À propos du marché sauvage de Belleville

par · 27 avril 2010

Depuis plusieurs mois, les habitants du quartier Belleville subissent l’implantation d’un marché sauvage dit de réseau de « vendeurs à la sauvette ».

Situé à l’intersection des 10ème, 11ème, 19ème et 20ème arrondissements de Paris, ce phénomène, au départ, considéré comme un « petit marché de la débrouille » a pris au fil du temps des dimensions exceptionnelles synonymes de « gros marché du trafic », du recel, voire de la contrefaçon.

Ce sont plus de 500 personnes que génèrent cette activité laissant derrière elles des montagnes de détritus et une inaccessibilité des voies pour la population du quartier.

Cette activité, en plus de dégrader considérablement le lieu, le sensibilise et le rend plus insécure pour les habitants.

J’ai vécu 15 ans dans ce quartier auquel je suis très attaché, tout comme les autres quartiers de ma circonscription, et cette situation, puisqu’elle perdure, est inacceptable.

Nous sommes dans un moment de crise sociale forte. Des solutions et des propositions pour vivre mieux sont à l’étude. Des efforts sont faits même s’il reste encore beaucoup à faire. Mais, je ne puis tolérer que certains profitent de la période, ou d’une localisation géographique, puisque c’est aussi de cela dont il s’agit, pour se dispenser de toute réglementation des activités qui restent totalement illégales.

Il existe des procédures, des dispositions législatives bien définies dans le cadre de l’organisation de braderies, de brocante, de vides greniers, de marchés et, je ne vois pas pourquoi, celui de Belleville, devrait passer outre.

La République impose à chacun d’entre nous le respect des droits et des devoirs.

Il en va de la responsabilité de la mairie d’arrondissement, et de moi-même, de prévenir les forces de police compétentes et habilitées, la Préfecture de Police, de mettre en place les dispositions, quel que soit l’arrondissement, pour, que cesse le plus rapidement possible et le plus radicalement possible ces activités.

Car, « un marché des pauvres », si telle est la justification que défend notre ami écologiste Bernard Jomier, est, à mon sens, une solution assez dégradante plutôt injurieuse, en tout cas précarisante pour tout le monde.

Dégradante parce que je ne pense pas que laisser faire ce type d’activités soit la solution la plus adaptée pour résoudre les problèmes graves que chacun d’entre vous, d’entre nous, vit au quotidien.

La plus injurieuse, encore, car proposer de telles initiatives parce que l’on considère que tel ou tel quartier doit auto gérer sa pauvreté est profondément injurieux pour les populations qui y résident.

Précarisante tant pour  les vendeurs que pour les acheteurs, sans évoquer les riverains qui estiment à juste titre être laissés pour compte.

Tout comme Monsieur Roger Madec, Sénateur- Maire, je voudrais ici réaffirmer mon soutien à ce que ce marché illégal soit démantelé le plus rapidement et le plus radicalement possible et que le quartier de Belleville, ou tout autre ne soit plus synonyme de précarité, de réseaux organisés mais bien de richesses, de lien social, de convivialité entre les personnes et de quiétude pour tous.

D’autant que nul n’ignore que ce « foyer de pauvreté » que l’on « veut » sédentariser dans le Bas Belleville se combine avec une prostitution galopante intolérable.

Je suis intervenu régulièrement auprès des autorités compétentes pour que la situation cesse : courriers, questions écrites au Ministre de l’Intérieur. Des actions sont effectuées par les forces de l’ordre mais sur une période courte ne permettant pas de faire cesser totalement cette activité illégale.

Au-delà de la démarche de la mairie du 19 ème arrondissement de Paris qui, à juste raison, a demandé une intervention constante des forces de l’ordre, je crois nécessaire de contacter mes collègues des 10 ème, 11ème, et du 20 ème arrondissements de Paris pour que, ensemble, nous soyons solidaire de tous dans la sécurité de chacun.