Il n’y a pas de problème Hamon !

Franchement, neuf fois sur dix notre porte-parole fait honneur à tous. Et il vaut mieux Benoit Hamon dans le Parti socialiste que Jean-Luc Mélenchon dehors. Ce dernier n’étant qu’au tout début de son évolution. L’objectif du leader du Parti de gauche n’est pas l’extrême gauche mais l’ensemble de la France protestataire. Mais nous y reviendrons.

Quant à Benoit Hamon, je n’ai pas entendu de protestations de sa part aux déclarations de Martine Aubry sur France 2, à propos des retraites ou sur le respect du calendrier pour les primaires. Que peut-on lui reprocher ? La cacophonie ? Est-il vraiment le seul responsable de déclarations ne reflétant pas les positions du PS ? Quelques formules d’un autre temps ? Mais font-elles au PS la pluie et le beau temps ? D’avoir reçu Besançenot ? Bof ! Je lui reprocherais plutôt de n’avoir pas dans le même temps invité Marisol Touraine ou Harlem Désir. DSK n’est pas son premier choix ? la belle affaire ! Ce n’est pas le seul. DSK n’est pas candidat. Mais je n’ai pas entendu de sa part la volonté de quitter le PS s’il l’était. Mais si il veut voir un désaccord signifiant entre Martine Aubry et les Strauss-Khaniens, c’est son droit.

Reste Pascal Cherki, le plus à gauche des socialistes du monde. Il en faut. Il n’y a aucune raison d’obtempérer à ses sentences. Elles sont nombreuses, parfois pertinentes, mais elles sont souvent tellement radicales qu’elles handicapent ses amis. Mais le maire du 14ème sait être réaliste. Il sait par exemple parfaitement se lover dans la gestion municipale de Bertrand Delanoé.

Sur la ligne maintenant, tout le monde la veut de gauche (ceux qui la veulent de droite levez le doigt !), crédible (personne n’évoque la rupture avec le capitalisme), réformiste (évidemment ! Ce serait quoi l’alternative ?). Alors, dans le serpent programatique qu’élabore le PS, il y a des bornes à ne pas dépasser, mais il n’est pas interdit d’en jouer. Est-ce-que la présence de la gauche du PS complique le centre de gravité du PS ? Les sondages n’ont pas l’air de le dire. Évidemment on peut rêver d’un PS répétant comme l’UMP des éléments de langage prémâchés, mais ce ne serait plus un parti vivant. Et la presse qui sur-joue la clarification, elle espère surtout pouvoir parler de division. C’est le problème de la 5ème République. Il ne s’agit pas d’élire le Président de la gauche mais celui de la France ! Il faut donc rassembler le Parti Socialiste de Manuel Valls à Benoît Hamon, de Pierre Moscovici à Pascal Cherki. Le tout sur un projet qui soit de sortie de crise. Il est peu probable – tout le monde en convient – que le programme, si ce mot a un sens, de Jean-Luc Mélenchon ou du NPA le permette et il est encore moins que sûr que la France soit majoritairement mûre pour celui-ci, personne n’en doute au PS. Il reste aussi que l’on ne peut pas dire non plus qu’on fera ce que fit Sarkozy, Ce qui donne de la place à l’imagination de gauche pour être capable de résister à la concurrence des Verts et de la gauche protestataire et enfin attirer au delà de la gauche. Il y a donc beaucoup de travail et pas de temps à perdre avec des querelles subalternes.