Interview dans le Parisien: « Plus il échoue, plus il radicalise »

par · 23 août 2010

J’ai répondu à une interview publiée dans l’édition nationale du Parisien, je vous propose de la retrouver ci-dessous:

Cet élu socialiste proche de Dominique Strauss-Kahn, réagit au discours et aux propositions du chef de l’Etat en matière de délinquance.

Qu’avez-vous pensé du discours du chef de l’Etat ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS. Nicolas Sarkozy a dressé un bilan sévère de ses huit ans à la tête de l’Etat dans le domaine de la sécurité (NDLR: au ministère de l’Intérieur puis à l’Elysée). Le paradoxe, c’est que plus Sarkozy échoue plus il radicalise. C’est la première fois qu’il fait le lien entre la délinquance et la nationalité. C’est le retour de la double peine que Sarkozy avait lui-même abolie. S’il en est arrivé là, c’est qu’il constate son échec.

Le président a évoqué l’échec du système d’intégration à la française. Partagez-vous son constat ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS. Il y a une difficulté du lien social qui n’est pas propre à l’intégration, mais à la politique libérale qui produit de la relégation, des ghettos, des inégalités, quelles que soient les origines.

Vous contestez qu’on puisse retirer la nationalité à des personnes qui auraient tiré sur des policiers ?

JEAN-CHRISTOPHE CAMBADELIS. C’est une mesure électoraliste qui n’est pas efficace. Cela se saurait. C’est toute la politique de sécurité qui est à revoir. Il faut une planification sécuritaire, une coproduction avec les acteurs urbains. L’horloge de Sarkozy s’est arrêtée à Napoléon III: on sécurise les centres-villes et on fait le coup de poing dans les banlieues. Dans les centres-villes, la présence policière est renforcée pour les contraventions et pour enlever les voitures… On est dans le surreffectif parfois, ce qui fait que dans les banlieues on a retiré du personnel. En Seine-Saint-Denis par exemple il y a 400 policiers en moins. Nicolas Sarkozy gère cette pénurie par un discours martial. Il croit courir après ses électeurs en utilisant les faits divers pour en rajouter dans la stigmatisation. Comme les faits divers se multiplient, il y a de quoi être inquiet sur la dérive gouvernementale. On ne règle pas les problèmes de sécurité avec des roulements de tambour.