Pour le PS, « c’est aux Egyptiens de dire si Moubarak doit partir »

par · 26 janvier 2011

Après avoir déclenché une polémique sur la Tunisie, Michèle Alliot-Marie s’est montrée plus prudente, mercredi 26 janvier concernant la situation en Egypte : « Je ne peux que déplorer qu’il y ait des morts », a déclaré la ministre des affaires étrangères sur RTL.

Alors qu’elle avait proposé de faire profiter la Tunisie du savoir-faire français en matière de maintien de l’ordre, elle a affiché cette fois-ci une position plus équilibrée. Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, chargé des relations internationales, se félicite de ce changement de ton, tout en insistant sur les progrès à faire.

Michèle Alliot-Marie a-t-elle eu sur l’Egypte la bonne attitude ?

En tout cas, l’attitude de Michèle Alliot-Marie montre qu’une autre attitude était possible sur la Tunisie. Pour le reste, la révolution tunisienne ferme un cycle ouvert avec la révolution iranienne et ouvre un nouveau cycle dans le monde arabe : celui des aspirations à la démocratie, dans lequel on n’est pas obligé d’utiliser des mouvements religieux pour tenter d’obtenir plus de liberté.

C’est pour cela que le monde occidental doit être attentif à ce qui se passe en Egypte, mais aussi en Jordanie, au Liban… Ce qui est marquant, pour l’instant, c’est que c’est un processus laïc et citoyen qui est à l’œuvre.

Alliot-Marie a appelé à plus de démocratie tout en refusant de faire de « l’ingérence » : iriez-vous plus loin ?

Pas forcément. Le ton de la France sur l’Egypte est plus juste que celui employé sur la Tunisie. On s’est un peu grillés aux yeux de la rue arabe avec ce qu’on a fait… Et il reste des questions sur l’attitude de la France par rapport à la Tunisie, comme l’ont rappelé hier les députés socialistes Gaëtan Gorce et Bruno Le Roux : ils ont demandé à François Fillon des éclaircissements sur l’avion affrété de France vers la Tunisie avec à son bord du matériel de maintien de l’ordre.

Il y avait une tolérance de la France envers Ben Ali, pour ne pas dire un soutien, il ne faut pas désormais rester sans voix.

Diriez-vous que Moubarak doit partir ?

Ce n’est pas à nous de le dire, mais aux Egyptiens. Nous pouvons dire : « Il faut plus de démocratie, il faut respecter son peuple… » A l’évidence, il y a une désespérance dans certains pays, pour reprendre un terme utilisé récemment, après coup, par Nicolas Sarkozy.

La montée de l’islamisme a souvent été citée comme mauvais prétexte à un soutien du régime de Ben Ali : est-ce différent en Egypte ?

Là encore, on ne voit pas en Egypte, pas plus qu’en Tunisie, de présence massive des mouvements islamistes radicaux dans les manifestations. On pourrait dire que Twitter a pris la place des prêches.

Le potentiel révolutionnaire des manifestations en Egypte n’est-il pas amplifié par les médias et les politiques, en compensation de leur myopie sur la Tunisie ?

Tout à fait. Il ne faut pas passer d’une posture à l’autre. Il y a une résonance qui s’exprime par rapport à la Tunisie, mais de là à voir un embrasement de toute la région, il y a un pas que je ne franchirai pas. Pourtant, la revendication politique pour plus de démocratie est là. Elle s’était d’ailleurs exprimée en Iran, avant d’être réprimée.

Si vous étiez au pouvoir, que feriez-vous : de simples communiqués appelant à plus de démocratie ?

En tant qu’Etat français, nos liens avec Moubarak sont assez forts pour pouvoir parler. Pour plaider en faveur d’élections libres, pour dire que la répression n’est pas la solution. Ce n’est pas du ressort d’un Etat d’appeler à la démission du chef d’un autre Etat, mais on peut indiquer le bon chemin à suivre.

Propos recueillis par Alexandre Piquard

catégorie Expressions, Interviews

Les commentaires1 Commentaire

  1. topaz dit :

    Après ses déclarations de ce soir chez Guillaume Durand, Ségolène Royal devrait être sanctionnée par son parti et interdite de plateau « les socialistes n’ont pas de programme, on est dans la lenteur, la « Direction du parti » devrait le définir d’ici le printemps » … C’est quoi ce délire ? La machine à perdre, elle l’incarne à elle seule dans ses divagations. Continuons, car il y a un moment où trop c’est trop : Ségolène a le toupet de répondre que oui, il faut se rassembler derrière un leader, que tant que la gauche n’apprendra pas cette dynamique présidentielle, il y aura tentative de dispersion et que ça ne marchera pas. Rêve-t-on devant notre télévision ? Et Jean-Marie Rouart d’en rajouter une couche avec Jeanne d’Arc et la conception de sa mission et la cerise sur le gâteau « c’est scolaire de parler de compétences pour être président de la république » ….