Quand l’Europe s’éveillera

par · 12 novembre 2010

Le sommet de Séoul ne débouchera pas sur un nouvel ordre monétaire international. Tout au plus un constat commun et une mission de plus pour le FMI. Notons au passage que les annonces tonitruantes à la Sarkozy sont contre productives, elles figent les positions et provoquent des illusions.

En tous cas l’Europe sera à l’évidence le dindon de la farce. Coincé entre un yuan faible et un dollar déprécié via la planche à billets. Cette dernière paye sa désunion, son absence de gouvernement économique. Pire, sa politique d’austérité contestable, qui provoque des tensions sociales et la montée des nationalismes, est en plus ruinée par le dumping monétaire sino – américain. L’Allemagne qui a sacrifié le social pour exporter, va prendre de plein fouet cette tenaille monétaire. Non seulement l’Allemagne met à genoux l’Europe par son dumping social, mais comme son déficit commercial avec les pays émergent s’accroît, elle a besoin de garder ses parts de marchés en Europe, elle est en outre prisonnière de son orthodoxie: pas de relance, pas d’inflation, pas de coordination économique.

Cette politique offrant d’ailleurs le vrai faux prétexte américain réagissant à l’égoïsme allemand et chinois. Tant que l’Allemagne maintient la même ligne, l’Europe est entravée et divisée. Et comme Nicolas Sarkozy ne peut taper sur la table étant donné sa « merkel dépendance » et son besoin d’utiliser le G2o pour changer d’image, l’Europe est la variable d’ajustement. Les frères ennemis chino-américains sont maître du jeux. La relance américaine par l’inflation sans une vraie réévaluation chinoise. Voilà pourquoi quand l’Europe s’éveillera, le monde aura changé de base !

Les commentaires4 Commentaires

  1. topaz dit :

    Vraiment très bien la nouvelle présentation sur ce site. Certains autres -qui se veulent branchés mais qui font plouc- devraient s’en inspirer. Le rouge va bien à Merkel, le jetlag moins bien à Sarkozy !

  2. topaz dit :

    On lit aujourd’hui 12 novembre dans le Figaro que la direction du PS arrêtera définitivement le calendrier des primaires en janvier 2011 et que beaucoup plaident pour qu’elles se déroulent avant la date prévue à l’automne 2011. Jusque-là rien de nouveau, mais, quelques lignes plus loin « si DSK veut se présenter, il lui faudrait alors démissionner du FMI … en plein G20 » ??? Lequel ? Celui de Cannes en novembre 2011 ? Alors que le dépôt des candidatures sera clos depuis longtemps. Et que fait François-Xavier Bourmaud du préavis du Directeur du FMI et de la campagne du candidat à la primaire ? Peut-être s’est-il trompé de G 20 ! Si DSK est candidat, le PS devrait renoncer aux primaires et se souvenir de la sagesse d’un Jack Lang en 2006.

    Que pense notre Président du sondage à paraître demain dans Marianne qui donne son « collaborateur » gagnant contre Martine Aubry et lui perdant ? Il va prendre un coup de sang, c’est sûr.

  3. topaz dit :

    Nicolas Sarkozy doit être en train de méditer cette phrase de Michel Rocard « tout Président de la République qui vire un premier ministre plus populaire que lui sans que les Français ne comprennent pourquoi le payera cher dans les sondages » …

  4. topaz dit :

    Ce commentaire remplace le précédent

    Les esprits primaires ne retiendront du G 20 qu’une image : Sarkozy/DSK en tandem pour sauver le monde … de la finance ! Deux Présidents en fonction et en sursis. Hasard du calendrier, ironie du temps, nouveau défi … pour celui qui doit écrire l’histoire du système financier international et qui a déjà écrit plusieurs projets présidentiels pour la France … Le prochain -qui pourrait être le sien- s’inscrira-t-il dans le schéma ? Juin 2011 date butoir dans les deux cas … Un chantier colossal sous la responsabilité du FMI. Dominique Strauss-Kahn a les compétences, le charisme et l’honnêteté pour mener les deux de front, en conscience des enjeux et dans le respect des priorités, et faire de la France en Europe le pays-pilote dans la manoeuvre.

    Notre hyper-Président n’est pas encore ubiquiste. Coincé entre le 11 novembre et le remaniement, il a sacrifié Séoul, alors que, prenant la présidence, il aurait dû y arriver avant les autres et clôturer le Sommet. Mais il aura testé son nouvel avion !