Congrès du Labour : les militants ont élu un Miliband

par · 28 septembre 2010

Une délégation française est présente au Congrès du Labour qui se tient depuis samedi à Manchester. En Grande-Bretagne, les conférences annuelles des partis sont des événements nationaux, à l’instar de nos universités d’été, à cette différence qu’il s’agit de moments politiques cruciaux puisque, au moins jusqu’à cette année, la vie politique britannique était structurée par le parti conservateurs et le parti travailliste.

Cette conférence a débuté par la fin du vote des militants pour désigner leur nouveau leader après la démission de Gordon Brown à la suite de la défaite aux élections législatives de mai dernier.

Des cinq candidats restés en lice, deux semblaient favoris, Ed, l’ancien ministre de l’énergie de Gordon Brown et surtout son frère aîné, David, l’ancienne bras droit de Tony Blair et ministre des Affaires étrangères de Gordon Brown.

La presse française a eu peu hâtivement résumé le duel de ces fils de marxistes polonais à une bagarre fratricide entre héritiers de Blair et héritiers de Brown avec une prime pour le cadet, Ed, qu’elle croyait voir « plus à gauche ».

Il est vrai que Blair lui-même considère que le Labour ne doit pas rompre avec le « New Labour » et qu’il ne faut pas délaisser le centre si les travaillistes veulent un jour reconquérir le pouvoir. Il est vrai aussi que beaucoup d’électeurs travaillistes ont voté pour les Libéraux-démocrates car ils défendaient des positions, notamment en matière de libertés et de questions de société que le Labour ne défendait plus prioritairement. Mais il est tout aussi vrai que, même si Ed Miliband avait la faveur des syndicats, ceux-ci ne lui ont accordé de majorité qu’au quatrième tour de scrutin – pour désigner le leader travailliste, il y avait trois collèges électoraux : les parlementaires, les militants et les affiliés comme les syndicats ou les clubs et think tanks. Cela explique la courte avance d’Ed Miliband sur son aîné qui, depuis des années était vu comme celui qui renverserait un jour Brown qui battait des records d’impopularité et qui avait eu, par trois fois, l’occasion de passer à l’action depuis 2007.

Ed Miliband, 40 ans devient donc le leader de l’opposition travailliste qui est en train de remonter fortement dans les sondages. Il n’a pas été majoritaire chez les parlementaires dont le poids dans le parti est important puisque pour être candidat, il fallait le parrainage de 33 parlementaires, soit un huitième de l’ensemble des députés aux Communes et au Parlement européen. Elu député seulement en 2005, c’est lui qui a rédigé le Manifeste de campagne du Parti travailliste pour les dernières élections.

Les conservateurs pourraient lui reprocher d’être mal élu et d’être l’otage des syndicats – la presse de droite a tenté un « red Ed » – jadis malmenés par Blair au sein du parti, le message qui a dominé en ce début de congrès, c’est celui de l’unité des travaillistes alors qu’un mouvement social se prépare contre les mesures du gouvernement Cameron-Clegg de réduction drastique des dépenses publiques et des aides sociales.

Quand à nous, notre ambition est de renouer le travail avec le Labour, comme avec d’autres partis socialistes européens, afin de préparer ensemble, l’alternative dans nos pays.

catégorie Europe, Parti Socialiste