Interview à l'Express

par · 25 août 2009

J’ai accordé une interview à l’Express. Elle est publiée sur leur site internet aujourd’hui. Je vous propose de la retrouver ci-dessous.

Bonne lecture.

Comment envisagez-vous la rentrée politique?

Sous le triple signe de l’unité, de la rénovation et du combat contre la politique de la droite.

Il y aura d’abord les universités d’été qui se dérouleront du 28 au 30 août à La Rochelle. Puis les journées parlementaires des socialistes, fin septembre.

Quels seront les chantiers prioritaires?

Le volet économique et social sera au centre de nos préoccupations. Il faut mettre fin à l’inaction gouvernementale face aux nombreux plans sociaux.

Nous aurons également à coeur de nous mobiliser en matière d’éducation. La rentrée s’annonce difficile au vu des suppressions de postes en cascade…

Sans oublier la politique sanitaire et sociale avec le déficit des hôpitaux publics. Le problème de la grippe A sera également difficile à gérer.

Vous avez écrit une « Lettre à un militant qui n’en peut plus ». C’était pour faire taire les critiques internes du PS?

Il s’agit davantage de répondre aux problèmes du PS que de polémiquer avec un tel ou un tel. Le PS est confronté à une triple crise : crise de leadership, crise programmatique et stratégique.

La crise de leadership se résoudra naturellement lorsqu’un candidat aura été désigné.

Quant à la crise programmatique, il faut renouveler, moderniser la pensée socialiste. Nous devons présenter une alternative audacieuse et crédible aux Français.

Enfin, les problèmes sur la stratégie politique du PS trouveront des solutions au moment des élections régionales

Il y aura de fait des alliances avec le MoDem au second tour des élections régionales. Pourquoi ne pas le faire dès le premier tour ?

C’est une question qui est posée à François Bayrou mais le président du MoDem est contre une alliance nationale. La question se pose également avec Olivier Besancenot et Daniel Cohn-Bendit. Ils devront choisir entre une stratégie d’alliance ou de concurrence.

Les socialistes multiplieront les appels à l’unité dans un contrat d’union pour défaire le clan sarkozien. Comme je l’ai dit dans ma lettre, nous avons un discours simple: « Si votre opposition à Nicolas Sarkozy est réelle, alors soutenez la gauche unie quand elle sera en situation de battre Sarkozy. » Si François Bayrou et Olivier Besancenot avaient clairement choisi leur camp aux présidentielles, nous n’en serions peut-être pas là.

Mais avant de se pencher sur les différentes alliances, il faut se pencher sur le programme.

Une défaite aux élections régionales serait-elle synonyme de défaite à la présidentielle de 2012?

Une défaite aux régionales serait une victoire de Nicolas Sarkozy. Et cela lui ouvrirait de facto la porte à une réélection en 2012.

Dans votre Lettre, vous évoquez la lutte contre le cumul des mandats. La fin de cette pratique politique, si répandue au sein du PS, vous paraît-elle envisageable ?

La fin du cumul des mandats est, je pense, le premier geste d’une déprofessionnalisation de la politique. Il faut dévérouiller la République.

Le PS est dans une situation compliquée car il est perçu comme un parti de pouvoir et non plus comme le parti de l’espérance. Il faut en finir avec le « pouvoir pour le pouvoir ».

Si on gagne la prochaine législature, je proposerai de mettre fin au cumul des mandats.

L’idée des primaires pour les élections présidentielles fait son chemin au PS…

Les primaires devront avoir un but d’union et pas de désunion.

Il existe deux types de primaires. Soit elles sont ouvertes à toute la gauche et cela ne dépend pas de nous. Sinon, ce sont des primaires internes au PS. Et dans ce cas de figure, nous avons du temps pour les mettre en place.

Mais il ne faut pas se tromper d’objectif: les primaires ne sont ni un moyen ni une fin et encore moins un substitut à la vraie rénovation.

Et pour 2012, Dominique Strauss-Khan pourrait être le candidat que vous soutiendrez lors des primaires?

Le sujet n’est pas là. Aujourd’hui, il faut relancer le PS aux côtés de Martine Aubry. Ensuite, et uniquement ensuite, on choisira le candidat. La priorité est de redresser le PS.

Comment envisagez-vous la rentrée politique?

Sous le triple signe de l’unité, de la rénovation et du combat contre la politique de la droite.

Il y aura d’abord les universités d’été qui se dérouleront du 28 au 30 août à La Rochelle. Puis les journées parlementaires des socialistes, fin septembre.

Quels seront les chantiers prioritaires?

Le volet économique et social sera au centre de nos préoccupations. Il faut mettre fin à l’inaction gouvernementale face aux nombreux plans sociaux.

Nous aurons également à coeur de nous mobiliser en matière d’éducation. La rentrée s’annonce difficile au vu des suppressions de postes en cascade…

Sans oublier la politique sanitaire et sociale avec le déficit des hôpitaux publics. Le problème de la grippe A  sera également difficile à gérer.

Vous avez écrit une « Lettre à un militant qui n’en peut plus« . C’était pour faire taire les critiques internes du PS?

Il s’agit davantage de répondre aux problèmes du PS que de polémiquer avec un tel ou un tel. Le PS est confronté à une triple crise : crise de leadership, crise programmatique et stratégique.

La crise de leadership se résoudra naturellement lorsqu’un candidat aura été désigné.

Quant à la crise programmatique, il faut renouveler, moderniser la pensée socialiste. Nous devons présenter une alternative audacieuse et crédible aux Français.

Enfin, les problèmes sur la stratégie politique du PS trouveront des solutions au moment des élections régionales

Il y aura de fait des alliances avec le MoDem au second tour des élections régionales. Pourquoi ne pas le faire dès le premier tour ?

C’est une question qui est posée à François Bayrou mais le président du MoDem est contre une alliance nationale. La question se pose également avec Olivier Besancenot et Daniel Cohn-Bendit. Ils devront choisir entre une stratégie d’alliance ou de concurrence.

Les socialistes multiplieront les appels à l’unité dans un contrat d’union pour défaire le clan sarkozien. Comme je l’ai dit dans ma lettre, nous avons un discours simple: « Si votre opposition à Nicolas Sarkozy est réelle, alors soutenez la gauche unie quand elle sera en situation de battre Sarkozy. » Si François Bayrou et Olivier Besancenot avaient clairement choisi leur camp aux présidentielles, nous n’en serions peut-être pas là.

Mais avant de se pencher sur les différentes alliances, il faut se pencher sur le programme.

Une défaite aux élections régionales serait-elle synonyme de défaite à la présidentielle de 2012?

Une défaite aux régionales serait une victoire de Nicolas Sarkozy. Et cela lui ouvrirait de facto la porte à une réélection en 2012.

Dans votre Lettre, vous évoquez la lutte contre le cumul des mandats. La fin de cette pratique politique, si répandue au sein du PS, vous paraît-elle envisageable?

La fin du cumul des mandats est, je pense, le premier geste d’une déprofessionnalisation de la politique. Il faut dévérouiller la République.

Le PS est dans une situation compliquée car il est perçu comme un parti de pouvoir et non plus comme le parti de l’espérance. Il faut en finir avec le « pouvoir pour le pouvoir ».
Si on gagne la prochaine législature, je proposerai de mettre fin au cumul des mandats.

L’idée des primaires pour les élections présidentielles fait son chemin au PS…

Les primaires devront avoir un but d’union et pas de désunion.

Il existe deux types de primaires. Soit elles sont ouvertes à toute la gauche et cela ne dépend pas de nous. Sinon, ce sont des primaires internes au PS. Et dans ce cas de figure, nous avons du temps pour les mettre en place.

Mais il ne faut pas se tromper d’objectif: les primaires ne sont ni un moyen ni une fin et encore moins un substitut à la vraie rénovation.

Et pour 2012, Dominique Strauss-Khan pourrait être le candidat que vous soutiendrez lors des primaires?

Le sujet n’est pas là. Aujourd’hui, il faut relancer le PS aux côtés de Martine Aubry. Ensuite, et uniquement ensuite, on choisira le candidat. La priorité est de redresser le PS.

Les commentaires4 Commentaires

  1. ASHC du PS dit :

    En tant que militant politique, j’attends (y-compris sur ce blog) que l’on m’explique et mon parti en premier  » Pourquoi les responsables de courants minoritaires (20 000 à 30 000 adhérents sur 200 000), pourquoi des leaders comme Delanoë, Fabius, Ségolène par voie interposée et les Verts réclament des Primaires dans les journaux et dans les médias? Qu’est ce qu’ils ont derrière la tête ? Quelles sont leurs arrière-pensées politiques ? Quels sont leurs calculs ? Quel est l’intérêt du Parti alors que la démocratie médiatique désigne DSK comme excellent candidat pour le PS ? Pourquoi veulent-ils éviter DSK au risque d’avoir un candidat Vert ? Que dit le PG de Mélenchon ? Que dit le NPA ?
    Enfin et surtout, qu’en pense la base du PS ? Pourquoi Martine Aubry ne propose-t-elle pas une démarche de démocratie participative authentique (débat +vote) au sein du PS en faisant voter le collège électoral des militants et des adhérents du PS qui sont toujours membres au sens des Statuts ( adhérents sauf radiation, exclusion, démission) même s’ils ne paient plus leur cotisation. (Nous avons là un collège électoral élargi crédile de plusieurs centaines de milliers d’adhérents.pour des primaires internes et autres sujets à trancher !)
    Jean Christophe il ne faut pas éluder ce sujet et organiser un débat avec réalisation d’un dossier objectif dans l’Hebdo des Socialistes suivi d’un vote large des adhérents au sens des statuts.

    Demande l’organisation de ce débat suivi d’un vote interne, à La Rochelle où je ne serais pas faute d’argent…comme une majorité d’adhérents socialistes hors courants.C’est aussi ça le PS aujourd’hui. Il y a ceux qui ont les moyens et les autres qui regardent la cour comme sous l’Ancien Régime!

    Les voix du PS de la Rochelle seront-elles représentatives de l’opinion des adhérents du PS ?
    Quand aura-t-on les restitutions littérales des 1787 propositions de la base ? Pourquoi ne pas faire un opuscule à l’attention des adhérents ?Les Primaires y figuraient-elles comme une attente des adhérents et sympathisants ? Est-ce une invention des bobos ?

  2. ASHC du PS dit :

    Pas d’accord sur l’analyse électorale de Jean Christophe !

    L’électorat socialiste se défausse depuis Reims en votant « ailleurs que PS » par mécontentement, pour réformer lui-même le parti par le vide …de ses élus. Il n’y a pas de changement à attendre en 2009 compte tenu de l’absence de refondation du Parti et de la gestion du PS comme sous la SFIO finissante. La purge va continuer pour les élus socialistes. Une défaite aux Régionales annoncera donc une défaite pour les Législatives mais ne prédéterminera pas du tout une défaite aux Présidentielles que les françaises et les françaises dissocient clairement à la différence des Etats majors politiques qui s’accrochent au dogme « Qui gagne les Présidentielles, gagne les législatives qui suivent».
    Les Présidentielles porteront sur le choix d’une personnalité ( DSK) et poseront la question du choix du régime politique entre deux options : l’hyperprésidence et le Président-Arbitre avec une éventuelle cohabitation alors que les Législatives concerneront le choix de société pour 5 ans et à partir d’un programme dans un contexte économique incertain et difficile pour les finances publiques. Le Peuple ne mettra pas en 2012 tous ses oeufs dans le même panier et choisira en premier, l’Arbitre dont il aura besoin pour dissoudre l’Assemblée Nationale si nécessaire. Il ne suivra pas les consignes des partis l’invitant à courir deux lièvres à la fois pour revenir bredouille dans le cadre d’un coup de poker loupé comme en 2002 et en 2007 pour les socialistes.

    Les capacités électorales du PS aux Législatives sont beaucoup plus limitées car il ne retrouve pas l’électorat des présidentielles comme la droite.
    Avec la crise économique et financière à l’esprit, l’abstention sera supérieure à 2007 (17 millions sur 44 millions d’inscrits)…
    Le Parti du Président (DSK) sauvera le PS asséché après les défaites de ses élus socialistes cumulards. Sa rénovation pourra hélas seulement commencer malgré ….une dernière défaite aux Municipales de 2014 gagnées par les Verts à la tête des mairies socialistes avec l’aide du PG, du NPA et du Modem !
    Finalement le maquillage de la rénovation que la dictature des courants à interdit d’émerger à Reims va coûter très cher aux notables du PS qui n’auront pensé dérisoirement qu’à sauver leur dernier mandat municipal, régional et/ou législatif comme leurs aînés de la SFIO des années 1960, oubliant le Peuple à qui ils devaient tout.

    Le pire est possible cependant. En changeant le « vote de marque » de l’électorat socialiste pour 3 ou 5 ans par défaut de rénovation, la Direction du Parti prend le risque de perdre les Présidentielles à la portée des Verts qui ont la capacité de choisir un candidat médiatique qui jouera l’arbitre de la future cohabitation et dont il s’abstiennent de parler aujourd’hui.

    Les Verts visent les Régionales de 2008 et aussi les Présidentielles de 2012 ainsi que la Mairie de Paris en 2014.

    A moins que Martine Aubry donne in extremis pour les Régionales des signes très forts de rénovation autres que des Primaires fumeuses ou cousues de fil blanc, comme l’abandon du cumul des mandats et l’ouverture à des candidats Hors Courants du monde de l’entreprise sans attendre une loi pour confectionner les listes !

  3. topaz dit :

    Ceux qui réclament, à coup de clairon, des primaires ouvertes seraient bien surpris et déconfits si dsk y était, contre toute attente, candidat, lui qui totalise 62% d’opinions favorables chez les seuls « sympatisants » PS … Mitterrand a gagné 1981 sur l’union de la gauche et la division de la droite à une époque où les clivages étaient plus marqués. Je crains hélas que la gauche d’aujourd’hui échoue à se réunir et je crois que la prochaine présidentielle se jouera autrement, sur la rencontre d’un candidat et des Français, et son aptitude à faire en sorte que « l’espoir change de camp ».

  4. topaz dit :

    L’unité à la rentrée, c’est pas gagné, combattre la droite c’est le rôle de l’opposition, mais encore faut-il avoir des propositions à faire. Quant à la « rénovation », ce mot ne veut plus rien dire. Trop galvaudé depuis trop d’années, et puis « rénover » c’est faire du neuf avec du vieux. C’est d’une véritable révolution idéologique dont le PS a besoin.