L’identité nationale ce n’est pas la caporalisation des esprits !

par · 12 novembre 2009

Eric Raoult a attaqué Marie NDIAYE, récompensée par le prix Goncourt 2009 la semaine dernière. Marie NDIAYE avait évoqué il y a plusieurs mois dans une interview cette France d’Eric Besson et de Brice Hortefeux la qualifiant de « monstrueuse ». M. Raoult lui demande de se taire et d’exiger un « devoir de réserve » des écrivains… M. Raoult, l’identité nationale ce n’est pas la « caporalisation » des esprits !

catégorie Actualité

Les commentaires1 Commentaire

  1. Esteban dit :

    Il fut un temps déraisonnable où l’on fuyait Berlin et l’Allemagne pour Paris. Benjamin, Roth, Max Ernst et tant d’autres s’exilèrent sous la pression.

    Dans un temps moins barbare, mais souvent détestable, le notre, des artistes quittent librement mais douloureusement Paris pour Berlin. Ils retrouvent ainsi la route que prirent les Huguenots du 17è siècle.

    Marie NDiaye, auteure française, a écrit Trois femmes puissantes, l’un des plus textes les plus remarquables de ces dernières années. Le Prix Goncourt lui a été décerné. Elle et son mari, le romancier Jean-Yves Cendrey vivent à Berlin depuis 2007, date évidente d’un départ délibéré et assumé. Marie NDiaye ne cache ni les motifs, ni la vigueur de cette protestation par l’exil.

    Eric Raoult vient de donner à ce choix une raison supplémentaire. En évoquant la « cohésion nationale » et un incroyable « devoir de réserve » de l’écrivain, il crée une forme exécrable de censure, et violente la liberté d’expression, donc notre liberté tout court. Je lui demande, pour notre pays et son histoire, de retirer ses propos et de s’en excuser, et au ministre de la Culture de faire son devoir, en condamnant cette dérive.

    J’ai vécu à Berlin-Est l’année 1985. Les écrivains y étaient invités à la docilité, à tout le moins à la réserve. Beaucoup, comme Christa Wolf, durent vivre et écrire sous la surveillance de la Stasi. Le Mur n’est plus là, et c’est heureux. En revanche, je suis indigné et honteux qu’en France ces temps-ci, par bêtise partisane, exerçant une ignoble intimidation, un parlementaire s’adresse ainsi à une artiste.

    La France que nous aimons, ce sera celle où Marie NDiaye désirera ardemment revenir vivre.

    Communiqué de Christian PAUL, député de la Nièvre