Une loi de finances accablant les salariés et protégeant les riches

par · 26 octobre 2010

L’Assemblée Nationale vient de voter le projet de loi de finances pour 2011 et plus précisément, l’ensemble des articles de la première partie.

Signe évident d’austérité, le projet de loi de finances 2011 présenté par le gouvernement est une conséquence directe d’une politique irresponsable, catastrophique et totalement inégalitaire sur l’économie qui présage des conséquences dramatiques dans la vie des plus modestes.

Alors que l’on veut nous faire croire que la crise dont le pays se sort à peine est le leitmotiv de ce budget d’austérité, le projet de loi décrypté explique encore une fois la volonté du gouvernement de faire profiter les plus riches des avantages fiscaux pour mieux taxer les autres, c’est-à-dire les plus modestes.

Ce sont donc les classes populaires et moyennes qui vont être frappées par la compression de 7 milliards d’Euros des dépenses essentielles en matière de soutien économique, de service public et de protection sociale, et elles seront aussi et surtout touchées de plein de fouet par une hausse des impôts qui se monte à 10 milliard d’Euros.

Et ce n’est pas terminé :

Ce sont encore les classes populaires et moyennes qui vont subir toutes les conséquences des gels de salaires dans la fonction publique, des suppressions de postes et de moyens dans des secteurs comme l’Education Nationale, de l’augmentation de la TVA de 5,5% à 19,6% appliqué aux offres « triple play » organisant une hausse directe des tarifs annuels, des diminutions d’exonérations pour les HLM qui seront immédiatement répercutées par des augmentations de loyers, des suppressions des avantages fiscaux pour les nouveaux mariés et/ou pacsés, des taxes sur les contrats d’assurance maladie entraînant de ce fait la hausse des tarifs des complémentaires de santé, des diminutions des contrats aidés, aides à l’apprentissage et dispositifs d’insertion des chômeurs, abandon du Grenelle de l’environnement avec la réduction des avantages fiscaux pour le développement durable…

En parallèle, les plus fortunés, les rentiers, les héritiers seront bien évidemment épargnés de ces alourdissements fiscaux et avantagés par la défiscalisation des heures supplémentaires ou la TVA à 5,5% sur la restauration

De même, la proposition du gouvernement de supprimer dans le même temps le bouclier fiscal et l’ISF n’est qu’un leurre, une duperie pour permettre aux plus riches de bénéficier d’un cadeau supplémentaire.

Avec cette politique, la dette atteindra un record de 87,4 % du PIB en 2012 et deviendra dès lors, la première dépense de l’État, devant les crédits alloués à l’Education !

Avec mes collègues députés SRC, c’est une toute autre réforme que nous défendons, une réforme permettant la mise en place d’une nouvelle stratégie de croissance, basée sur le rétablissement de la compétitivité économique et la cohésion sociale du pays, en organisant une vraie politique de contribution des revenus du capital, en mettant en place des dispositifs de relance de la consommation des ménages, de l’emploi, et en encourageant l’investissement des entreprises et des collectivités locales.

Pour toutes ces raisons, avec mes collègues députés du groupe SRC, j’ai voté CONTRE le projet de loi de finances présenté ce jour, mardi 26 octobre 2010 à l’Assemblée Nationale.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    Manuel Valls a raison de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas « il y a toujours dans l’histoire du PS cet inconvénient qu’il faut toujours être très à gauche », sous-entendu pour être un candidat convaincant. Est-ce la juste voie aujourd’hui pour être un candidat élu, conscient et convaincu de l’ampleur de la tâche qui l’attend ? Pourquoi François Hollande fait-il si peur à Martine Aubry au point de la faire sortir de ses gongs ? Il n’a fait qu’évoquer le scénario n°1 de votre post du 15 octobre, et sa vie privée dans la presse ne regarde que lui. Quant à Ségolène elle fait profil bas dans l’espoir d’une place haute, sauf si son ex-compagnon était en lice, où là elle serait prête, par orgueil et par dépit, à faire une fois de plus perdre son parti … C’est passionnant cette pré-campagne au PS surtout si on suppute les confidences de la première secrétaire à Laurent Fabius !

  2. topaz dit :

    Vous votez contre, c’est votre choix. mais les raisons sont discutables. La dette n’est pas apparue soudainement dans le paysage, 3 ans de Sarko ou la gauche au pouvoir avec Ségolène aux commandes n’auraient probablement pas changé grand chose au pourcentage que vous indiquez, sauf peut-être avec un puissant garde-fou comme DSK à Bercy, mais en l’occurence il aurait été ministre, fusse-t-il le premier, mais pas président. Vous demandez depuis longtemps l’abrogation du bouclier fiscal, mais il s’inscrit bien dans la réflexion et la révision en profondeur de la fiscalité dans son ensemble, sinon vous retombez dans ce que précisément vous reprochez à Sarkozy, de faire du coup par coup, par petites touches au gré de l’actualité. Quant à tous les autres griefs, il faudra bien trouver de l’argent quelque part dans ce pays. On se demande toujours au moment d’une élection comment le PS va-t-il faire pour préserver l’acquis et « donner plus » sans entraîner la France dans l’abyme, sauf à « cambrioler » les riches pour renflouer les finances de l’Etat …