[Interview – France Soir] C’est le grand bazar !

par · 7 octobre 2010

Jean-Christophe Cambadélis répond à une interview dans France Soir à propos de la lettre de démission de Bernard Kouchner, rendue publique récemment.

France-soir: La lettre de démission de Bernard Kouchner à Nicolas Sarkozy vous surprend-t-elle ?

Jean-Christophe Cambadélis: Absolument pas. J’avais moi-même fait cette proposition à Bernard Kouchner à la fin de l’été pour qu’il puisse sauver son honneur d’homme de gauche, après le virage sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Mais ce qui me frappe, c’est le climat de délinquance gouvernementale dans lequel s’inscrit la révélation de cette lettre.

F.-S: Que voulez vous dire ?

JCC: C’est le grand bazar au seine de l’exécutif ! On a un président qui a peur, un Premier ministre qui râle et n’en fini pas de faire ses adieux, des ministres gaffeurs qui sont obnubilés par la question de leur maintien au gouvernement… Et, pendant ce temps là, les français assistent, consternés, au bal des prétendants à Matignon. J’ai l’impression que rien ne peut surmonter la spirale dépressive du gouvernement: en annonçant six mois avent la date de son prochain remaniement, Sarkozy a contribué à en faire un non-évenement.

F.-S: Dans sa lettre, Kouchner dénonce « les humiliations » que les conseillers du Président lui ont, dit-il, infligées…

JCC: Bernard Kouchner est une victime collatérale de l’hyperprésidence. A partir du moment où Nicolas Sarkozy centralise la politique économique, la politique sociale, la politique culturelle, la politique éducative, la politique étrangère… il est évident que ses ministres sont réduits à être des porte-parole de son action. Mais qu’un ministre des Affaires étrangères puisse faire fuiter une telle lettre et rester au gouvernement en dit long sur l’absence d’autorité de l’Elysée et de Matignon !

F.-S: Kouchner dit aussi prendre « acte de la fin de l’ouverture à gauche »…

JCC: Mais il n’y a jamais eu d’ouverture à gauche, il y a eu des débauchages ! Je note que cela devrait être moins tendance lors du prochain remaniement: Les candidats n’étant pas certains que Sarkozy perdurera, ils n’auront pas envie de se compromettre.

F.-S: Kouchner peut-il revenir toquer à la porte du PS ?

JCC: Cette phase-là est terminée. Il a fait ce qu’il pensait devoir faire et nous, nous avons continué notre chemin sans lui.

Propos recueillis par Gaëtane Morin

catégorie Expressions, Interviews

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    La responsable du PS qui bat en retraite… Ce n’est pas le grand bazar, c’est le souk ! Si elle est vraiment souffrante en dernière minute, c’est une fâcheuse coincidence, si elle s’est défilée, c’est lourd de conséquences. Dans les deux cas nous souhaitons à Martine Aubry un prompt rétablissement.