Centrafrique: des principes démocratiques à géométrie variable ?

par · 22 février 2011

Communiqué de Jean-Christophe Cambadélis, Secrétaire national à l’Europe et aux relations internationales

Le Parti socialiste (PS) est préoccupé par la situation politique centrafricaine, après la proclamation le 12 février des résultats de l’élection présidentielle et du premier tour des élections législatives du 23 janvier 2011.

Les principales forces d’opposition centrafricaines, regroupées au sein du Collectif des forces du changement (CFC), n’ont eu d’autre choix que d’appeler au boycott du second tour des élections législatives, prévu le 20 mars 2011.

Le PS s’étonne du soutien manifeste des Autorités françaises à ces résultats, le Quai d’Orsay « prenant note » de la réélection du président sortant dès le 1er tour, en dépit des nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs indépendants – notamment européens – et dénoncées par les principales forces d’opposition : bureaux de votes fictifs, listes électorales truquées, électeurs porteurs de plusieurs cartes.

Les principes démocratiques ne sont pas à géométrie variable. Il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures, en Afrique comme ailleurs. Partout, la France doit défendre le droit, la démocratie et la justice. Le népotisme du régime Bozizé est particulièrement caricatural. Outre lui-même, le président en place a fait élire plusieurs députés dès le premier tour : son épouse, deux de ses fils, sa sœur, son neveu, son cousin ainsi que de nombreux autres proches.

Le Parti socialiste entend construire une relation nouvelle, fraternelle et égale avec les États et les peuples d’Afrique. Il apporte son soutien résolu aux forces politiques centrafricaines exigeant un examen impartial des irrégularités commises le 23 janvier, et spécialement au courageux Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) de Martin Ziguélé.