Gabon: un scrutin précipité et contesté aux conséquences inquiétantes

par · 3 septembre 2009

Le Parti socialiste regrette que l’élection présidentielle gabonaise n’ait pas permis de désigner le nouveau Président du Gabon selon une procédure irréprochable sur le plan démocratique.

Ce scrutin, organisé dans une certaine précipitation, n’a malheureusement pas permis d’obtenir un résultat clair et incontestable. De nombreux observateurs, notamment l’Union africaine, qui considère que ce scrutin est entaché « d’irrégularités », ont exprimé des réserves sur la base de constatations précises : la brièveté de la campagne ; l’incertitude entourant la constitution des listes électorales et les nombreux doublons ; l’inégalité des moyens financiers dont disposaient les candidats ; le climat d’inquiétude entourant le scrutin, en particulier avec l’arrêt de la distribution des SMS ou la suspension de certains médias, y compris français ; le vif débat sur l’authenticité des procès verbaux des bureaux de vote.

Dès lors, le Parti socialiste s’étonne des déclarations du Secrétaire d’Etat français à la coopération, Alain JOYANDET, qui affirmait que ces élections s’étaient déroulées dans un climat « qui n’appelait pas de contestation particulière » avant même la proclamation des résultats et malgré le constat d’absence de consensus au sein de la commission électorale nationale autonome et permanente.

Le Parti socialiste condamne également avec la plus grande fermeté tous les actes d’intimidation commis à l’encontre des ressortissants français au Gabon ainsi que les destructions inacceptables et arbitraires de leurs biens. Rien ne saurait justifier ces actes de vandalisme.

Le Parti socialiste appelle tous les soutiens déçus des autres candidats à ne pas céder aux amalgames faciles et à la violence. Seuls des recours légaux et des actions de nature politique et démocratique pourront permettre de sortir le Gabon de la situation ambiguë dans laquelle il se trouve plongé. Le Parti socialiste appelle au calme et rappelle qu’il ne peut y avoir aucun progrès démocratique sans paix civile.