Fignon est mort

par · 1 septembre 2010

Laurent a éclaté sportivement au début de la décennie 80. On peut dire dans le mouvement même de l’arrivée de la gauche au pouvoir. Il y avait dans l’équipe Renault coachée par Cyril Guimard l’insouciance, voire l’insolence d’une génération supplantant les vieilles gloires du cyclisme issue du monde rural, comme Hinault avec les Barteau ou les Boyer tous issus du monde de la banlieue. Ceci avant que la même génération soit supplantée par la mondialisation du cyclisme Lemon, Berzine voir les Ulrich ou autres Amstrong.

Fignon était un athlète doué gagnant deux tours même trois si on veut bien estimer que 8 secondes en 1989 c’était rien. Fort en gueule et un peu soupe au lait c’était un puissant baroudeur du cyclisme au coeur généreux. Je ne retiendrai pas seulement ses victoires nombreuses, 76, ni sa réplique face à Hinault « son démarrage en montagne m’a fait rigoler », mais ce tour de 87 en fin de carrière ou son G Bugno était méchamment attaqué par une coalition d’intérêts dans une étape des Vosges. Lui, le grand champion se sacrifia avec une telle puissance qu’il épuisa celui qu’il ramena sur les meilleurs.

C’était cela Fignon un sacré caractère généreux. Il fait parti des géants du tour perpétuant sa légende.