Violence à l’école: la responsabilité directe d’un gouvernement qui veut instaurer la peur

par · 3 mars 2010

Il ne se passe plus une semaine sans que les médias ne titrent sur une violence qui a eu lieu dans une école, un collège, un lycée. Sans qu’un élève n’en ait agressé un autre.

C’en est assez ! Alors, reprenons donc les choses dans le bon ordre :

Lorsqu’un enfant va à l’école, il est confié à la République. Pas à quelqu’un de notre famille, pas à un ami ou une connaissance mais à la République. Celle qui doit permettre de lutter contre les inégalités pour permettre à chacun de trouver sa place dans la société. L’école doit être le moteur du système républicain.

Et parce que ce sont des enfants, parce que la société a le devoir de les protéger, ces violences sont inacceptables et scandaleuses. Évidemment, loin de moi l’idée de ne pas rappeler à l’ordre ceux qui commettent ces actes de violences, ces délits. Il faut bien sûr les remettre dans le droit chemin.

Mais comment expliquer l’absence de prévention ? Comment expliquer que les solutions qui sont proposées par le gouvernement soient de l’ordre du répressif ou du punitif exclusivement ou presque ?

A quoi cela sert-il d’intervenir après alors que plus rien n’est fait avant ? Car si ces violences ont lieu, ce n’est pas « la faute à pas de chance ».

Car si l’insécurité se fait sentir là où, normalement, tout devrait être encadré, sécurisé, c’est évidemment non pas, non plus une erreur, mais bien la faute d’une politique menée tambour battant depuis maintenant 8 ans à coups de suppressions de moyens pour l’éducation : 36000 postes adultes supprimés en 4 ans et plus de 16 000 encore annoncés pour l’année scolaire 2010/2011, suppression de la carte scolaire, situation sociale dégradée, etc…

Et tout comme on ne peut pas supprimer des postes de pompiers, allumer des feux et se plaindre des incendies, le gouvernement ne peut pas prétendre trouver la solution alors qu’il est le problème.

Monsieur Luc Chatel, le Ministre de l’Education Nationale, à grands renforts médiatiques, annonce la mise en place d’ États généraux de la violence scolaire. Mais pour dire quoi ?

Que chaque année, environ 60 000 élèves quittent le système éducatif sans qualification et que des solutions urgentes et adaptées doivent être trouvées pour prévenir des comportements de décrochage scolaires et les éviter ?

Que chaque année, beaucoup trop d’élèves seraient exclus de manière temporaires ou définitives des établissements scolaires, dont apparemment « officieusement » quatre vingt dans le 19ème arrondissement sans que personne ne soit réellement et officiellement informé, parce qu’aucun chiffre ne peut nous être communiqué et que personne n’est réellement alerté ? Et sans que l’on sache vraiment si des solutions sont apportées à tous ces « exclus » pour les accompagner, leur éviter de rester trop longtemps dans la nature pendant ces périodes et prévenir du décrochage scolaire en cours ? Seul exception: Le dispositif « réussite éducative » issu d’un partenariat menée par la Ville de Paris avec le rectorat de Paris alliant politique de la ville et scolarité.

Non, le Ministre de l’éducation nationale veut nous dire autre chose :

Qu’il veut mettre des portiques anti-métaux dans les établissements scolaires du second degré dont le coût, qui serait au passage à la charge des collectivités locales, est exorbitant et l’usage impossible sauf à faire arriver les élèves à 6h00 du matin. Qu’il veut installer des caméras pour pouvoir ensuite criminaliser encore et toujours la jeunesse.

On ne peut pas se contenter de laisser se mettre en place des classes de 30-35 élèves, réduire les personnels encadrants, supprimer la carte scolaire, montrer du doigts les enseignants qui dénoncent ces états de violence comme à Vitry-sur-Seine ou ailleurs en se disant que les meilleurs s’en sortiront et pour les autres « adviennent que pourra ».

C’est un gouvernement de la peur qui est aux manettes. Un gouvernement qui a peur de ses enfants, convaincu que l’on doit coller « une bonne rouste » à des délinquants qui s’ignorent encore. C’est une République qui a peur de son avenir que le président incarne.

Là où l’on nous répond qu’il faut portiques, caméras et moniteurs de surveillance, nous répondons qu’il faut des femmes et des hommes en nombre et disponibles pour permettre l’encadrement, le dialogue, l’éveil de tous, et la prévention des conflits.

Il ne s’agit pas de surveiller anonymement, mais de prévenir individuellement. Il ne s’agit pas de laisser-faire, mais au contraire d’accompagner. A la société de défiance, j’oppose une République confiante dans notre avenir et celui de nos enfants.

C’est à chaque scrutin que nous devons nous opposer à cette politique cynique. Cela commence les 14 et 21 mars.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Vous y allez « un peu fort » Camba même si chacun déplore cet état des lieux. Nous sommes tous, jeunes ou adultes, des enfants de la République. Concentrez-vous sur les Etats généraux 2012 et vous serez en première ligne pour changer le cours des choses : la responsabilité directe d’une opposition qui veut restaurer la confiance …

    A propos de confiance, Alain Juppé -présidentiable embusqué- nous confie qu’il rencontre « beaucoup de gens » qui ont voté Nicolas Sarkozy mais ne veulent pas revoter pour lui. En revanche il n’en rencontre « jamais » qui seraient prêts à faire la démarche inverse … Résume-t-il avec ces mots une ambiance réelle, virtuelle ou subjective ?

    Il y a ceux qui, dans la majorité, rêvent d’un destin élyséen et qui devront patienter jusqu’à fin 2011 et ceux qui, dans l’opposition, sont impatients et suspendus au bon vouloir du bon tempo de l’annonce du choix strauss-kahnien … qui fait flipper à droite comme à gauche ! C’est un peu la chanson « il y a les filles que l’on aime, celles avec qui l’on dort, et puis un jour il y a la femme que l’on attendait » … Et on sait que ce sera elle même si elle bouleverse l’ordre établi !