Crise de régime en Tunisie

par · 13 janvier 2011

Le Président de la Tunisie avait senti d’emblée le climat, la charge symbolique en se rendant au chevet du premier immolé par le feu. De fait, la plaine était sèche et l’envie de changement présente dans toutes les couches de la société. La répression, les arrestations, n’ont pas conduit à la fin des mobilisations, mais à la démission du Ministre de l’Intérieur et à la demande de Ben Ali de libérer les emprisonnés. Et la rue qui avance aux cris de la vie vaut mieux que Ben Ali conduisant au couvre-feu à Tunis. Le fait que des villes comme Sfax ou Tozeur soient touchée par la colère, en dit long sur la profondeur du mouvement et sur la jonction entre la Tunisie du centre et côtière, traditionnellement opposées. Il reste que l’on ne perçoit pas le débouché politique. Issu à l’Iranienne ou à la Roumaine ? On ne sait pas. Mais la crise du régime est là car contrairement à l’Algérie, où il y avait une revendication unificatrice. En Tunisie il n’y a pas de revendication matérielle permettant de désamorcer la crise, mais une contestation globale du pouvoir avec une fixation sur le clan de la femme du Président, une contestation du pouvoir et ceci sans que l’opposition ne semble ouvrir de perspective ou que des craquements ne soient perceptibles dans l’appareil d’Etat. C’est donc la rue qui va rythmer la crise. Pour combien de temps ? Avec combien de morts… ? Nul ne le sait…

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