Nicolas Sarkozy veut pendre la décentralisation à un crochet de boucher

par · 21 octobre 2009

Non seulement Nicolas Sarkozy tente de sauver son régime par une campagne politique populiste contre les élus. Mais il prend le tapis roulant de l’histoire démocratique à l’envers. Au moment où le net décentralise l’info, où la démocratie diffuse où la proximité sont les maîtres – mots des temps nouveaux. Nicolas Sarkozy combine une recentralisation judiciaire médiatique et politique. Une soif du contrôle, une passion pour la maîtrise, une volonté irrépressible d’imposer : Nicolas Sarkozy a un souci avec l’autre. Le Président de la République veut pendre la décentralisation à un crochet de boucher.

Cette recentralisation à contre temps supprimant les départements n’est pas chose aisée. Passer au dessus des élus de terrain, les bafouer, jouer sur l’anti élus n’avait pas porté chance au Général de Gaulle en 1969. D’autant que ce retour du pouvoir parisien se combine à la suppression des moyens décentralisés via la fin de la taxe professionnelle. Ce qui fit dire à Alain Juppé: Nicolas Sarkozy se fout de nous. Voilà qui en dit long sur l’exaspération dans son propre camp.

Nicolas Sarkozy tente un classique: Entre le peuple et moi, il n’y aura rien, ni journalistes, ni magistrats, ni même politique. Pas sûr que le seigneur du château ait les moyens de sa rêverie. Et ce n’est pas en promettant de licencier les élus locaux qu’il va retrouver une assise politique déjà fort détériorée. La rupture est maintenant totale, l’abaissement des contres pouvoirs locaux parlementaires et même du premier ministre ne rationalise pas la démocratie, elle la confisque. Nicolas Sarkozy est maintenant nu, gouvernant par lui-même pour lui-même. Avoir soi comme dessein, ne fait pas un destin mais une fin.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Même nu, Sarkozy séduit encore et poursuit son chemin. St Ex nous disait « fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité ». Après ses revers successifs à la présidentielle, c’est le PS qui doit se donner les moyens de sa rêverie. Vous y êtes aidé par la crise, la panne de croissance, l’avalanche des réformes qui, même si elles sont nécessaires, rendent ceux qui les font impopulaires. Les Français sont à l’écoute, prêts à « rêver » d’un changement réel avec le PS. Alors action, et puis trouvez autre chose que « maison commune ». C’est pas génial, on imagine une yourte … La charte du renouveau, « le pacte de l’alternance »
    ouvert à tous ceux qui veulent conserver leur identité, mais faire un pas dans la même direction pour que la gauche ait enfin, à nouveau, une chance en 2012 …