JC Cambadélis répond aux questions du Parisien

par · 14 février 2011

Jean-Christophe Cambadélis répond aux questions d’Eric Hacquemand dans l’édition nationale du Parisien. Vous pouvez retrouver l’interview ci-dessous

La phrase d’Anne Sinclair laissant entendre que DSK ne ferait pas un deuxième mandat au FMI signifie-t-elle qu’il sera candidat aux primaires ?

Incontestablement, cette phrase élargit le champ du possible. Mais elle ne règle pas définitivement la question de la candidature de Dominique Strauss-Kahn. Si la France médiatique s’impatiente, le monde ne tourne pas autour de la présidentielle.

Certains socialistes s’étonnent de voir Anne Sinclair s’exprimer pour son mari…

Il faut avoir une bonne dose de machisme pour penser qu’une femme libre comme elle parle sur commande. C’est une réflexion sûrement menée ensemble. Mais je crois Anne Sinclair suffisamment indépendant pour dire ce qu’elle pense.

Quel rôle joue-t-elle ?

C’est un couple moderne qui parle et qui échange, même si chacun a sa totale autonomie. Elle lui apporte son expérience de la politique française et des médias. Je suppose que ses conseils sont écoutés.

Aura-t-elle un rôle dans la prise de décision ?

Vraisemblablement, parce qu’on ne s’engage pas dans une présidentielle en solitaire. Mais Dominique est un homme très indépendant. Et, au final, il prendra seul sa décision. Dans un campagne présidentielle, Anne Sinclair peut être un atout. Mais ce n’est pas le tout. La présidentielle, c’est d’abord un candidat appuyé sur un parti en ordre de marche.

Un affrontement entre DSK et Martine Aubry est-il possible ?

En 2002, la gauche de la gauche a fait battre Lionel Jospin. En 2007, le centre gauche a fait perdre Ségolène Royal. On continue ? Il faut faire bloc. S’il y a le moindre petit caillou dans la chaussure de l’unité, c’est la défaite assurée. La première secrétaire a remis le PS en selle. Quelle que soit sa place dans la présidentielle, elle sera l’atout majeur d’une victoire possible. Mais on ne peut pas demander des signes à DSK et s’en offusquer lorsqu’ils viennent. Ce qui n’est pas le cas d’Aubry.

Pour l’UMP Christian Jacob, DSK « n’est pas l’image de la France » et pour Pierre Lellouche, c’est la gauche « ultracaviar »…

Il faut vraiment que le bilan de Nicolas Sarkozy soit à ce point calamiteux pour qu’ils s’en prennent aux personnes. La phrase de M. Jacob est indigne. Elle rappelle des formules sur l’étranger à la France de sinistre mémoire. Je lui demande de s’excuser.

Propos recueillis par E.H.