Le Japon

par · 23 janvier 2010

À l’instar de l’amiral Perry, en 1854, nous avons jeté l’ancre en baie de Tokyo. À l’époque, l’ère Meiji prenait son envol par l’élimination du Shogun et la répression des révoltes féodales.

Aujourd’hui, rien de tel, si ce n’est l’effondrement du parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir depuis 1955. le Parti démocrate de Yukio Hatoyama a gagné les élections dans une alliance avec divers partis de gauche dont le Parti social-démocrate, membre de l’Internationale socialiste. Si le Fujiyama était bien là, dominant Tokyo à l’architecture inventive – gratte-ciels multiples – plutôt réussie, mais n’étouffant pas un habitat fait de petites maisons.

Nous avons surtout enchaîné les rendez-vous. Particulièrement avec l’étoile montante du Parti démocrate le ministre des affaires étrangères, Tetsuro Fukuyama et le secrétaire du Parti du congrès, Tenzo Okumra qui pourrait être le prochain Premier ministre en cas de revers.

Aux élections sénatoriales, le Japon vit une profonde évolution. D’abord la fin des caciques du PLD, ensuite la fin de l’administration de la vie politique. Jusqu’à lors c’était les fonctionnaires qui répondaient aux questions à la diète sur le budget et les lois, sorte de continuité de l’administration militaire SU après guerre. Aujourd’hui ce sont les ministres. La politique économique aussi avec une relance par la consommation, l’avènement au ministère de la justice d’une abolitionniste de la peine de mort etc… Mais c’est dans le domaine géopolitique que les évolutions sont notables. Le Japon recherche une relative autonomie dans l’alliance avec les États-Unis, avec comme point dur la question de la base d’Okinawa. Et comme perspective « l’asiatisation » de sa politique avec la visite prévue à Nankin du premier ministre où il s’excuserait pour les massacres de la dernière guerre et la visite de Hu Jintao, le président chinois à Hiroshima qui s’engager à ne pas utiliser l’arme nucléaire contre un pays qui ne l’a pas.

Le Japon ne va pas changer d’alliance mais redoute le voisin chinois. Tant du point de vu militaire que économique. Il ne s’agit plus de contenir le dragon mais de le chevaucher. Nous touchons là l’évolution du monde multipolaire et dorénavant le relativisme de la puissance américaine. Demain, le congres du parti social-démocrate du Japon de madame Mizuho Fukushima que j’avais rencontré à paris où je devrais prendre la parole. Puis plonger dans le japon profond dont la volonté de précision, de patience de donner du temps au temps et d’ordre quasi obsessionnel est marquant.