La cuillère de Le Pen dans le baril de miel du week-end.

par · 12 décembre 2010

Tous les partis ont entonné la chansonnette de l’union ce week-end.

L’UMP à tu et à toi entre François Fillon et Jean-François Copé.

Au PS, Martine et Ségolène se sont claquées la bise, chez les Verts, on recollait la porcelaine.

Le Modem faisait bloc derrière François Bayrou. Jean-Louis Borloo avait réuni auparavant les centristes pro-Sarkozy avec le coup de tampon de Xavier Bertrand.

Dans cette atmosphère sirupeuse d’union pré-fête, la déclaration de Marine Le Pen a fait un peu cuillère de goudron. Le tollé fut à la hauteur de la provocation.

Ce qui importe – au delà de la nécessaire condamnation – c’est pourquoi Marine Le Pen a rompu avec le « facho-soft ». Malgré reportages flatteurs, sondages formidables, déclarations intéressées de l’UMP (M. Le Pen est un vecteur d’union), Marine Le Pen est à la peine. Sa ligne visant a rendre l’extrême droite fréquentable passe mal dans l’extrême droite. Il suffit de lire les feuilles de choux de ces derniers pour s’en convaincre. Alors Marine Le Pen a eu recours à la stratégie des mégrétistes qui l’entourent: la différenciation maximale. Cela permet de se distinguer des partis traditionnels et d’être au-delà de ce que d’autres populistes peuvent faire. Bref, être repérée pour mieux cristalliser le vote protestataire. Et en même temps rassurer la base sur l’ancrage xénophobe.

Oui mais voilà, le succès est certain mais le ghetto de la réprobation aussi. Marine Le Pen voit sa ligne invalidée par son vrai faux dérapage. Le facho-bobo, ça ne marche pas !

catégorie Ecrits, Expressions

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Je n’ai pas suivi, mais ce délicieux verbiage met un peu de gaîté dans la couleur muraille de la vie politique …