« la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, un accident industriel »

par · 14 octobre 2010

Ce mercredi 13 octobre, Jean-Christophe Cambadélis, député PS de Paris et secrétaire national à l’Europe et à l’international, est venu à Bordeaux présenter son dernier livre : « Dis moi où sont les fleurs », un essai sur la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. Très critique à l’égard de l’action de notre président de la République, il explique les raisons de son « échec ». Un ouvrage qui arrive au moment, où la France s’apprête à prendre la présidence du G20.

« Nicolas Sarkozy voulait faire de l’international son point fort pour sa réélection, c’est raté », lance Jean-Christophe Cambadélis. « On est éberlués par sa speed diplomatie. C’est une succession de coups, sans cohérence », dénonce-t-il. Dans son livre, « Dis-moi où sont les fleurs ? », en référence à une chanson de Marlène Dietrich, il met en cause « l’illisibilité » de la politique internationale du chef de l’Etat. Pour lui, c’est une politique « anxiogène », qui a privé la France de tout allié dans le monde. « Il s’est fâché avec l’Angleterre, avec l’Allemagne, avec la Chine… On est dans un face à face avec les Allemands en oubliant le reste du monde ». Le problème, selon le député de Paris, est que Nicolas Sarkozy est dans un « pragmatisme mal éclairé ». « Il est trop pressé et veut que ça rapporte tout de suite », lâche-t-il, lui reprochant son « manque de vision ». Pour le secrétaire national à l’Europe et à l’international, l’une des erreurs de Nicolas Sarkozy est d’avoir perçu le monde occidental comme un simple prolongement de la France. « Il a pensé qu’il était en position de force, car Angela Merkel devait composer avec une coalition en Allemagne, que le premier ministre espagnol Zapatero a échoué en Amérique Latine… A cela, sont venus s’ajouter des éléments conjoncturels, comme l’arrivée d’Obama au pouvoir (Nicolas Sarkozy s’était rapproché de Bush) et la crise financière a fini de montrer la fin de la prédominance du monde occidental et des USA sur lesquels le président de la République avait tout misé.

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France »

« L’hyperprésidence a tué la parole de la France. Nicolas Sarkozy est partout et nulle part, avec lui, c’est beaucoup de virages, beaucoup de zigzags et pas d’explication », analyse Jean-Christophe Cambadélis, qui déplore notamment l’engagement français en Afghanistan, « alors que notre présence serait plus utile en Afrique ». Pour lui, « il y a un vrai accident industriel. On a un président qui ne s’intéresse pas à la politique internationale ». A l’évidence, le couple franco-allemand, ciment de l’Union Européenne, ne fonctionne plus. L’affaires des Roms a également détérioré l’image de la France à l’étranger. Alors, que faire pour redorer le blason de notre Nation ? « La France doit être plus à l’écoute, plus humble et changer d’attitude », suggère le député de Paris. Ceci étant, « le renouveau français passe par une renaissance européenne », rappelle-t-il. Ce qui suppose la création d’un gouvernement européen, au moins sur un plan économique. Un beau programme, que le PS aimerait mettre en oeuvre dès 2012.

Nicolas César