Afghanistan : Bilan de la conférence de Londres

par · 29 janvier 2010

La Conférence sur l’Afghanistan organisée à Londres le 28 janvier, censée définir une « nouvelle stratégie » plus cohérente, ne se termine finalement que pour reconnaître une réalité évidente : on se trouve en Afghanistan devant une impasse militaire et politique.

Les décisions prises, à savoir le transfert aux Afghans de la responsabilité en matière de sécurité dès la fin de 2010 « à condition que les conditions le permettent », l’augmentation du nombre de soldats et de forces de sécurités afghans, maintes fois soulignées ces derniers temps, se heurtent à l’absence d’un Etat afghan fort, crédible et légitime, issu d’élections justes et démocratiques.

Le point le plus important discuté à Londres fut la proposition du président afghan, non de dialoguer avec les talibans, mais de demander le retrait des noms des chefs des talibans de la liste noire des terroristes établie par l’ONU. Si la réconciliation entre les Afghans peut contribuer au retour à la paix, le retour sans conditions des talibans au sein du pouvoir provoquera de nouvelles tensions et une guerre civile à caractère ethnique.

La conférence de Londres est confuse dans ses perspectives : ni paix, ni guerre et pas soutenable dans la pratique : briser militairement les talibans tout en leur proposant une part de pouvoir. Il faut une conférence internationale de paix sous l’égide de l’ONU avec la participation de toutes les composantes de la société afghane, y compris la société civile. Aucune solution n’existera sans l’inversion des priorités entre le militaire et le civil, la participation des pays voisins de l’Afghanistan, notamment le Pakistan et l’Iran (l’absence de ce dernier pays à la conférence de Londres est évidemment lourde de conséquence pour l’avenir), sans la perspective d’un gouvernement pluriel préparant des élections.