Il n’y a pas de problème Hamon !

par · 5 novembre 2010

Franchement, neuf fois sur dix notre porte-parole fait honneur à tous. Et il vaut mieux Benoit Hamon dans le Parti socialiste que Jean-Luc Mélenchon dehors. Ce dernier n’étant qu’au tout début de son évolution. L’objectif du leader du Parti de gauche n’est pas l’extrême gauche mais l’ensemble de la France protestataire. Mais nous y reviendrons.

Quant à Benoit Hamon, je n’ai pas entendu de protestations de sa part aux déclarations de Martine Aubry sur France 2, à propos des retraites ou sur le respect du calendrier pour les primaires. Que peut-on lui reprocher ? La cacophonie ? Est-il vraiment le seul responsable de déclarations ne reflétant pas les positions du PS ? Quelques formules d’un autre temps ? Mais font-elles au PS la pluie et le beau temps ? D’avoir reçu Besançenot ? Bof ! Je lui reprocherais plutôt de n’avoir pas dans le même temps invité Marisol Touraine ou Harlem Désir. DSK n’est pas son premier choix ? la belle affaire ! Ce n’est pas le seul. DSK n’est pas candidat. Mais je n’ai pas entendu de sa part la volonté de quitter le PS s’il l’était. Mais si il veut voir un désaccord signifiant entre Martine Aubry et les Strauss-Khaniens, c’est son droit.

Reste Pascal Cherki, le plus à gauche des socialistes du monde. Il en faut. Il n’y a aucune raison d’obtempérer à ses sentences. Elles sont nombreuses, parfois pertinentes, mais elles sont souvent tellement radicales qu’elles handicapent ses amis. Mais le maire du 14ème sait être réaliste. Il sait par exemple parfaitement se lover dans la gestion municipale de Bertrand Delanoé.

Sur la ligne maintenant, tout le monde la veut de gauche (ceux qui la veulent de droite levez le doigt !), crédible (personne n’évoque la rupture avec le capitalisme), réformiste (évidemment ! Ce serait quoi l’alternative ?). Alors, dans le serpent programatique qu’élabore le PS, il y a des bornes à ne pas dépasser, mais il n’est pas interdit d’en jouer. Est-ce-que la présence de la gauche du PS complique le centre de gravité du PS ? Les sondages n’ont pas l’air de le dire. Évidemment on peut rêver d’un PS répétant comme l’UMP des éléments de langage prémâchés, mais ce ne serait plus un parti vivant. Et la presse qui sur-joue la clarification, elle espère surtout pouvoir parler de division. C’est le problème de la 5ème République. Il ne s’agit pas d’élire le Président de la gauche mais celui de la France ! Il faut donc rassembler le Parti Socialiste de Manuel Valls à Benoît Hamon, de Pierre Moscovici à Pascal Cherki. Le tout sur un projet qui soit de sortie de crise. Il est peu probable – tout le monde en convient – que le programme, si ce mot a un sens, de Jean-Luc Mélenchon ou du NPA le permette et il est encore moins que sûr que la France soit majoritairement mûre pour celui-ci, personne n’en doute au PS. Il reste aussi que l’on ne peut pas dire non plus qu’on fera ce que fit Sarkozy, Ce qui donne de la place à l’imagination de gauche pour être capable de résister à la concurrence des Verts et de la gauche protestataire et enfin attirer au delà de la gauche. Il y a donc beaucoup de travail et pas de temps à perdre avec des querelles subalternes.

Les commentaires5 Commentaires

  1. topaz dit :

    Si DSK se décide -ce que je crois- il devra faire face à la gauche de la gauche et faire front à la droite sarkozyste. Un programme commun peu ordinaire pour un candidat à la présidentielle qui doit relever un tel défi ! Quant aux chausse-trappes qui, de part et d’autre, le guettent … les Français sont prêts. Ils sauront faire le distinguo entre l’aptitude et les coups bas. Les Américains l’ont compris, Newsweek l’a écrit. A ce jour DSK a très certainement pris sa décision, un choix difficile, en conscience, mais avec une détermination absolue. C’est son style, et sa manière à lui de se dire que c’est maintenant qu’il peut faire quelque chose pour son pays.

  2. topaz dit :

    Lorsque l’on entend les propos de Dominique de Villepin, on relativise ceux de Benoit Hamon et on peut se demander quels seront ceux utilisés pendant la campagne présidentielle ! Il n’y a pas de temps à perdre avec les querelles subalternes, mais ces violences verbales de part et d’autre dans le même camp ne présagent rien de bon. Nous ne sommes plus dans le vaudeville mais dans le pugilat politique ! L’ère Sarkozy est-elle une parenthèse dans l’histoire de la France ? Georges Kiejman dit « le bonheur est toujours une parenthèse ». Y-a-t-il quelque part un bonheur politique ? Avec les coups du moment on en doute …

  3. catherine de la 2 dit :

    Ce n’est pas en niant un problème qu’il n’existe pas.La difference entre Hamon et tous les autres c’est qu’il est « notre » porte -parole ».S’il souhaite s’exprimer à titre personnel c’est son droit il renonce à ce poste et pourra s’exprimer comme Valls,Hollande et Collomb et ….chacun étant sans doute plus intelligent que le collectif.Ce n’est pas ainsi que je conçois le travail dans un parti.Les français attendent ligne claire et courage politique,il ne faut pas « perdre de temps » par des diversions et des positionnements personnels.

  4. Thierry dit :

    Cher JC, cet inutile commentaire, en souvenir de cette époque de jeunesse où nous inventions la souveraineté-association et ainsi ressucitions le syndicalisme lycéen en rassemblant les militants de toute la gauche, d’abord les « non stals » puis tous.
    Et comment fait-on  » l’imagination de gauche » sans l’appui du mouvement social? Comment refonde-t-on le contrat social, et c’est urgemment nécessaire, contre les hauts nantis, et sans le soutien actif des français, de nos électorats?
    Nous, PS, sommes la première force électorale nationale. Mais sommes-nous la première force miltante? Nous hissons haut le nombre de nos adhérents, mais sommes-nous en capacité d’échapper au casting media des élections 2012?
    Un monde d’avance pense que oui, par la légitimité du front unique comme stratégie de révolution démocratique. C’est ainsi que je le comprends.
    Parce que c’est toi, je t’épargne un autre commentaire, un cours sur la nature de la petite bourgeoisie et de ses empressements à rejoindre le camp du plus « fort ».
    En tout cas il est grand temps d’en débattre: le PS veut il refaire le monde ou juste etre moins méchant que l’UMP?
    Amitiés.

  5. topaz dit :

    Il est très rare ou inédit, donc grave, que vous preniez la plume sur ce blog pour commenter des différends intra-muros. Ce soir « il y a un problème Benoit Hamon », qui met Martine Aubry en porte-à-faux et la feuille de route du PS en péril. Benoit Hamon n’est pas un militant socialiste comme les autres, il est le porte-parole de son parti et devrait être le rapporteur de cette « unité » affichée. Il a franchi la ligne jaune dans des proportions que ni François Hollande, ni Ségolène Royal n’auraient osé. Probablement par souci d’apaisement, vous minimisez, mais il ne s’en prend pas aux Strauss-kahniens, il veut la peau de Dominique Strauss-Kahn et « casser » par tous les moyens celui qui pourrait être « le » candidat et son professeur en politique. Parfois les flèches les plus acérées viennent de son propre camp. A sa décharge et sans excuser ses propos inacceptables qui vont réjouir tous les sarkozystes on peut comprendre les sorties de route, car la gauche sait et sent qu’elle peut cette fois enfin gagner, mais s’impatiente de ne pas savoir avec qui … Le « yes we can » est acquis mais le « not yet » inquiète. Nous sommes en novembre. La donne va peut-être changer et la gauche se rassembler.