Grève dans les structures d’accueil de la petite enfance

par · 23 mai 2010

Hier, jeudi 6 mai 2010, plusieurs structures d’accueil de la petite enfance de ma circonscription étaient à nouveau en grève. Plusieurs journées d’actions nationales avaient déjà été organisées un peu partout en France entre le mois de février et le mois d’avril 2010 avec le même mot d’ordre : Accéder à une politique publique pour la petite enfance ambitieuse et constituant un véritable investissement sur l’avenir!

Alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy a engagé une réforme du décret du 20 février 2007 relatif aux établissements d’accueil des jeunes enfants ( EAJE), destinée à offrir davantage de places d’accueil, le compte n’y est pas et la méthode non plus.

Le compte n’y est pas puisque le gouvernement refuse de prendre en compte la réalité du nombre d’enfants, par rapport aux nombres d’accueil : 60 % des enfants continuent d’être gardés par leur parents.

La méthode non plus puisque ce qui est proposé dans le décret passe notamment par la diminution du nombre des professionnels les plus qualifiés, l’assouplissement des règles d’encadrement des jeunes enfants et, concernant les assistantes maternelles, par la baisse de 60 à 30 heures de leur temps de formation initiale.

Ces mesures mettent en danger à la fois la qualité de l’accueil des enfants et de leurs familles, et dévalorisent les compétences de ces métiers.

A ce propos, j’ai déposé une question écrite à Madame Nadine Morano, secrétaire d’État chargée de la famille et de la solidarité que je vous livre en attendant sa réponse :

M. Jean-Christophe Cambadélis attire l’attention de Mme la secrétaire d’État chargée de la famille et de la solidarité sur le projet de décret gouvernemental visant à assouplir les conditions d’encadrement des tout-petits: un adulte pour douze enfants au lieu de huit, moins de personnel qualifié etc. Ce projet de décret envisagerait en effet de réduire le nombre de personnels qualifiés en crèche, le seuil minimal de présence passerait de 50 à 40%, de même une crèche de 60 places par exemple pourrait accueillir jusqu’à 72 enfants certains jours. Face à la grogne toute légitime des professionnels de la petite enfance qui ne veulent pas d’une réforme au rabais qui assouplisse les conditions d’encadrement en crèche, il demande à Mme la secrétaire d’Etat quelle réponse elle entends leur apporter.