Régionales: où en sommes nous ?

par · 4 décembre 2009

Les résultats sont là : les militants socialistes ont voté… la participation est appréciable… la majorité confortable… et les sondages agréables.

Le PS fait sa révolution tranquille après que les militants ont mis leur formation sur les rails en répondant au questionnaire de Martine Aubry. Cette dernière impose sa légitimité par petites touches. Et la séquence allant du congrès du MJS à Grenoble en passant par « À vous de juger », le BN extraordinaire sur Copenhague, la tribune qui a suivi, le discours de Rennes sur l’identité républicaine, avant ceux de Prague ou de Tours et au-delà, le tour de France du projet, fut perçue comme solide, identifiée et consistante.

Le PS est prévenu. Tout ce qui brouille l’alternative est immédiatement sanctionné par l’opinion. Le salut, c’est l’union. Le PS est indexé sur la quiétude de ses débats.

Le PS est LA colonne vertébrale de l’arc démocratique anti-Sarkozy. Personne ne peut jouer son rôle de compromis de rassemblement et d’équilibre. Pas le Modem, pour des raisons évidentes : pas assez à gauche pour les uns, trop subordonné aux ambitions présidentielles de Bayrou pour les autres. Pas les verts : il ne faut pas avoir peur des verts. Ce sont des partenaires. Mais peuvent-ils aller au-delà et occuper la place du PS ? Tant qu’ils n’auront pas tranché le débat entre réalistes et fondamentalistes, ils ne pourront inventer une culture de gestion propre à rassembler.

Les néo-communistes sont à leur refondation et aiguillés par Jean-Luc Mélenchon, ne se fixent pas cet objectif, même si, ici ou là, ils veulent intégrer les socialistes.

La viabilité du rassemblement est nécessaire, mais ce n’est pas tout. Il faut un nouveau projet, un deuxième souffle pour les régions. La bataille pour la décentralisation contre la centralisation sarkoziste doit s’incarner dans des propositions. C’est ce que nous ferons lors de notre convention. Et si Sarkozy se propose de nationaliser le débat, c’est parce que l’UMP n’a pas, et ne peut avoir de projet pour les régions.

Ceci nous amène évidemment à la stratégie de l’UMP.

Nicolas Sarkozy a décidé de faire du 1er tour, celui du jugement dernier. C’est dire s’il ne croit pas à la victoire au second. Le débat sur l’identité nationale a avant tout pour but de solidifier l’électorat autour de l’UMP et de rendre compatible celle-ci avec l’électorat FN au second tour. La taxe carbone visait à récupérer une partie de l’électorat qui, fatigué de l’UMP, lorgne vers les écologistes. Enfin, nationaliser la campagne pour tenter d’éviter la dispersion. Nicolas Sarkozy est à la recherche d’un réflexe utile dans son électorat. Tout est bon pour produire cet effet-là. Quant au second tour, il espère la guerre du « désistement à gauche ».

Nous voilà là aussi prévenus. Union et renouveau, c’est la clé du succès.

Les commentaires1 Commentaire

  1. soubiran dit :

    Completement d’accord avec toi sur Martine A ,je trouve qu’elle a été et est trés « costaud » et réussit une mission que l’on pouvait juger impossible : faire taire les carrieristes…
    amitiés , jean paul, militant 19éme.