90ème anniversaire du Congrès de Tours

par · 27 décembre 2010

S’il n’est ni de sauveur suprême, ni dieu, ni César ni tribun, la semaine de Noël 1920 a pourtant vu naître le parti de ceux qui attendirent avec foi l’avènement du communiste avec la scission du congrès de Tours au cours duquel les trois quart des délégués socialistes décidèrent de suivre Cachin et Frossard et d’adhérer à la IIIe Internationale pour fonder quelques temps plus tard le Parti communiste français.

1920, ce fut le temps de l’espoir. La faillite de la IIe Internationale devant la guerre avait été réparée par les soviets et bientôt, la révolution serait sans patrie ni frontière car elle serait mondiale et que rien ne s’opposait à ce qu’elle déferle des rives de la Moscova jusqu’aux bords de la Loire en ce mois de décembre.

Mais le phénomène stalinien plaqué sur la culture du syndicalisme révolutionnaire et anarchiste français provoqua surtout une vague de froid. 1936 c’est le Front populaire, mais ce sont aussi les procès de Moscou contre les trotskystes ou tous ceux qui s’opposaient sans oublier le goulag décrit plus tard par Soljenitsyne, ingrédients du stalinisme que le PC français s’obstina longtemps à soutenir. Mais tous les camarades n’applaudirent pas au pacte avec Hitler, ils voulaient certes défendre l’URSS, mais ils n’hésitèrent jamais à mourir pour la France comme des milliers et des milliers de soldats sont morts dans les rangs de l’Armée rouge notamment à Stalingrad. Ce fut le « Parti des fusillés », mais auréolé de cette gloire, il participa activement à la reconstruction de la France, en contribuant avec les socialistes et les gaullistes à construire ce « modèle social » que la droite aujourd’hui démantèle pierre par pierre.

Cependant, le Parti communiste participa activement à la décolonisation de l’Indochine et de l’Algérie après avoir soutenu les massacres de Sétif.

Le PCF fut aveugle à la déstalinisation, il approuva Budapest. Le couple Thorez pétrifia la « culture ouvrière » dans une société bloquée et une France qui finit par s’ennuyer. Le PCF prêchait la révolution mondiale, mais pratiquait la realpolitik. Religion de masse pour des générations entières, mouvement d’éducation populaire, le communisme français fut longtemps la colonne vertébrale de la gauche, mais lui-même fut tétraplégique, incapable de condamner la répression dans l’Empire soviétique.

Il entra dans sa troisième période, après l’espoir et la glaciation, ce fut le temps de la dégénérescence alors que la gauche était justement en train de se rajeunir et qu’elle se préparait à changer la vie. De Prague à Kaboul, le bilan était « globalement positif » alors que longtemps après que Blum, Luxemburg et Kautsky eurent prophétisé l’avenir de cette illusion, le grand public découvrait les dissidents et les crimes de masse.

Je veux en profiter pour saluer ici ceux du PCF avec lesquels nous avons travaillé à l’unité de la gauche, certains sont partis, d’autres sont restés. Tous restent de grands militants de gauche. Robert Hue, Pierre Blotin, Patrick Braouezec, Jean-Claude Gayssot, Marie-George Buffet…

Le parti de la faucille et du marteau est devenu une étoile morte, fauché par l’Histoire, mais l’idéal des fondateurs, l’esprit de justice sociale reste une idée qu’il faut continuer de marteler dans la mondialisation.

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Plus près de nous, cette semaine DSK fait le break et pense
    à la France qui pense à lui, et probablement à Jacqueline Strauss,
    militante active du SFIO, qui nous a dit un jour avec beaucoup
    d’aplomb chez Michel Drucker « mon fils c’est le meilleur »