Burundi: inquiétudes sur le prochain scrutin présidentiel

par · 3 juin 2010

Le Parti socialiste (PS) suit avec attention la situation politique burundaise et, particulièrement, le processus électoral en cours (élections municipales, présidentielle et législatives) qui, après celui de 2005, doit assurer à ce pays la stabilité et la démocratie nécessaires à la paix et au développement de son peuple.

Le PS s’inquiète du climat qui se développe aujourd’hui dans ce pays et alerte la communauté internationale des risques que cela représente pour ce pays et la région des Grands Lacs.

Le 21 mai dernier, quelques jours avant la tenue des élections municipales du 24 mai, les Autorités burundaises ont prié Mme Neela Goshal (Human Right Watch, HRW) de quitter le pays avant le 5 juin 2010, alors qu’elle examinait précisément les nombreuses violations des droits de l’homme (arrestations arbitraires, tortures, assassinat ciblés…) commises depuis de nombreux mois, et qu’elle s’interrogeait sur l’impunité dont semblent jouir les auteurs de ces crimes et forfaits.

Après la tenue des élections municipales le 24 mai, et avant les élections présidentielles du 28 juin 2010, cinq candidats de l’opposition ont décidé de se retirer de ce scrutin le 1er juin, refusant selon leur déclaration d’être « des cautions démocratiques d’un processus électoral qui n’a plus de sens ».

Le PS a rencontré au cours de ces derniers mois deux des cinq candidats qui se retirent, M. Leonard Nyangoma et M. Alexis Sinduhije, et il entretient de longue date des relations avec le FRODEBU, parti membre de l’Internationale socialiste (IS) dont le candidat s’est aussi retiré.

Le PS considère que le retrait de ces personnalités respectées de l’élection présidentielle est un signal que la communauté internationale ne peut ignorer. Il demande aux Autorités françaises et européennes, qui fournissent un soutien matériel important à ce processus électoral, de faire pression sur les autorités burundaises actuelles et le Président Pierre Nkurunziza, pour qu’ils s’engagent solennellement et résolument à faire cesser l’impunité pour les crimes commis et à faire respecter le droit, y compris celui des oppositions.

Enfin, le PS demande aux Nations unies de veiller à une observation impartiale mais rigoureuse du déroulement de la campagne et des élections à venir.

Les commentaires1 Commentaire

  1. Gervais Marcel dit :

    Je viens de lire avec grand intérêt l’inquiétude du PS au sujet de l’impasse qui se développe au sujet du processus électoral en cours au Burundi.
    Les burundais apprécient le soiutien de votre parti, et de la France à ce processus de consolidation de la démocratie au Burundi. Etant donné la situation encore précaire de cette jeune démocratie de ce pays sorti récemment de la guerre il y’a seulement quelques mois lorsque le dernier mouvement rebelle a déposé les armes et rejoint le processus démocratique en se transformant en un parti politique, c’est précisément pour cette (et d’autres) raison(s) que ce scrutin d’après guerre devrait (ou aurait dû) faire l’objet d’une surveillance plus étroite (plus étendue et plus approfondie) de la part de la communauté internationale qui a investi tant dans le retour à la paix et la sécurité de ce pays.
    Une présence d’observateurs plus importante dans chacune des communes n’était pas impossible, elle aurait permis d’éviter l’impasse actuelle qui était prévisible.
    Le parti au pouvoir et les partis d’opposition ne peuvent faire ce qu’ils sont en train de faire, ou de ne pas faire, sans le soutien et la bénédiction des bailleurs d’aide, dont la France.
    L’UE de concert avec tous les autres sponsors du processus de retour à la paix dans ce pays devraient exercer des pressions fermes et immédiates sur le parti au pouvoir et sur les partis de l’opposition sans quoi toutes les resources qui ont été investies auront été un gaspillage si les protagonistes visibles et invisibles restent incontrolés.