J-L Mélenchon, en congrès, plaide pour le « néo-communisme »

par · 20 novembre 2010

Jean Luc Mélenchon mérite beaucoup mieux que de jouer les « Chavez du Boulevard Saint Germain ». Je le connais depuis le début des années 70, où il était leader étudiant.

Il pense la politique qu’il pratique. Ce n’est pas seulement un bon orateur, c’est aussi un politique voir un idéologue et dans le monde impressionniste où nous vivons, ils ne sont pas légion.

Il a été poussé en dehors du PS, par un dédain énarchique. Tout autant parce qu’il pensait que Ségolène Royal allait s’imposer à la tête du PS.

Ce tournant était sa nuit du 4 août ( le jour ou la Social-démocratie vota la guerre en 1914) et lui donnant LE prétexte historique (la social-démocratie est passée avec armes et bagages du côté du social-libéralisme).

Il n’en a rien été. Mais le coup était parti. Alors il a créé son parti ! Avec un PCF finissant, un NPA n’y arrivant pas, Arlette Laguiller se retirant, Jean-Pierre Chevènement en pré-retraite , François Bayrou ayant raté son coup et Jean-Marie Le Pen passant la main.

Le delta protestataire était libre.

Jean-Luc a décidé de l’occuper via un OPA amicale sur le PCF. L’objectif était de tenter de fédérer l’ancien espace du « non » au traité constitutionnel européen. Jean-Luc Mélenchon avait déjà tenté de se porter candidat des comités pour le « non ». Ce qui déclencha le sourire du PCF et les éclats de rire de l’ex LCR. Ils vont le regretter car « Méluch » n’est pas du genre a pardonner les offenses.

Depuis Il a compris que l’appartenance au PS rendait sa tâche difficile. Et il s’est donc donné les moyens de sa rêverie. Restait la ligne, il a d’emblée choisi, en cette période de crise, le filon classique des protestataires. Cela tombe bien il le pense. Il a été ministre, sénateur, dirigeant du PS et a épuisé les affres de la fréquentation des puissants.

Alors il va tonner et se réclamer du peuple contre la trahison des élites, que ce soit économiquement, culturellement, ou le libéralisme sur les sujets de société .

Olivier Besançenot c’était le gavroche médiatique chouchouté comme le fut Arlette Laguiller en son temps par Alain Souchon. Jean-Luc Mélénchon joue les accusateurs publics.

« Qu’ils s’en aillent tous » et à commencer par les journalistes. La partie visible de l’iceberg qui nous gouverne. Très bien ! Le retour sur investissement est assuré.

Passons à la « popol » comme on disait dans notre jeunesse. Là c’est plus compliqué. Jean-Luc Mélenchon doit convaincre le PCF mais tout le PCF. La base ne demande que ça ! Mais les dirigeants dont les circonscriptions dépendent du PS ? Le « on s’en fout » est un peu court. Car Jean-Luc Mélenchon, par l’outrance, prends le risque du splendide isolement. Voire la création d’un axe PS-Europe-écologie / Les Verts flirtant avec quelques centristes rendant inopérante la protestation électorale. Quant au rêve de voir le PS s’installer au centre et le Front de gauche de prendre sa place, « que nenni » comme dirait Jean-Luc Mélenchon ! Le PS n’est pas suicidaire et ne passera jamais par dessus bord sa filiation historique, malgré quelques demandes. Donc impasse ou reniement ? Car il faudra bien au bout battre Nicolas Sarkozy.

Le peuple de gauche sera, tout le monde le sait, au second tour inconditionnellement pour la défaite de Nicolas Sarkozy. Si le PS gagne sans le soutien du PCF, c’est la fin d’une histoire comme me disait André Lajoinie. Et la base idéologique dans tout cela ?

Un néo-communisme plutôt conservateur tendance Jacques Duclos « blanc bonnet bonnet blanc », mais ni un eurocommunisme ou un communisme rénovateur, et la révolution républicaine ne changera rien à l’affaire. C’est le « défi démocratique » de Georges Marchais qui voulait dépasser le capitalisme par la démocratisation de la République avec le succès que l’on sait.

La France n’est ni Cuba ni le Vénézuela et la Grèce démontre que le mouvement social ne créé pas un mouvement électoral. Il y a certes une résistance sociale mais un réalisme électoral.

La droite c’est pire que tout et la protestation c’est le néant. Le pire et le néant offre à la social-démocratie un champ du possible pourvu qu’elle ait un projet de sortie de crise et non d’accompagnement de celle-ci. En fin de compte nous avons un talent au service d’un monde englouti. Le dernier rejeux des années 70. Lorsqu’on lit ou écoute Jean-Luc Mélenchon, on ne perçoit qu’une nostalgie. Il n’y ni renouveau de la radicalité que l’on trouve dans les mouvements anti-consommation ou écologiques radicaux. Ni stratégie de conquête du pouvoir, puisqu’il fait l’impasse sur l’alliance. Son néo-communisme n’est qu’une protestation contre la fin d’une époque. Même si les Français serrent les poings devant le Sarkozysme appuyé sur une oligarchie financière.

Espérons que ceci n’est que passager car nous aurons besoin de tous pour les battre !

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Jean-Luc Mélenchon est un homme cultivé et un brillant orateur. C’est toujours un plaisir de l’écouter dans ses développements. Dommage qu’il s’isole et qu’il s’arc-boute dans un cheminement du siècle passé.

    Une semaine politique passée chargée de symboles avec le remaniement, les remerciements et les entrées au gouvernement. On a beaucoup évoqué les perdants et peu les gagnants. Pourtant J.F. Coppé a bien joué et MAM a eu de la chance. Marine Le Pen ne manque pas d’humour -encore plus futée que son père celle-là- lorsqu’elle nous parle du repris de justesse et du repris de justice !

    A droite la division est affichée et la partie se joue à fleurets non mouchetés. Le responsable de la co-habitation de 1997 ne veut plus co-habiter mais simplement « exister ». Tous les moyens sont bons pour délocaliser et déstabiliser l’attention et la ligne politique. L’ex-futur premier ministre est furieux et veut sa revanche à large spectre. Il fera en sorte qu’elle soit aussi médiatique que sa nomination avortée. Quant au spectateur devenu acteur dans la défense de notre pays, on peut se demander ce qu’un homme de sa trempe est venu faire dans cette galère.

    A gauche l’unité est affichée et la division sous-jacente ou imminente. La donne va vite se compliquer. Tout un chacun est un candidat en puissance -un de plus dans la course- qui n’en peut plus d’attendre le signal Aubry/DSK. Les moteurs chauffent, les esprits s’échauffent. Au-delà de l’image du 17 novembre de deux hommes de talent, aux multiples cerveaux en anticipation permanente, à la fois opposés et contraints à être complices dans le contexte, on a du mal à suivre -comme les postulants à la primaire- les exigences calendaires ou l’esquive DSK sur France Inter. La pirouette sur l’amour des Français pour le FMI … est limite et la France n’a pas les mêmes codes que la presse américaine. DSK a une revanche à prendre, mais il ne doit pas se laisser piéger à son propre jeu, ni être un handicap pour son camp, car Martine Aubry ne pourra plus très longtemps maintenir le cap.