François Mitterrand ou la rencontre d’un destin et d’une génération

par · 7 janvier 2011

Lionel Jospin avait dit un jour: « Mitterrand nous a fait, autant que nous l’avons fait ». Cela n’avait pas plu. Mais c’était vrai, ce qui n’est ni le cas de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy. François Mitterrand fut tout autant choisit par une génération qu’il l’a fit vivre par sa victoire. La génération d’Epinay et la suite en 1974, celle de Pierre Mauroy, Jean-Pierre Chevènement, Jean Poperen, Michel Rocard, Louis Mermaz, Louis Mexandeau, Claude Estier, Pierre Joxe, Henry Emmanuelli, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Georges Fillioud, Daniel Percheron, Gaston Deferre, Robert Badinter, Jacques Delors, Pierre Guidoni, Jack Lang, Yvette Roudy, etc… Ils avaient choisi François Mitterrand, parfois difficilement. Mais c’est la rencontre de deux choses qui fit la victoire: celle d’un homme d’exception (même s’il n’est pas exempt de critiques) et d’une génération remarquable, forgée dans la lutte contre le gaullisme triomphant et le parti communiste dominant. C’est la rencontre des deux qui donna en partie 1981. On aurait tort d’oublier cet enseignement.

Les commentaires5 Commentaires

  1. Maria Melodia dit :

    François Mitterrand était un homme remarquable pas seulement pour la France et aussi pour sa politique extérieure. Il savait entretenir l’union du parti socialiste, ce qui est très important.

  2. topaz dit :

    Ce n’est pas seulement la science, c’est aussi l’utopie qui a envoyé l’homme sur la lune. Les recettes de François Mitterrand ne sont plus applicables, mais que vive l’utopie qui, conjuguée à la raison, pourrait envoyer le meilleur de la gauche à l’Elysée. C’est maintenant, c’est à prendre ou à laisser, et comme dans un combat perdu, cela suppose une reddition sans condition … juste pour sauver sa peau.

  3. topaz dit :

    « Il faut laisser du temps au temps » … Le PS l’applique. « Pour être aimé, il faut d’abord s’aimer soi-même » … Le PS s’aime-t-il assez pour se faire aimer ?

  4. topaz dit :

    C’est amusant dans cette marche vers 2012, ce besoin ressenti et exprimé par la droite (Sarkozy et ses allusions) et par la gauche (beaucoup) de se souvenir de ce que fut François Mitterrand dans l’histoire de la République. Une envie de second mandat pour les uns, une appétence de « remake » pour les autres. François Mitterrand a marqué son temps, et à sa façon, il fut avec le Général De Gaulle parmi les grands hommes de l’histoire de France. On peut s’interroger aujourd’hui sur qui sera demain en phase avec les Français, car « il n’y a pas de grands hommes sans de grandes causes ».

  5. topaz dit :

    15 ans après sa mort l’enseignement dont vous parlez est
    plus que jamais d’actualité. Il est important de se souvenir des
    morts qui ont compté, mais n’oublions pas les vivants qui
    pourraient compter. Avant que ne s’éteigne la Ve République la
    gauche lui donnera-t-elle un second président ?