Interview dans le Parisien

par · 26 août 2009

logo_parisien.gif Le Parisien publie une interview que je vous propose de retrouver ci-dessous:

Les socialistes parlent des primaires à gauche et de leurs alliances. Le député de Paris, proche de DSK, leur demande de se préoccuper des problèmes des Français.

Propos recueillis par Eric Hacquemand | 26.08.2009, 07h00

Primaires, alliance avec le MoDem… A trois jours de l’université d’été du Parti socialiste, du 28 au 30 août à La Rochelle, les appels au calme se multiplient. « Si on rate notre rentrée, soyons clairs, cela veut dire aussi qu’on rate notre année », assure le député du Doubs Pierre Moscovici. Une trentaine de jeunes cadres et élus lancent aujourd’hui un appel intitulé « Changeons d’ère, le droit de l’ouvrir, le devoir d’agir ».

Un « serment de loyauté » qui, selon Christophe Borgel, un de ses initiateurs, vise à « insuffler au PS un nouvel état d’esprit ». Pilier de la direction du parti, le député Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, craint pour sa part « une rentrée hors sujet ».

Les questions des primaires et du MoDem dominent les débats au PS. Ne craignez-vous pas d’être en décalage avec les préoccupations des Français ?

Jean-Christophe Cambadélis. Oui. Si le PS continue de se regarder le nombril, il risque une rentrée hors sujet. Ce serait malvenu, surtout au moment où les Français sont confrontés à quatre échecs majeurs du pouvoir en place : la progression de l’insécurité, la stagnation du pouvoir d’achat, la hausse des licenciements, l’emploi des jeunes en berne. Quant au problème de la grippe A, force est de constater un certain manque de transparence.

Quel appel lancez-vous ?

Je dis « Calmos ! ». Je suis sûr que la raison l’emportera. Rentrée scolaire, pouvoir d’achat, sécurité, bonus des traders… C’est là-dessus que les socialistes sont interpellés.

Un consensus semble se faire sur l’organisation de primaires pour désigner le candidat à la présidentielle de 2012. Martine Aubry va-t-elle l’acter à La Rochelle ?

Tout le monde est d’accord au PS. Encore faut-il éviter l’usine à gaz et répondre à deux questions : quand et avec qui ? C’est après les élections régionales qu’il faudra enclencher la mécanique et pas avant. Rien ne presse, sauf à brusquer nos éventuels partenaires et à tout faire capoter. Car plus le corps électoral sera large, plus le candidat sera commun à toute la gauche et en mesure de battre Nicolas Sarkozy. Trancher sur la question des primaires est donc nécessaire. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut y ajouter le non-cumul des mandats électoraux, le meilleur instrument pour déverrouiller une fois pour toutes la République.

Croyez-vous à une future alliance électorale entre le PS et le MoDem ?

Aux prochaines régionales, le souci ce n’est pas le MoDem mais les Verts. Ils refusent de reconduire les équipes communes qui ont cogéré les régions depuis cinq ans. Ils refusent d’assumer leur propre bilan. Même si elle est logique, la compétition doit viser à battre la droite et pas à défaire la gauche. La question du MoDem est donc un faux débat. Personne n’est d’ailleurs pour une alliance avec le MoDem. Ni au 1er tour de l’élection présidentielle : François Bayrou ne le veut pas. Ni au 1 e r tour des régionales : le MoDem ne le souhaite pas.

Samedi à Marseille, Marielle de Sarnez, la vice-présidente du MoDem, vous a pourtant tendu la main…

Elle nous a dit que Nicolas Sarkozy n’était pas fréquentable. C’est important. Le dialogue avec le MoDem n’est pas un sujet tabou. Mais j’attends du MoDem qu’il nous dise qu’il est désormais de gauche. A François Bayrou de nous répondre clairement.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    « La compétition doit viser à battre la droite et pas à défaire la gauche ». Les responsables du PS feraient bien de s’en souvenir et de l’appliquer, cet aphorisme, d’abord dans leur propre famille.