François Mitterrand ou la rencontre d’un destin et d’une génération

Lionel Jospin avait dit un jour: « Mitterrand nous a fait, autant que nous l’avons fait ». Cela n’avait pas plu. Mais c’était vrai, ce qui n’est ni le cas de Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy. François Mitterrand fut tout autant choisit par une génération qu’il l’a fit vivre par sa victoire. La génération d’Epinay et la suite en 1974, celle de Pierre Mauroy, Jean-Pierre Chevènement, Jean Poperen, Michel Rocard, Louis Mermaz, Louis Mexandeau, Claude Estier, Pierre Joxe, Henry Emmanuelli, Lionel Jospin, Laurent Fabius, Georges Fillioud, Daniel Percheron, Gaston Deferre, Robert Badinter, Jacques Delors, Pierre Guidoni, Jack Lang, Yvette Roudy, etc… Ils avaient choisi François Mitterrand, parfois difficilement. Mais c’est la rencontre de deux choses qui fit la victoire: celle d’un homme d’exception (même s’il n’est pas exempt de critiques) et d’une génération remarquable, forgée dans la lutte contre le gaullisme triomphant et le parti communiste dominant. C’est la rencontre des deux qui donna en partie 1981. On aurait tort d’oublier cet enseignement.