« Il est faux de dire que DSK sponsorise l’austérité en Europe »

par · 21 décembre 2010

Dans sa rubrique « Le fait du jour » Le Parisien consacre deux pages à Dominique Strauss-Kahn. Jean-Christophe Cambadélis répond à une interview que vous pouvez retrouver ci-dessous:

DSK peut-il se retrouver dans le projet que propose de PS ?

Le candidat, Dominique Strauss-Kahn ou un autre, trouvera, en octobre 2011, un PS fin prêt. Les arbitrages auront été faits sur tous les sujets. Les propositions seront hiérarchisées et préfinancées. Le piano sera donc accordé. Il ne restera plus, au candidat ou à la candidate, qu’à jouer pour captiver la France. Le problème n’es pas simplement d’être, aujourd’hui, en résonance avec le programme du PS, mais d’être en capacité de sortir le pays de la crise et de battre Nicolas Sarkozy.

La multitude de propositions sur l’égalité, que le PS a adoptées, ne compliquent-elles pas son retour ?

Non, Il faut être réaliste mais aussi de gauche. Rien dans les propositions du PS n’est inatteignable pour DSK. Sa crédibilité et celle de Martine Aubry sont telles que la confiance sera au rendez-vous pour faire avancer la France. Et dire qu’on ne peut rien faire d’autre que du Nicolas Sarkozy, c’est économiquement faux, socialement insupportable et politiquement idiot.

Peut-on être socialiste et imposer l’austérité, comme en Grèce et en Irlande ?

Mais c’est l’austérité qui s’est imposée aux gouvernements et pas l’inverse ! Elle est souvent due à l’échec antérieur des politiques libérales. Il est faux de dire que Strauss-Kahn sponsorise l’austérité en Europe. Les gouvernements l’appellent parce que ces pays sont au bord de la banqueroute. Ce n’est pas le pyromane mais le pompier.

Comment convaincre l’électorat populaire quand on gagne 500000$ par an (372000€) ?

On convainc l’électorat populaire quand on a des réponses qui règlent leurs problèmes. Si DSK revient en France, il aura sacrifié un certain confort pour être utile aux français. En 1936, la droite nous a déjà fait le coup du train de vie: Léon Blum mangeait, soi-disant, dans de la vaisselle en or ! C’est un grand classique.

Laurent Fabius a dit, dimanche, que la candidature de DSK « chemine ». Êtes-vous d’accord ?

Elle ne chemine pas. Mais elle trotine dans l’opinion pour Strauss-Kahn et Aubry. Il n’y a, pour l’instant, rien à dire d’autre.

Propos recueillis par Eric Hacquemand

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    Laurent Fabius fait en 2010 ce que n’a pas fait Lionel Jospin en 2006. Avec le temps vient la sagesse. Je n’imagine vraiment pas DSK dans une campagne de primaires et de débats télévisés avec la jeune garde du PS … Qu’elle fasse, elle aussi, preuve de sagesse, qu’elle joue le jeu, qu’elle « apprenne » sans le faire à ses dépens et qu’elle se renforce pour les échéances d’après. Elle a tout à gagner ou beaucoup à perdre !

  2. topaz dit :

    Les journalistes ne sortiront donc jamais des vieux clichés de la gauche caviar ! C’est comme Courchevel -à qui l’image bling bling colle à la peau- et qui vient de réussir une coupe du monde des femmes exceptionnelle, saluée par la FIS après 31 ans d’absence.

    Si DSK est un sponsor, bon nombre de pays en Europe aimeraient l’avoir comme capitaine.