Interview sur nouvelobs.com

par · 21 février 2011

Le nouvelobs.com publie une interview de Jean-Christophe Cambadélis que nous vous proposons de retrouver ici et ci-dessous:

Après ce week-end riche en interventions médiatiques de Dominique Strauss-Kahn, peut-on encore douter de sa candidature aux primaires socialistes?

– Au cours de ce week-end, on a vu un homme d’Etat mais on n’a pas encore vu un candidat. L’heure de l’annonce de son éventuelle candidature n’est pas encore venue. Je pense que sa candidature chemine dans l’opinion, ce qui doit le faire réfléchir. Cela dit, je suis persuadé qu’il n’a pas tranché.

Qu’est-ce qui dans l’avenir pourrait faire évoluer son choix?

– Je crois qu’énormément de critères rentrent en ligne de compte. D’abord réussir au FMI, puis la perception qu’a Dominique Strauss-Kahn de lui-même: où serait-il le plus utile pour la France ? Le deuxième critère est lié au premier. Il renvoie à sa perception de ce qu’il faudrait pour la France. Troisième critère non négligeable : la capacité de la gauche à se rassembler. Mais je ne suis pas son porte-parole.

Si la candidature de DSK est plébiscitée dans les sondages, certaines voix à gauche (Jean-Luc Mélenchon ou Henri Emmanuelli) s’élèvent pour lui conseiller de rester au FMI ou de prendre la direction de la BCE. DSK est-il à même de rassembler l’ensemble de la gauche?

– Au moins, ils ne contestent pas sa capacité d’homme d’Etat. C’est au moins un bon point. J’en resterai là.

Quelle est la valeur ajoutée de DSK, par rapport à Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal ?

– Dominique Strauss-Kahn et François Hollande sont globalement sur la même orientation sociale démocrate. La stature internationale en plus pour Dominique Strauss-Kahn.

Vis-à-vis de Martine Aubry, les différences sont plus marquées. Martine Aubry est certainement plus à gauche que Dominique Strauss-Kahn. L’angle d’attaque n’est pas tout à fait le même. Reste que les deux candidatures sont possibles. Elles allient toutes les deux la compétence, l’ancrage et la capacité à diriger, mais elles sont complémentaires.

Si Ségolène Royal semble peiner actuellement dans les sondages, elle continue à avoir un très bon rapport à l’opinion. Elle a une forte capacité à surprendre, à avoir des intuitions politiques. Cette force est peut-être une faiblesse par rapport à Dominique Strauss-Kahn qui apparaît comme plus rassurant.

Le pacte de Marrakech tient-il toujours?

– Je ne parlerai pas de pacte de Marrakech mais de pacte des reconstructeurs. Je n’imagine pas une seule seconde Dominique Strauss-Kahn allant contre Martine Aubry ou Marine Aubry allant contre Dominique Strauss-Kahn. Si le pacte c’est cela, il sera respecté scrupuleusement.

Les commentaires2 Commentaires

  1. topaz dit :

    7 millions d’audience hier sur France 2 : une motivation massive et significative. Et si justement l’accomplissement de sa mission au FMI et son silence obligé engendraient chez les Français le respect et pas l’impatience ? Une plus forte envie de lui et pas la lassitude. Dans ce cas sa cote va encore grimper dans les mois à venir.

  2. topaz dit :

    DSK ne se déterminera pas en fonction des sondages. Je crois que sa décision, il l’a prise. Ce qui est plus délicat pour lui à gérer, c’est le calendrier date de fin de mandat au FMI et date de la présidentielle, ce calendrier qui lui est imposé et qui interfère dans sa conception du devoir. Il est plus libre que jamais dans sa fonction mais n’est plus tout-à-fait libre dans ses choix personnels.