Villepin – Sarkozy: La manipulation d’Etat

par · 18 septembre 2009

Au delà des faits, que le tribunal aura bien du mal à éclaircir, nous sommes face à une manipulation d’État.

En effet, un ministre des affaires étrangères « couve » une révélation douteuse sur le ministre de l’intérieur alors que la ministre de la défense en aurait eu connaissance.

Le problème est que l’un est devenu président de la république, l’autre, est un ancien premier ministre et la troisième fut successivement ministre de l’intérieur et aujourd’hui, Garde des Sceaux.

C’est dire si le procès est très hip !

Et alors, j’y rajoute mon grain de sel. Pensez vous une seule seconde que Jacques Chirac fut tenu dans l’ignorance de tels faits. L’un des inculpés reconnaît d’ailleurs avoir donné le nom de Bocsa (patronyme complet de Nicolas Sarkozy) à De Villepin.

Et personne n’en informe la ministre de l’intérieur ?

Et personne, même ses plus proches, n’en informe le président de la république ?

Amusant. C’est un grand cachotier ce Villepin. Mais, au fait, quand Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur a-t-il découvert cette manipulation ? C’est un enjeu dans ce procès.

Car, connaissant l’affaire, et se sachant innocent, il aura tout de suite compris l’usage positif qu’il pouvait en faire.

Et voilà un ministre de l’intérieur confronté à une déstabilisation qui ne s’en sera pas ouvert au président de la république ? Voilà un second cachotier.

Décidément, cette affaire révèle en creux la guerre au sommet de l’État et les méthodes employées. On se souvient que l’on reprocha à Nicolas Sarkozy d’avoir fait publier les avoirs patrimoniaux dans le port de Paris de Madame Chirac lors de la confrontation électorale Chirac -Balladur.

Et on se souviendra aussi de l’affaire Scheller-Marchal visant le ministre de l’ intérieur Charles Pasqua qui venait de rejoindre Monsieur Balladur et lâcher Jacques Chirac.

Tout cela pour dire que l’utilisation de l’État à fins de règlements de comptes est une tradition dans la famille politique dont est issue l’UMP.

Et si Nicolas Sarkozy s’acharne au delà de tout entendement contre Monsieur de Villepin. Si il utilise tous les moyens d’État pour le détruire politiquement, Monsieur de Villepin aura du mal à nous faire croire qu’il est au dessus de tous soupçons.

Lui qui fut au travail dans « les années Jospin » pour déstabiliser ce dernier du Haut du secrétariat général de l’Élysée.

Cette affaire est une manipulation d’État dont Monsieur De Villepin aura bien du mal à sortir totalement blanchi mais qui risque aussi de toucher le président de la république même si l’audience a été opportunément programmée pendant la semaine du G20 de Pittsburg.

L’arroseur Villepin est maintenant arrosé. Mais il n’est pas certain que le Président ne le soit pas lui même.

Nous verrons si la presse qui fut tourneboulée par les accusations d’un livre sur le PS, le sera sur une manipulation d’État.