« Sarkozy réduit la parole de la France à une « speed diplomatie »

par · 8 octobre 2010

Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions de Renaud Czarnes dans Les Echos.

Les socialistes poursuivent l’élaboration de leur programme pour 2012. Ils organisent ce week-end à la Défense une convention sur les questions internationales. Le texte a été préparé par Laurent Fabius et le secrétaire national à l’Europe et aux relations internationales, Jean-Christophe Cambadélis.

Le document est très général et délibérément consensuel, qui se garde bien de ranimer les divisions internes, notamment sur l’Union européenne. Les militants l’ont d’ores et déjà approuvé à 87,4 %. Pour les dirigeants socialistes, il s’agit avant tout de dénoncer les « volte-face » de Nicolas Sarkozy sur la scène internationale et de réinscrire la France dans le concert des Nations. Jean-Christophe Cambadélis s’en explique.

Quel est l’enjeu de votre sur l’international ?

Doter le Parti socialiste d’une nouvelle vision du monde et proposer à la France un chemin praticable en Europe et dans le monde qui ne soit ni ce que fait Nicolas Sarkozy ni ce que fit la gauche. D’abord, parce que nous assistons à une nouvelle donne mondiale, la fin de l’occidentalisation du monde, suite à une double rupture, la fin de l’empire soviétique et la crise systémique de la financiarisation de l’économie débouchant sur une planète multipolaire mais mal régulée, plus intégrée mais plus fracturée. Bref, à la recherche d’un nouvel équilibre. Ensuite, parce que l’hyperprésidence de Sarkozy a réduit la parole de la France à une « speed diplomatie ». Un jour avec Bush, le lendemain contre Obama, la Chine, l’Afrique ou l’Allemagne, partout avec la même inconsistance, faute de temps, de vision et de constance.

Est-ce un contre-projet de politique étrangère ?

Oui, Martine Aubry conduit le renouveau socialiste dans tous les domaines. Face à une diplomatie française où Nicolas Sarkozy est partout, mais la France nulle part, il faut bâtir une alternative concrète.

Comment êtes-vous parvenus à un consensus ? Des sujets comme le Moyen-Orient ou le degré de protectionnisme ne sont-ils pas toujours en débat ?

Notre texte est à la fois robuste, clair et consensuel au sein du PS. Cela n’a été possible que parce que tous les socialistes ont préféré enrichir notre position que de cultiver des postures. Sous la présidence de Laurent Fabius, nous avons voulu revisiter les défis de la France dans le nouveau monde et trouver des solutions à la fois justes et praticables. Que ce soit dans le commerce mondial où nous préconisons le juste échange, dans notre volonté de refondre l’axe franco-allemand ou relancer l’Europe. Sans oublier l’Afghanistan, le Moyen-Orient, l’élargissement de l’Europe, le Sud ou la paix.

Ce texte constitue-t-il la base du programme du futur candidat socialiste à la présidentielle ?

Ce document est en effet la « doctrine » de base du PS. Après, le ou la candidat fera « ses gammes », tant il est vrai que, en ce domaine comme dans les autres, il ne s’agira pas d’élire le président de la gauche, mais le président de la France.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    « Un chemin praticable qui ne soit ni ce que fait Nicolas Sarkozy, ni ce que fit la gauche » … C’est la rupture avec la droite et avec la gauche d’hier pour construire la France de demain. Des fleurs qui repoussent … sur ce projet que vous avez co-écrit et qui est aujourd’hui largement validé par vos militants. Voilà un exemple de concret sur la route de 2012.