nécessaire à un instant donné, ne doit pas devenir un exercice permanent et complaisant.  » A n’en pas douter la lecture de ton texte le rassurera pleinement en ce qui te concerne.
    Au sujet des « primaires », tu revendiques d’avoir été de ceux qui ont « introduit ce sujet dans le débat public » et tu rappelles que la « motion D s’en était fait l’écho » avant de souligner que « la 1er secrétaire a chargé l’un des nôtres de la rénovation et donc, des primaires ! » Outre que l’on pourrait s’interroger sur cette notion des « nôtres », qui indique une exclusion des « autres », on peut se demander si ce qualificatif est encore opportun pour le camarade en question quand on lit ses analyses sur la manière dont ses propositions de rénovation ont été accueillies en haut lieu. Quant à la justification de ton rejet de ce que tu indiques toi-même avoir proposé auparavant, à savoir que puisque certains qui en sont partisans auraient envisagés d’y être candidats, elles deviendraient « un facteur de désorganisation », c’est tout simplement superbe d’aplomb, pour éviter le mot de culot qui pourrait être désagréable !

    Tout comme cet axiome que tu poses comme allant de soi : « c’est l’élection qui fait l’alliance » (Comme c’est l’occasion qui fait le larron ?) Il me semble pourtant me souvenir de temps certes lointains où les partisans d’une rupture avec les pratiques de la SFIO cherchaient à imposer la même « union de la gauche » à tous les niveaux de la vie politique au grand dam de quelques barons locaux qui se voyaient mal cesser de fréquenter les « démocrates sincères » dans leurs conseils municipaux ou généraux.
    On atteint même une sorte de sommet en lisant sous ta plume cette question : « pourquoi faudrait-il que les socialistes s’allient principalement avec le modem ? » (alors que strictement personne au sein du parti n’a proposé une alliance « principalement » avec le MODEM) et cette affirmation tranquille selon laquelle « je ne vois pas pourquoi il faudrait faire de cette question le problème stratégique central. »(alors que, lors du congrès de Reims, toute la stratégie de ceux qui partageaient avec toi la détestation de celle qui avait été la candidates choisie par les militants lors de la présidentielle a consisté à faire de « cette question » l’alpha et l’oméga d’un procès en diabolisation de celle-ci !)
    Je suis par contre tout à fait en phase avec toi quand tu considère l’éradication du cumul des mandats comme une des premières rénovations à entreprendre. Peut-être même le PS pourrait-il s’imposer à lui – même cette interdiction du cumul, dés les régionales, plutôt que d’en rester à « l’engagement de le voter dans la prochaine législature » qui permet donc de ne rien changer à nos pratiques tant que nous ne serons pas majoritaires. A moins que Nicolas Sarkozy nous coupe là aussi l’herbe – pourtant rare – sous le pied en proposant lui-même la fin de cette « exception française ».
    Je ne peux bien sur que m’associer à ton souhait d’un « La Rochelle » moins catastrophique que celui de l’année dernière, lors duquel tu avais été un des artisans reconnus des manœuvres qui en avaient fait tout le sel. Même si je crains que l’invitation à « ne pas critiquer le PS et ses camarades » (pendant un an, tu restes raisonnable !)doive être entendu comme « ne rien dire qui puisse déplaire à la Direction Nationale, à la 1er secrétaire et à ses deux mentors reconnus, « Barto et Camba ». Et surtout que la phrase par laquelle tu conclues cette partie de ta lettre ouverte : « ’s’il s’avère impossible de faire taire les critiques ou le bal des moitrinaires, (sic) alors, il faudra s’organiser pour faire parler la rénovation et le rassemblement. » doive s’entendre comme une menace de « faire parler la poudre »dont on ne peut ignorer la puissance quand un camarade de ton envergure et de ta réputation envisage de « s’organiser ». Je ne suis pas sur que c’est dans cet esprit que « La Rochelle » puisse être le premier épisode d’une vie interne apaisée !
    En juin dernier, en militant socialiste discipliné depuis près de quarante ans, j’ai pris soin de répondre au courrier qu’avait adressé martine Aubry à l’ensemble des militants. Je n’ai pas beaucoup plus l’illusion que de voir la présente lue par toi que la précédente ne l’a été par elle. Mais « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre » et la rédaction de cette réponse, que je m’autoriserait à faire partager par quelques camarades, m’aura au moins permis, comme tu le souhaites en conclusion, de nourrir ma réflexion, ce dont je te remercie.
    Salut et fraternité.

  15. Maurice V dit :

    Bonjour Jean-Christophe

    Adhérent du Ps depuis 2006 ,je suis un de ces militants qui n’en peut plus de vivre dans un parti à la dérive . Aux dernières élections européennes j’ai porté ma voix au front de gauche en cohésion avec mon vote non à la constitution européenne en 2005 . J’ai eu la tentation de suivre JL Mélenchon ou même de rejoindre le POI qui mêne une bataille de classe en proposant une marche sur PARIS pour l’interdiction des licenciements.
    J’ai lu avec un grand intérêt ta lettre qui je dois dire est pertinente et apporte une salutaire réflexion au sein de ce parti égotique.
    J’espère que nos grands dirigeants s’inspiront de ta démarche pour faire revivre un PS digne de ce nom.
    Si le jeu de massacre entre vieux éléphants et jeunes éléphantaux devait perdurer,je suis candidat pour la sortie de ce parti .
    Merci d’ avoir donné par cette contribution une lueur d’espoir à ces militants et adhérents pour qui le socialisme reste toujours d’actualité.

  16. thomas dit :

    Arnaud Montebourg menace de claquer la porte du PS…

    En voilà un qu’a bien tout compris …

    Peut être qu’il faudrait lui renvoyer ta lettre, écrit en plus gros ?
    moi je dis ça c’est pour aider …

  17. bleu-etoiles dit :

    Bonjour,
    « la réduction du socialisme au gestionnarisme  » et le modele social-dem
    devenu social-liberal nous ont menés la ou nous sommes ; soit, mais vous faites parti des responsables qui nous ont menés à cet endroit!!!
    depuis le krach financier de decembre 2008, je trouve le PS , bien mou
    dans sa denonciation du capitalisme ultra-liberal.

    faut-il en finir avec le PS? non, bien sur , mais avec quels dirigeants?

    le probleme est autant europeen que français,car en plus des socialistes qui voulaient garder Barroso ,l’Allemagne de traddition soc-dem voit
    le SPD , gouverner avec la CDU , apres les dernieres années calamiteuses
    du gouvernement Schroeder.
    au parlement européen, grace a un « accord technique » le PPE et le PSE
    se partagent la presidence .
    en france, le PS est coupé des salariés du privé – j’en fais partie- ,il arrive que les ouvriers votent majoritairement à droite!

    projet, designation du candidat,alliances ,autant de dossiers à négocier
    dans la clarté avec un soupçon d’utopie….

    heureusement, le PS posséde des élus , en quantité et de valeur, qui je l’espere , nous assurons le maintien de nombreuses régions.

    derniere reflexion, lorsque vous ecrivez : « les salariés preferent obtenir des primes pour partir… », mais que l’on propose-t-on comme alternative; quand les multinationales jouent au monopoly de la mondialisation pour leurs affaires, sans se préoccuper du facteur humain

    le PS , j’y croit encore , mais pour peu de temps…..

  18. François P. dit :

    Bonjour Monsieur.

    Je tenais à vous laisser un petit message car j’ai trouvé votre lettre vraiment très intéressante. Il est bien rare de nos jours d’entendre, de voir ou de lire un dirigeant socialiste aborder un minimum de problèmes de fond et montrer une voie intéressante afin de renouveller l’offre politique du PS donc je ne pouvais que vous féliciter! Et pourtant je suis bien loin d’être un sympatisant PS… mais malgré cela je ne peux que louer la démarche intellectuelle.

    Je vous rejoins en tout cas sur la conclusion. Si au lieu de commenter la dernière petite phrase d’un autre socialiste vous adressiez les vrais problèmes des Français (et je pense tout particulièrement à l’insécurité, thème sur lequel Nicolas Sarkozy risque gros), alors peut-être le Parti Socialiste retrouverait un peu de crédibilité et accessoirement… des électeurs (c’est bien beau les bobos citadins mais ce pays est majoritairement composé d’ouvriers et d’employés et le monde rural existe encore…)

    En tout cas bravo et bonne continuation à vous.

  19. Raphaël M. dit :

    Ce texte a au moins le mérite d’être constructif.

    Il masque par contre largement le laisser aller du PS français dans la construction de l’Europe libérale, le fait que la liquiditation des services publics aient été actée et acceptée dans vos rangs.

    Il masque une oligarchie de connivence, entre PS et UMP, lorsqu’il s’agit de fliquer, harceler, et exercer un contrôle social contre les militants des mouvements sociaux.

    Il masque l’acceptation de l’idéologie sécuritaire, la surenchère mainte fois exprimée (« Sarkozy n’en fait pas assez » etc.) sans atteindre la complexité des problèmes : le rôle des familles, le manque de repère… Essayer de comprendre la complexité n’est pas accepter des violences gratuites mais tenter de les prévenir en amont au lieu de les réprimer en aval.

    Production, Justice, citoyenneté…

    Concernant la production pourquoi le PS ne s’appuie pas sur les initiatives locales, par un comité de pilotage interne à votre parti : la question des prêts, des micro-entreprises, des scops (2 tiers des scops survivent plus de 5 ans). Or, le pire, c’est que localement, ça et là, les élus de votre parti peuvent avoir des initiatives intéressantes alors que le sarkozysme ne voit que « le grand » en ignorant la question du tissu économique et des modalités de soutien et de promotion.

    La citoyenneté… J’ai envie de dire, commencez par donner l’exemple : transparence des rémunérations, transparence du travail à caractère public, obligation de siéger aux instances démocratiques (avec un allègement de l’ordre du jour…) comme tout SALARIE qui ne peut pas aller boire un coup au lieu de travailler (cela va de paire évidemment, avec un ordre du jour parlementaire humainement soutenable).

    Oui, M. Cambadélis, pour je pense beaucoup de monde, l’Etat, la citoyenneté, le pouvoir politique, c’est loin très loin de la vie quotidienne. Même lorsque un pouvoir politique local essaie de faire vivre un embryon de démocratie citoyenne – la situation, complexe, n’est pas que de « la faute » des élus. Néanmoins peu d’efforts sont faits de leur part pour favoriser une démocratie locale et participative.

    D’autres questions existent : celle de la lisibilité et de la compréhension des droits, devoirs de chacun. Celle de la connaissance des administrations et organismes « démocratiques ». Beaucoup de « citoyens » (malgré eux) n’ont pas cette visibilité là.

    Quand à la question sociale, elle reste la pierre d’achoppement incontournable – pas de justice pas de paix.

    Même si les précaires, les travailleurs pauvres, voulaient jouer le jeu démocratique, le pourraient-ils ? C’est la question.

  20. Pierre-Alain Weill dit :

    Bonjour Christophe,
    J’ai lu avec interet ta lettre au militant que je suis comme nous tous. Je partage beaucoup de tes observations et reste paratager sur la necessité de ses prises de positions tant ce que la presse en reprend participe à la confusion. Je pense soyons claire que ta lettre est au contraire des prises de positions précedente pleine de sagesse et d’analyses et que c’est bien du fond que nous devons parler pour redevenir audble à l’exterieur. Ce qui nous manque pour cela c’est d’un espace de débat interne, quelle doit en être la forme, comment l’organiser pour qu’il ne se transforme pas en tribune des ambitions personelles, je ne sais pas.Merci en tout cas pour cette contribution au débat qui pose les bonnes questions. Laissons aussi à Martine le temps de valoriser le travail réel réalisé depuis novembre dernier. Il est imprésionnant et s’est certainement le paradoxe, l’organisation produits de bonnes idées, le remous des agitations personelles le permet pas de les valoriser. Pas si facile car la presse s’interessent au jeux de persones plus qu’au contenu de leur travaux.
    Amicalement,
    Pierre-Alain

  21. gerard dit :

    Pour gagner en 2012, il faut proposer aux français un nouveau schéma institutionnel qui réduise fortement le poids et le rôle du Président de la République et redonne le pouvoir au Parlement. La calamiteuse réforme électorale de 2002, qui, en inversant le calendrier électoral a éteint le rôle du Parlement et tué l’importance des élections législatives, nous la payerons longtemps. Je ne crois pas à l’apparition miracle d’un homme de gauche qui, tout à coup rassemblerait tout le monde (c’est à la limite du fascisme, un chef tout-puissant)
    De même, la décentralisation est une idée neuve comme tu le dis, et elle doit etre relancée, car les français la souhaitent, car elle les rapproche du lieu du pouvoir de décision et çà c’est du tangible.
    Par contre, la question des primaires, de l’alliance avec le modem ou même du cumul des mandats, ils s’en foutent comme de l’an 40.

  22. Bloggy Bag dit :

    Bon esprit général et j’espère le retrouver à la Rochelle, non seulement au sein des sociaux-démocrates, mais également chez tous ceux qui seront curieux de (re)découvrir qui peuvent bien être les « autres » socialistes.

    Et sinon une question amusante me taraude : en cas de suppression des cumuls de mandats, comment trouver des remplaçants à plein temps, formés et efficaces ? Ne serait-ce pas l’opportunité de tester une nouvelle forme de désignation qui permettrait un brassage rafraîchissant ?

  23. Marc24 dit :

    Voilà un message de bons sens pratique. Que n’est-il pas prononcé par plus de leaders autoproclamés! Pour autant, je le vois plus comme une résignation qu’empli d’un élan qui transcende. Ma remarque n’est que de pure forme.

    J’aime bien le vocable « société civilisée ». Elle résume bien ce que nous voulons sans toujours savoir l’exprimer. Nos expériences d’accompagnement du libéralisme financier forcené dans les territoires ne suffit pas à faire le fil rouge d’un programme qui attire. Civiliser, pour moi, c’est donner sa place à tout le monde, dans le respect de chacun, dans la tolérance des divergences et dans la compréhension de l’environnement mais ce n’est sûrement pas tout accepter en bons bénis oui-oui que les Français sont devenus après plus de deux ans d’incantations démagogiques du Petit Manie Tout qui trône à l’Elysée.

    Merci pour ce message!

    Pour autant, nous devons nous battre sur toutes les élections. Sans états d’âmes, sans scrupules. Gagner, même une partielle, donne du baume au coeur des militants.

  24. nicole dit :

    analyse et remarques, longues mais riches. Mais voir ce qu’en ressort la presse, comme le Nouvel Obs. Ressortant tjours ce qui nous divise ou alimenterait l’image installée par certains des querelles d’ego. Alors que ton texte n’est pas cela!! comment répondre à ce matraquage presse – alimenté par nos « stars » de télé hélas, faut le dire.

    en tout cas nous avons là un programme de travail, et bien lancé par cette direction. essayons de diffuser les vraies choses sur le PS. le travail et énorme. Il vaut le coup!!
    Mais aussi : parler fort du statut de l’élu!! Necessaire pour le non cumul de beaucoup des élus. Tu peux toi aussi le faire avec force, J-Christophe. Ceci alimentera le combat contre l’anti-politiques ambiant. merci . il manque dans nos fonctionnements fédés ces débats. Il faut d’urgence les décentrer. certains n’aimeront pas tant pis.

  25. Thomas dit :

    Cher camarade,
    les quelques premières lignes sont intéressantes, mais que dire de la suite. Je vais prendre un exemple:

    Nous n’avons pas besoin d’une loi pour être exemplaires!

    Les élus socialistes cumulards, doivent décider d’un jour à l’automne, où ils démissionneront tous ensemble de tous leurs mandats sauf un. Ce jour de la démission, du renouveau, des actes avant les paroles, lancera la rénovation du parti, et la campagne des régionales.

  26. Paule de poitou charente dit :

    un an vous plaisantez j’espère, ne trouvez vous pas que nous en avons assez perdu. L’espoir quitte nos rangs,vous les anciens du PS avait tout fait pour que nous subissions toutes ces déconvenues. nous militons et vous démolissez. Batailles internes, critiques magouilles c’est lamentabble et on est la risée de tous. Comment voulez vous qu’on nous fasse confiance, Où va aller Mme Taubira vers les verts….Alors pourquoi ne vient-elle pas vers nous……Elle a compris…..et nous aussi. Plus de cumuls de mandats, un peu moins d’ambitions personnelles, que nos meneurs soient choisis parmi les plus laborieux les plus énergiques, les plus respecteux de la discipline

  27. ozone couché dit :

    Bien sûr ! le non-cumul, c’est le test, qui signifie que le PS devient autre chose qu’une amicale d’intérêts électoraux privés. Il faut l’appliquer de suite à tous les élus socialistes, pas besoin d’une loi pour les autres partis. D’abord parler par l’exemple : une fois virés les prébendiers professionnels et cumulards, tout deviendra clair, le programme, la stratégie, la tactique, les alliances. L’idéal socialiste, ce n’est pas à la portée de prétendus professionnels au jargon insipide en langue de bois.

  28. Kunvari Jean-Pierre dit :

    Quoique l’on fasse dans l’avenir il faudra introduire un peu plus d’éthique. La « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » dit « tous les hommes naissent libres et égaux en droit ». Tous les droits autres que le Droit et en particulier le droit administratif devraient être supprimés. Ces droits donnent le sentiment que la justice se discute et entraînent de nombreuses déviations. les politiques passent leur temps à nous expliquer pourquoi ils ne peuvent pas respecter telle loi qu’ils ont votée. Au moment du référendum sur l’europe nombreus ont été ceux qui ont dit qu’il fallait faire voter les militants et se ranger au vote de la majorité. Les mêmes n’ont pas hésité à militer pour le non. Il y a un problème de crédibilité avant tout

  29. Romain du 19ème dit :

    Bonjour,

    l’analyse est complète, réfléchie et intelligente. En revanche, je redoute qu’elle ne soit pas très remoralisante comme souhaitée.
    Depuis maintenant plusieurs années, je suis convaincu avec quelques autres d’ailleurs, que l’action politique est empêtrée dans un système qui ne remettra plus la gauche au pouvoir avant un moment sans d’importantes circonstances exogènes à elle même.
    Comment sortir de cette impasse ?
    cela ne se fera pas par petites retapes, retouches ou autres simagrées des dirigeants. Cela ne peut que passer par une mobilisation citoyenne permettant à chacun de s’engager en politique, dans l’action collective au sein de sa cité, de son quartier, de son pays, de son continent, de sa planète. Ainsi, sont nombreux les concitoyen(ne)s engagé(e)s dans l’action collective via des corps intermédiaires. Le corps intermédiaire rassemblant le plus de personnes est l’association. Combien de millions de français(es) sont engagé(e)s dans ce secteur ?
    Comment les mobiliser vers le politique ? Comment les faire voter en faveur du PS ?
    LE NON CUMUL DES MANDATS est désormais le seul combat qui m’interpelle au sein du secteur politique. Car il m’apparaît comme le seul pouvant rénover fondamentalement la politique et la gauche. Il est partageur, non pas des pouvoirs mais des responsabilités, des engagements. Il est la source d’un dialogue, d’un débat, d’une démocratie qui concernera tellement plus de citoyen(ne)s engagé(e)s. Il sera le vecteur du rapprochement gouvernant-population. Enfin, nous pourrions disserter longuement sur les nombreuses vertus d’une telle action.
    Pour cela, Jean-Christophe, je suis près à vous aider, et à gagner cette bataille. N’hésitez pas à me solliciter !
    Romain – engagé associatif et heureux que son député partage ce point de vue.

  30. Assogba dit :

    Ce papier mérite d’être lu, relu et commenté! Bravo!! J’espère que M. Valls et A. Montebourg vont avoir le courage de le lire jusqu’à la fin. J’espère aussi que M. Valls y comprendrait quelque chose.
    Toutes ces personnes osent se comparer à Barack Obama qui a une autre surface intellectuelle que la leur, car il suffirait de lire son parcours universitaire, social et politique pour comprendre que B. Obama est l’homme de toutes les synthèses.
    Ce papier devrait nous amener à réfléchir au positionnement actuel et à venir du PS; et non parler sans arrêt de sa disparition.

  31. Dochez dit :

    Mon cher Christophe,
    t’as réponse est claire et précise mais aura-t-elle un influence face a toutes ces equipes (cela me fait penser à l’OM mon club de coeur en tant que gars du 95 qui habite une ville de raciste :TOULON)
    Alors effectivement il nous manque peut etre ce pere protecteur dont nos compatriotes ont besoin!
    Alors fait passer ce message mon ami autour de toi
    la FRANCE EST A GAUCHE ET IL NE FAUT PAS SAVOIR INTEGRER OU DERIVER POUR COMPRENDRE CELA.
    Il nous faut donc ce pere protecteur (que tous nos compatriotes reglame par pitié) pour arreter que notre peuple arretent de manger dans les poubelles par exemple.
    Alors mon ami, la vie est un long fleuve tranquille ou DAME NATURE nous a tous données.
    Ma conviction est qu’un retour sur le terrain est devenus non pas necessaire mais indispensable.
    Alors n’agissont pas mais ayont un rendement maximum pour faire valoir ces 70% d’électeurs de GAUCHE qui résident dans notre patrie.
    (j’ai passé deux mois au camping et je sais de quoi je parle)
    Très cordialement
    Christophe
    PS (au sens propre du terme) : il faut croire en soi

  32. Marie-Laure T dit :

    Bonjour,

    J’apprécie votre volonté de parler aux militants et de faire preuve d’espoir et de pédagogie.
    Mais, halte là ! Vous parlez encore du remord de 2002. Je n’ai pas voté Jospin et oui, (mauvaise campagne, mauvais discours, valeurs à côté de la plaque, etc) et je n’ai jamais jamais eu de remords et autour de moi non plus. Arrêtez de croire que nous allons voter socialiste pour « réparer l’erreur de 2002 ». Ca c’est votre 1ere erreur d’analyse.
    2e erreur d’analyse : 2005. Le vote référendaire pour ou contre le traité de Maastricht. Vous avez, la gauche, le PS, les BOBOs, stigmatiser les citoyens qui avaient voté « NON ». J’ai voté « OUi » et j’ai respecté ceux qui avaient voté « non », (base de toute démocratie, respecter les votes et leurs résultats) contrairement à beaucoup dont j’entendais l’élitisme bavant sur le bon peuple qui ne connait rien à rien !
    Comment, alors, vous faire confiance quand vous ne comprenez pas 2002 (et pourtant Jospin avait bien dit que l’Etat ne pouvait pas tout…) ni 2005 !!
    Je crois profondément qu’il faut revoir, reconstruire un nouveau pacte social, un contrat social où les citoyens sauront ce qu’ils peuvent apporter à la collectivité et ce que la collectivité peut leur apporter. (collectivité = nation ? Europe ? Plus ? moins : collectivité locale… ,o))
    Les citoyens attendent un pacte social qui les aidera à se sentir utiles, qui leur montrera un chemin d’espérance, un avenir possible pour eux, dans le présent, et pour les générations à venir.
    Un pacte social, c’est d’abord une réflexion sur les valeurs, ensuite une hiérarchisation de ces valeurs, ensuite une mise en pratique de ces valeurs.
    Où en êtes-vous ?
    Pitié, arrêtez avec les valeurs de démagogie, voyez la réalité et adaptez-vous aux besoins de la population, que ces besoins soient politiquement ou non corrects, entendez-là.
    Et puis, soyez les avant-coureurs d’un nouveau système, tirez-nous vers le haut, donnez-nous la possiblité de regarder de nouveau vers le haut plutôt que d’être tirés vers le bas par un populisme,une démagogie et des valeurs bien vulgaires.
    Merci de votre attention.
    ML

  33. Frédéric dit :

    Cher camarade,

    Tu dis plein de choses intéressantes. Je ne reviens pas sur le fond, il me semble retrouver quasi in extenso les grands thèmes et le programme de DSK à la primaire interne de 2006. Rien de nouveau. Juste, le PS a perdu 3 ans. Mais tu fais bien de remettre ces sujets sur le tapis.

    Le clivage « appareil » contre « rénovateurs » malheureusement, c’est celui sur lequel le congrès de Reims a basculé. Il aurait pu tout autant basculer sur celui des gauchistes contre les réformistes, comme Mélenchon l’avait acté. Certains en ont décidé autrement.

    Pour le cumul des mandats… Qui est assez puissant dans le Parti pour l’imposer ? Mitterrand ne l’a pas été… Jospin encore moins. Si Sarkozy lance la réforme avant les prochaines régionales, il aura fini de nous ringardiser. Je ne vois pas pourquoi il s’en priverait.

    Pour Bayrou, d’accord avec toi. C’est sur le terrain des idées qu’il faut aller le déshabiller, une alliance formelle ne servirait de rien, elle est de toute façon impensable dans son schéma de carrière.

    Pour les régionales et les élections suivantes, par pitié : arrêtons d’être ridicules comme aux présidentielles et aux européennes. Si on lance un programme commun, lançons le APRES les désignations. On avait aux européennes le meilleur programme, et notamment en termes de nouvelle économie verte, d’environnement. On l’a présenté trop tôt. On a eu du mal avec les désignations, la polémique s’est installée et tout le monde a oublié Le Manifesto. Et après, une campagne, ça enchaîne… On a détourné l’attention des électeurs du fond, c’est à dire ce qui fait notre force. Ne faut-il pas être idiot ? Royal a eu le même problème en 2007, DSK et Fabius l’auraient eu aussi s’ils avaient été désignés. D’abord le programme, un programme de compromis et après une désignation mal digérée. Hop, les médias oublient le programme, il n’est plus porteur, tout le monde a bossé pour rien, et il ne ressort que quand nos adversaires s’en servent contre nous.

    Cherchons l’efficacité. Inversons ce calendrier. Si la désignation se passe encore mal (ça peut arriver), au moins, on pourra faire oublier nos égoïsmes ridicules par du positif, ce que l’on sait le mieux faire : un travail intellectuel de programmatique de qualité, rédigé en commun, en concertation avec les militants et nos partenaires. Qu’en dis-tu ?